III
nuit * le choquent comme des spectacles dénués de dignité, comme des inconvenances. Sous les voûtes de Notre-Dame, où nous savons qu'il se complaît, il s'abandonne à de tout autres émotions qu'une piété d'archéologue et, quand on déshonore l'orgue, le plus noble des instruments, en y jouan!, K Jurant l'élévation de l'hostie et du calice, des ariettes et des sarabandes' », c'est par des textes sacrés, des décrets de conciles qu'il rappelle les profanateurs au devoir.
Je n'irai point toutefois jusqu'à dire que chez lui l'observation satirique ne passe jamais le seuil de l'église. Et, par exemple, dans le voisinage du confessionnal, elle s'exerce sur « le troupeau demi-contrit des pénitents ayant livre ou chapelet en main. Il est composé ordinairement de quelques bourgeoises hypocrites ou sincères, de plusieurs vieillards qui songent à leur fin et de beaucoup de servantes qui passeraient pour voleuses aux yeux de leurs maîtresses, si elles ne se confessaient pas. On y mène de force les écoliers, et quand le confesseur en a entendu un, il sait la confession de toute la bande. » Sur les mines, Mercier se divertit à augurer des consciences^ à conjecturer le genre d'aveux devenu le plus familier à l'oreille du prêtre. Il avise un jeune homme bien embarrassé : pour se marier, force lui est bien de faire acte de soumission. On le traite honnêtement, on ne lui rend pas l'épreuve trop rude. Les confesseurs ont des clientèles fort diverses. « Il y en a qui se dévouent au soin d'écurer les consciences des crocheteurs, des fiacres et des savoyards. De gros péchés bien lourds tombent criiment dans leurs oreilles non épouvantées, tandis qu'à deux pas de là des péchés délicatement voilés qu'on fait entrevoir plutôt qu'on ne les avoue frisent légèrement le nerf auditif sans le blesser. » Ce dernier cas est plus rare : les femmes de qualité ne vont guère à leur paroisse, et l'on « y a perdu la carte de leurs péchés ingénieux et mignons »^
Pareillement, s'il le rencontre sur sa route, Mercier prendra fort bien licence d'esquisser en passant le tableau que voici : « Un dais usé, sale, mais portatif, que les deux premiers galopins soulèvent, une lanterne ou un flambeau de poix-résine, un porte- sonnette, un bedeau en gamaches et