‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 409 sur 521 · VI · texte numérisé non relu

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chatouilleuse? « En politique, déclaro encore Mercier, le bien sort du mal : rien ne doit être asservi à des règles trop exactement rigoureuses : les spéculations du moraliste sont perpétuellement dérangées par la pratique et Texpérience journalières*. » Avec un tel détachement à l'endroit des théories, on conçoit qu'il n'ait guère de préférence exclusive pour lin régime plutôt que pour un antre. Tous ont à compter avec les faits, et tous en contractent à l'user d'inévitables ressemblances. « Que l'on entasse les mots de despotisme, de monarchie, d'aristocratie, d'oligarchie, mots sans idées nettes ; tous les gouvernements sont mixtes et admettent dans leur sein des éléments opposés, ce que l'expérience confirme encore plus que le raisonnement'. »

Un premier effet de cette remarquable impartialité, c'est de l'écarter du penchant immémorial qui porte les Français à se ranger, de parti pris, du côté des gouvernés contre les gouvernants. Certes, si quelque chose, sous l'ancienne monarchie, soulevâtes imprécations des philosophes, ce fut le pouvoir discrétionnaire sur les personnes, le blanc-seing formidable laissé à la police, les lettres de cachet, et Mercier, à l'occasion, on l'a vu, s'est joint de tout son cœur à leur plainte. Mais prenons-y garde, il fait des distinctions et des réserves, il plaide la nécessité.

Pense-t-on que le lieutenant de police soit couché sur un lit de roses? « C'est un terrible et difficile emploi que de contenir tant d'hommes livrés à la disette, tandis qu'ils voient les autres nager dans l'abondance' » Il répond du repos et de la sécurité de la ville, il a la tâche de dérober au public les accidents graves, les suicides, les crimes,- les scandales qui répandraient l'horreur et l'inquiétude. Quant à ces fameux enlèvements de police qui révoltent, il est sans

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