‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 460 sur 521 · Mém. secr., xxxii · texte numérisé non relu

Mém. secr., xxxii

3. Deux autres avaient été l'objet d'une lecture devant le comité, Zoé, le 30 nov. 1783, et le Juge, le 9 août 1787, mais elles ne furent pas représentées. Arch. de la Corn. It. (Biblioth. de l'Opéra).

4. Journal de Paris, 28 nov. 1787. Mercure, 15 déc. 1787. Corr. lilt., XV, 177. Mém. secr., xxxvr, 238.

5. On la joua ensuite à Versailles le 14 novembre. Porel et Monval, LOdéon, Paris, Lemerre; 1876, i, 35.

Quel était donc ce prodige? On se le demanda dans le temps même, et les Mémoires secrets hasardèrent la conjecture que voici : « On présume que cet auteur, étant brouillé avec ceux-ci (les Comédiens Français) qui avaient fait serment de n'avoir désormais rien de commun avec lui, aura fait présenter par quelqu'un son ouvrage, qui, quoique imprimé depuis onze ans, ne leur aura pas été assez présent pour qu'ils se soient doutés du tour *. » Cet intermédiaire obligeant aurait-il été, par Iiasard, le fidèle Grimod?S'il en fallait croire son témoignage, nous n'en douterions pas. Quelques années plus tard, il écrivait, en effet, qu'il avait été le parrain de la Maison de Molière et qu'on l'avait donnée sous son nom à la Comédie-Française en 1787 *. Son office, en ce cas, se fût borné àprêter son nom, car, en 1787, le pauvre Grimod était bien en peine d'intervenir de sa personne où que ce fût. Comme nous le verrons, il expiait précisément alors et depuis plus d'un an, entre les quatre murs de l'abbaye de Domèvre, les écarts multipliés de sa jeunesse fantasque. Mais avait-il même prêté son nom? Il faut qu'il se soit fait illusion lui-même, à cet égard, ou que ses souvenirs le servent mal, attendu que les témoignages contemporains ne font aucune mention de lui en rendant compte de la représentation. Ils ne nomment, d'ailleurs, non plus personne d'autre. La pièce est annoncée simplement comme une imitation de Goldoni ^ Dautre part, les Archives de la Comédie-Française possèdent la lettre d'envoi qui en saisit le théâtre et qui est ainsi conçue :

Monsieur,

Connaissant votre zèle et votre activité, je mets entre vos mains une comédie que j'ai composée dans mes moments de loisir ; elle a pour titre la Maison de Molière et elle est imitée de Goldoni. Ce sujet est fait pour intéresser spécialement le Théâtre-Français, en ce qu'il rappelle le nom de son fondateur et celui du plus grand poète dramatique dont il se glorifie.

Comme j'habite la campagne 4, je vous constitue, mon-

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