‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 426 sur 521 · Mém. secr., xvii, 249 ; xx · texte numérisé non relu

Mém. secr., xvii, 249 ; xx

3 Mém. secr., xxxiv, 92.

chez Mercier, « c'est un caractère libre que l'on trouve rarement dans le citoyen d'une grande monarchie... II lui échappe souvent de ces saillies qui ne peuvent partir que d'une âme honnête et d'un esprit bizarre et original. » Mais cela ne l'empêche pas d'être « un lourd dissertateur », de s'arrêter « à des minuties qui ne méritaient pas l'attention d'un homme qui aspire au grade de philosophe ou de sousphilosophe. » Au total, Métra se montre fort tenté de ranger le Tableau « dans la classe des productions insignihantes et inutiles'. »

En dépit de ces malveillants, nous savons que le Taè/eau obtint à Paris grand succès et grand débit. Meister, qui l'atteste, en a parlé, pour sa part, avec assez de sens. Il ne déguise point ce qui lui déplait, déclamation, abus de zèle et de philosophie, négligences de style, et le choix des matières n'est pas non plus toujours de son goût. Mais les raisons qu'il a, d'ailleurs, de louer et les termes dont il les justifie sont d'un esprit avisé. Si toutes les observations de l'auteur ne sont pas neuves, jamais, en revanche, « elles n'ont été exposées avec la même hardiesse ou la même naïveté. » Dans la langue du temps, ce dernier mot, qu'on ne l'oublie pas, voulait dire franchise et naturel. Le défaut de méthode et de liaison, en pareille matière, n'offense point la critique. « La confusion peut-elle ne pas être dans la peinture du chaos et de la confusion?» Enfin il rend hommage à la chaleur avec laquelle Mercier « plaide la cause de l'ingence, celle de l'humanité, livrée à tant de maux par la seule erreur de nos lois ou par l'injustice de la force, qui en dispose. » On doit désirer ft que ce livre soit lu par ceux qui sont à la tête du gouvernement, à qui appartient la réforme des abus que le philosophe ne peut que dénoncera» Et voici enfin la conclusion. Dans le Tableau, il est impossible de ne pas reconnaître « la touche sensible, originale, mais presque toujours sauvage et négligée de l'auteur, trop méconnu, trop mal apprécié, de VAn 2440 '. »

D'autres indices nous l'attestent surtout, IVpiruon publique accorda au grand ouvrage de Mercier bien plus d'impor-

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