Voir celle du 21 mai 1773. Ibid
76 SÉBASTIEN MERCIKR
ceptionde Brienne, archevêque de Toulouse. Il y eut quelque scandale, un des quarante, l'avocat-général Séguier, venait justement de sévir contre le Système de la Nature, de d'Holbach', et Thomas reçut défense d'imprimer l'imprudent discours. Mais ce modeste simulacre de persécution dut le hausser encore dans l'estime de l'enthousiaste Mercier.
Dans la fièvre de la production, nous voyons celui-ci enfin réclamer, provoquer, accueillir avidement les avis de ce conseiller d'élection. Tout adonné au premier en date des écrits qui firent sa renommée, il termine par ces lignes la lettre précitée du 22 juin 1768 : « Je travaille au long rêve de l'An deux mille quatre cent quarante. J'ai déjà mis à profit plusieurs de vos idées, et je ne manquerai pas de vous remettre l'ouvrage pour en recevoir d'autres qui m'enflamment d'un feu nouveau. Aimez toujours celui qui aime la philosophie ». D'autres fois, il parle théâtre, expose ses doctrines, soumet le plan de ses drames, fait son profit des objections qu'ils soulèvent". Nous aurons à y revenir. Ces lettres m'ont paru mériter d'être recueillies. On les trouvera in extenso à la fin de ce volume.
C'est également en ces années de jeunesse que Mercier et Letourneur commencèrent de contracter une étroite et fidèle amitié qui dura vingt-cinq ans et ne fut rompue que par la mort du dernier. Le nom de celui-ci revient souvent dans les lettres à Thomas. Cette longue liaison avec le traducteur d'Young et de Shakespeare fut loin de rester étrangère à la curiosité ardente dont notre auteur, comme nous ne tarderons pas à le voir, se prit de plus en plus pour la littérature anglaise.
En 1770 seulement, dans les derniers jours de juin, Jean- Jacques Rousseau revint se fixer à Paris. A quelle date Mercier le vit-il pour la première fois, c'est ce que l'on ne saurait établir exactement. Mais selon toute vraisemblance, il ne différa guère, et leurs relations devaient déjà durer depuis quelque temps à l'époque où parut, en 1773, le Nouvel Essai sur fart dramatique, composé, de l'aveu de
\. Corr. lift., ix, 125.