XII
lotte, avec un petit habit à la prussienne, des boutons d'or et chapeau sous le bras, étaler une frisure impertinente et des airs cfTéminés. Piliers de spectacles et de cafés, ou mauvais compilateurs de futiles brochures, ou faiseurs d'extraits satiriques, on se demande comment ils appartiennent à l'Église... Au grand scandale de la religion, tout cela se souffre, et pourquoi ? Je n'en sais rien. Prend l'habit ecclésiastique qui veut, même sans tonsure*. » Le même Père de l'Église n'aurait non plus trouvé rien à reprendre au chapitre qui concerne la chasse aux bénéfices ', ni à celui qui regarde les évêques non résidents, rassemblés à Paris pour y fuir les contraintes de leur état et consommer « des biens qui leur ont été confiés pour le soulagement de leurs ouailles » 3.
Mais bien décidément il fallait être philosophe pour s'aviser du correctif que voici : «On a remarqué que les évêques qui accomplissent inviolablementlaloide larésidence (ce qui forme le petit nombre) avaient une piété minutieuse,, inquiète, turbulente, toujours prête à dégénérerenfanatisme, qu'ils vexaient les habitants par un zèle aveugle et inconsidéré, tandis que les autres, non résidents, avaient des lumières, de la tolérance, aimaient la paix et ne persécutaient personne*. » De sorte qu'à tout prendre, l'abus a du bon et qui peut-être en compense le mal. Philosophe encore et à plus forte raison, il fallait l'être pour s'exprimer sur le clergé en ces termes, tout à la fois si modérés et si incisifs : « Le corps qui a le moins de préjugés, c'est le clergé, il fait très bien ce qu'il fait, il connaît le cours et l'ascendant des opinions régnantes^ il a reconnu sa véritable position, il fait quelquefois le fanatique dans ses mandements et il ne l'est pas. Il fixe les yeux en tremblant sur le précipice où la loi des destins l'entraîne, il en recule l'époque qu'il juge luimême inévitable, mais il l'éloigné en n'affectant ni crainte ni audace et, mettant à profit les passions de tout ce qui l'environne, il se défend de ces passions indiscrètes qui agitent les autres corps et les empêchent de marcher droit vers un but unique... Ce corps me paraît doué de la politi-