Mercure, 13 mai 1786, p
du sort voulût lui dérober le spectacle de ses revanches. Les Mémoires secrets disent que la Comédie-Italienne, se passa de lui pour mettre la pièce à l'étude *. En tout cas, à l'heure où le parterre transporté le réclamait, il était retenu au lit par la fièvre^ « et Ton aurait pu lui appliquer cette exclamation d'un Père de l'Eglise, en parlant des grands hommes en enfer : Laudantur ubi non sunt, cruciantur ubi sunt*. »
Le même destin continua, d'ailleurs, de le tenir éloigné des scènes où on le jouait. La maladie lui avait fait tort des premiers applaudissements qui fêtèrent V Habitant de la Guadeloupe. Un voyage lui épargna le chagrin de voir tomber Natalie le 27 novembre 1787, Cette pièce, la dernière que lui emprunta la Comédie-Italienne', était née malheureuse. Admise aux Français, nous avons vu comment elle en avait été aussitôt bannie. Jouée depuis sur un grand nombre de théâtres de société et sur toutes les scènes de provinces, elle ne parut néanmoins devant le public parisien que pour essuyer le plus piteux échec, et l'analyse qui en a été donnée plus haut nous dispensera sans doute de nous en étonner. En vain l'auteur l'avait-il-réduite de quatre actes à trois. Tout ce qu'il avait mis de sentiment et qu'on ne méconnut point, au reste, n'empêcha pas cette fois d'y reprendre beaucoup d'invraisemblance et d'exagération. Les spectateurs murmurèrent du commencement jusqu'à la fin*.
IJ
Absent de Paris en cette affligeante occasion. Mercier l'était déjà, en outre, lorsque, peu de semaines auparavant, il lui arriva, — événement assez mémorable, en vérité — de forcer enfin les portes de la Comédie-Française avec la Maison de Molière (20 oct. 1787) ■\
1. Lecture du 8 janvier 1786. Arch. de la Coyn. It. (Bibl. de l'Opéra)