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édits, a frappé sur le luxe à coups redoublés, favorisé l'agriculture, corrigé les vices du système judiciaire, prescrit la résidence aux évéques, constitué la bibliothèque du roi en dépôt public, etc., etc. Tout émerveillé de se découvrir un ancêtre spirituel auquel il n'avait jamais songé, il se raffermit dans la passion de l'emploi que lui aussi s'est assigné et dont il n'est pas trop déraisonnable, après tout, d'attendre des résultats fructueux. « Qui n'a pas rêvé involontairement à ces grands objets? Qui n'a pas dit quelquefois : Si j'étais roi*? » Zèle tout idéal, sans doute, mais non point tout-à-fait illusoire, puisque l'ardeur du bien se voit parfois exaucée et que Mercier en obtient, de son vivant et sous ses yeuK, des gages si consolants. L'espérance, à elle seule, est déjà une foi. Celle de Mercier le transporte ici d'une sainte ivresse. « Tout est lié par des chaînons imperceptibles, s'écrie-t-il, et tout prend aujourd'hui des formes nouvelles. Voici un pont de fer d'une seule arche de quatre cents pieds d'ouverture que l'on va jeter en face de la place Louis XV. Cette arche immense ne vous dit-elle pas qu'on ne fera plus rien d'étroit dans aucun genre? Les ministres feront comme les ingénieursarchitectes, et l'arche de quatre cents pieds d'ouverture prélude visiblement à ma chère année 2440*. » L'arche ne se fit pas à la vérité; on construisit à la place un pont comme beaucoup d'autres. De l'enthousiasme de Mercier à la réalité bien davantage encore il y eut lieu de rabattre, mais l'élan ne fléchit pas dans ce vaillant cœur qui croyait par dessus tout à la vertu du généreux vouloir.
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Comment, d'ailleurs, ne se persuaderait-il pas que l'instigation, telle qu'il la conçoit, est utile, quand il se garde
1. vil, 102. Raoul Spifame est Fobjet d'uue des curieuses études de Gérard de Nerval réunies sous le titre de : Les Illumines, Paris, Michel Lévy, 1868. Disons que la découverte du nom de cet oublié ne revient pas tout entière à l'érudition de Mercier. Un recueil d'écrits de Spifame venait peu auparavant d'être publié par un M. Auffray. V. Journal des Dames, déc. 1775, p. 249.