‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 41 sur 521 · T. de P., IX · texte numérisé non relu

T. de P., IX

sa place dans les Songes philosophiques où un témoignage flatteur lui est décerné en bien mauvais jargon, « La probité lui forme un caractère ferme où la franchise éclate avec une simplicité noble*. »

Parmi les liommes célèbres que !\lercier vit de près, on doit une mention particulière à celui qui lui inspira la considération la plus marquée et dont, avant de connaître personnellement Rousseau, il rechercha le plus les conseils. C'est de Thomas que je veux parler. La postérité n'a pas été clémente à cet écrivain. Elle a fait pis que de l'oublier, elle en a gardé le souvenir confus d'un ennuyeux ]>hraseur. La grandiloquence de ses hJloges lui a nui à nos yeux, mais elle le plaçait très haut dans l'esprit des contemporains ; Garât égale son nom à celui de Bossuet ^ et Meisteir ne croit pas pouvoir le comparer mieux qu'à Démosthène ou qu'à Platon". L'homme était, d'ailleurs, l'honneur et la délicatesse môme. Il eut d'illustres amitiés et les mérita.

Compétiteur malheureux de Thomas aux prix de l'Académie, Mercier ne lui avait pas gardé rancune de ses échecs répétés et s'était pris d'un goût fort vif tant pour ses écrits que pour sa personne. A lui, en effet, plus qu'à personne, le ton et l'esprit des Éloges, avaient de quoi plaire : « Dans ses mfdes et nobles écrits le goût de Tordre et de la vertu s'imprime à chaque lignes. » Bien qu'il n'y eût entre eux que huit ans d'intervalle, la pratique d'un genre grave, l'habitude d'y triompher avaient valu à Thomas une autorité précoce, et dans plusieurs lettres demeurées inédites jusqu'à ce jour, on voit Mercier le traiter avec une déférence singulière, comme un disciple respectueux. Lui ayant ménagé une fort belle place parmi les riverains du ruisseau philosophique, c'est en ces termes qu'il lui en offrit l'hommasre :

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