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4. m, 70, 88; iv, 152. « Le petit peuple croit tout, le bourgeois
portunilé ne tourmente les derniers instants des moribonds, sauf peut-être quand il s'agit d'âmes illustres à sauver, et ce respect de la conscience vaut qu'on le loue. Pourtant Mercier n'est point trop à l'aise pour en approuver les suites. Regardez-y plutôt. On attend que le malade agonise : « alors^ on envoie en hftte à la paroisse, le prêtre essoufflé accourt avec les saintes huiles. Il n'y a plus personne : la bonne intention est réputée pour le fait. On commande un convoi de cent pistoles et l'on a à l'enterrement un simulacre de confesseur en robe théologale qui n'a jamais vu le mort en vie ; on lui donne un louis d'or et un gros cierge pour cette complaisance *. » De la sorte, les convenances sont sauves et le sage a pris congé des vivants sans donner de scandale.
Tout de même. Mercier, si on le forçait dans ses derniers retranchements, ne trouverait pas si déraisonnable l'évêque qui souhaitait quelques bons sacrilèges plutôt que tant d'indifférence. Philosophe, à la bonne iheure, il l'est, tenez cependant pour certain qu'ayant à faire cette observation : « 11 y a plus de cent mille hommes qui regardent le culte en pitié- », il ne songe aucunement à s'en réjouir. Il ne se range point du côté de ceux qui abusent de la victoire ; bien plutôt tendrait-il à la trouver trop complète. Il a beau en vouloir au fanatisme, sa philosophie lui persuade malaisément que les croyants, les gens de foi soient bons à pourfendre : c'est à eux que va sa sollicitude ; n'auraient-il pas été trop meurtris par aventure? et le sentiment religieux serait-il si malade qu'on le dit?
C'est avec un soupir de soulagement véritable qu'il recueille les indices du contraire. « Malgré les attaques de l'incrédulité et des passions perverses, la religion de Jésus domine. Ils sont pleins et nombreux, les temples où l'on prie en son nom*. » Et, un beau jour qu'il assiste dans le faubourg Saint-Laurent à la procession du Grand Pardon, sa philosophie éclate en allégresse : « Qu'on dise que la religion n'est pas triomphante, tandis que deux cent mille
doute de tout, le bel esprit raisonne sur tout, les grands ne croient rien. » Tableau du siècle par un auteur inconnu, p. 9.