Ibid., 127-129. Linguet. Annales, ii
SA Vil-; SON ŒUVRE, SON TEMPS 677
précision et avec plus de grâce que les hommes; celles qui n'en avaient aucune notion ont badiné si agréablement sur leur ignorance qu'elles nous ont tous convaincus qu'une femme, sans être lettrée, peut être une femme charmante '. » Ce n'est pas à Paris que le dessert leur donnerait, « comme aux domestiques du logis », le signal de la retraite et qu'on les verrait fuir « avec la nappe », au moment qu'on débouche les flacons. Ce n'est pas non plus à Paris qu'un ministre s'aviserait de manger seul au cabaret ou d'y traiter ses invités à prix fixe*. Elles sont toujours là, présentes et nécessaires. Tant pis pour la leçon, il n'y a pas d'éloge de l'utile qui tienne contre de telles revanches de Fagréable.
L'autre point faible du parallèle est, ai-je dit, de montrer les Français dupes de préjugés partout oii les Anglais ont des opinions fondées en raison. Cela vaut la peine qu'on y regarde de près. En plus d'une occasion, nous pourrions bien trouver que, pour diverses qu'elles paraissent, les conceptions des uns valent au fond celles des autres. A l'orgueil nobiliaire *, à la morgue de caste et à tout ce qui s'ensuit dans notre pays, sont complaisamment opposés le contact réciproque et la connaissance approfondie des classes tels qu'ils se pratiquent en Angleterre. Mercier a des réflexions excellentes sur les précieux effets de la vie universitaire. Voici pourtant Rutlidge qui note comme une particularité digne de remarque l'accueil honorable et le crédit dont les gens de lettres en France jouissent dans toutes les sociétés. Toujours aimables et bien accueillis, « ils ne traitent, dit-il, aucun sujet avec un air de solennité, » ce qui signifie apparemment qu'en Angleterre ils ont coutume de sentir le collège. « Aussi, poursuit-il, les admeton dans les sociétés les plus joviales, et les personnes du plus haut rang, non seulement leur donnent place dans leurs festins, mais, dans les cartes d'invitation aux autres convives, elles ont soin de spécifier les noms de ceux qui