‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 457 sur 521 · Journal de Paris, 5 août · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 5 août

2. Corr, litt., xiii, 235. Mercure, 1 décembre 1782, p. 39. Journal de Paris, 23 nov. 1782.

3. Mém. secr., xxi, 204. J'ai dit, en temps et lieu, combien cette opinion me paraît contestable.

4. Journ. de Paris, 29 juin 1783. Chacun s'émerveilla notamment sur le rôle du notaire. Seuls, les Mém. secr., fâchés de voir tant de vertus

leurs, fut jouée excellemment. Dans le rôle du jeune libertin, Granger conquit tous les suffrages et, comme précédemment, il fut secondé en perfection par ses camarades Raymond (l'indigent), Courcelle (le notaire), M^^e Jullien (Charlotte). M'"'' Verteuil n'en était pas. La troupe nouvelle avait dès longtemps cause gagnée.

La Brouette du Vinaigrier était, parmi les ouvrages dramatiques de Mercier, le plus fréquemment représenté peutêtre, le plus familier à tout le monde, le plus assuré d'un bonheur constant et le plus fait, à ce qu'il semblait, pour réduire l'opposition au silence. Et, tout au contraire, elle trouva, lors de sa première représentation à la Comédie- Italienne, la critique bien autrement acerbe que pour les drames qui l'avaient précédée. Le Mercure reprit la vieille querelle sur la poétique de Mercier et lui demanda permission de préférer aux siens les préceptes d'Aristote, d'Horace et de Boileau dont on n'attendait point, en cette affaire, le retour offensif. Il lui reprocha de louer publiquement et de donner en exemple une mésalliance, chose fort répréhensible en principe*. Le Journal de Neuchâtel, où ce n'était plus Grimod qui tenait la plume, fît le dégoûté, comme jadis Fréron, à propos de ce titre burlesque et bas, la Brouette du

Vinaigrier, et se récria sur l'invraisemblance de l'aventure*. Cela, sans préjudice des reproches habituels de bizarrerie, des remarques sur la maladresse des ressorts, sur la confiance extraordinaire de ce vinaigrier qui ne met point un instant en doute le succès de sa démarche ^ Meister renchérit encore. Il ne se tient pas d'indignation en songeant qu'un théâtre régulier emprunte les dépouilles des forains. « Les Comédiens Italiens n'ont pas craint des'emparer de cette pièce, et leur parterre, presque aussi bien composé que celui des théâtres du boulevard, l'a reçu avec transport. Il l'a reçue, pour ainsi dire, comme un hommage que des comédiens pensionnaires

du roi rendent à la noble école où s'est formé son goût. Molière en rit là-bas et Racine en soupire*. »

à un homme de cette condition lui reprochèrent de se donner trop d'importance et de sortir de sa classe « pour trancher du premier magistrat ou du petit ministre », xxi, 204.

Page 1