‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 400 sur 521 · TX · texte numérisé non relu

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que la plus fine et jusqu'ici la plus heureuse. Moins persécuteur que jamais..., satisfait tant que l'extérieur du culte ne recevra aucune brèche, il laissera passer les opinions contraires sans leur opposer une digue imprudente, car lisent bien qu'il leur donnerait un volume et une force plus considérables'. » Une telle franchise ne sent point la docilité d'esprit, et la bienveillance ici est au moins balancée par la pénétration.

Quand on donne à soi-même et aux autres de ces gages d'indépendance^ on est bien fort pour louer. Le même homme qui ne se refusait pas quelque petite malice sur le chétif appareil des secours spirituels portés aux mourants, n'est guère récusable pour manque de sens critique quand, dans un élan de tendre et intelligente sympathie, il trace, après le tableau qu'on a vu plus haut, celui-ci, qui est tout sj-métrique et si différent : « Je rencontre le viatique : deux pauvres gens du peuple le suivent, deux autres portent le baldaquin jadis rouge, le prêtre hâte sa marche, un bedeau et un porte-sonnette précèdent et sautent les ruisseaux. Je suis, on s'arrête à la porte d'une allée sale et ténébreuse, le prêtre enfile un escalier noir et tortueux, monte dans une espèce de grenier où sont toutes les horreurs de l'indigence. C'est une vieille femme, rebut de tout ce qui l'environne, qui est étendue sur une paillasse à demi-pourrie. Dans ce grand abandon, le prêtre soulevé sa tête expirante et lui dit : « Femme, tout le monde vous oublie, et moi, je viens vous trouver. Je vous apporte le Souverain de l'univers, votre Dieu. Il vient vous visiter. Une meilleure vie vous est destinée : soufî'rez pour Dieu qui vous éprouve et qui vous attend dans le sein de sa miséricorde. » Cette femme abandonnée ouvre les yeux, pleure dejoie, entend autour d'elle des paroles qui la consolent et qui la fortifient. La misère la détachait de la vie, la religion achève sans peine le sacrifice, elle est toute à l'espérance... Je fus touché, je pleurai d'attendrissement, je respectai ces fonctions augustes et charitables. L'imposant de la religion remplissait cet étroit grenier. Je descendis à la suite du prêtre par l'escalier tortueux où il continuait les prières, il tenait d'une main le Saint des Saints et de l'autre une vieille corde qui pouvait

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