‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 424 sur 521 · Juillet nSl, p · texte numérisé non relu

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2. « Et moi aussi (l'auriez-vous cru, lecteur?), j'ai trouvé place dans le Tableau deParis. Imaginez combien j'en suis fier! Il y est fait mention de mes articles d'une manière très flatteuse pour moi, et le suffrage d'un littérateur distingué de Paris peut enorgueillir un journaliste neuchàtelois. Ingrat ! et j'ai critiqué celui qui me loue ! C'est assez ma méthode d'être un censeur rigoureux de ceux que j'aime et de réserver mon indulgence pour ceux qui en ont le plus besoin. » J. helv., avril 1782, 38-39.

un coin de Suisse et presque privée de lecteurs ne saurait, néanmoins, pour nous renseigner sur l'accueil fait au Tableau, prévaloir sur le silence hargneux des journaux de Paris.

Si on feuillette, en effet, les principaux de ce temps, on est tout surpris de constater qu'aucun n'a fait au livre de Mercier la grâce même de cet extrait sommaire qui ne se refusait point aux plus humbles brochures. Bien mieux encore, si, par hasard, le Tableau s'y voit l'objet de quelque brève et méprisante allusion, c'est à propos de telle ou telle des imitations nombreuses qu'il a suscitées, comme nous le verrons, et desquelles, si minces et médiocres qu'elles fussent, on ne dédaignait pourtant pas de rendre compte. Par exemple, V Année littéraire, annonçant un livre intitulé tes Numéros (par Ch. de Peyssonnel), dira qu'il offre « la peinture des ridicules de la capitale grossis au microscope et présentés avec cette teinte misanthropique dont le triste et infatigable dramaturge a coloré son Tableau de Paris K » Ailleurs, et au cours d'un article sur les œuvres de l'abbé Coyer, on trouvera moyen de glisser « l'auteur d'une pitoyable rapsodie intitulée Tableau de Paris'. » Le même journal, qui ne descend pas à examiner cette rapsodie, veut bien, en termes aigres à la vérité, dire quelques mots de Paris en miniature^, ou du Tablau mouvant de Paris, de Nougaret-i. De même, le Journal de Paris passe sous silence l'œuvre de Mercier et, s'il l'honore par prétérition d'une critique fortuite, c'est dans une colonne consacrée à Paris en miniature"-'. En revanche, pour Diogéne à Paris, de Dufour, il sait trouver de la place*. Dans le Journal Encyclopédique, mention est faite des Numéros\ du Tableau mouvant de Paris", de Diogène à Paris^, mais nullement du Tableau. Et le Mercure, enfin, n'a pas, lui non plus, jugé à propos d'y jeter les yeux.

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