Mercier demeurait alors au Grand Mootrouge
"ÏOe SÉBASTIEN MERCIER
sieur, maître absolu de ma pièce, tant pour la distribution des rôles que pour les corrections et changements qu'elle pourrait exiger, vous donnant carte blanche à ce sujet. Je pense même que cette pièce peut devenir plutôt l'ouvrage des comédiens que le mien propre, en ce qu'il tient à des actions théâtrales dont je n'ai qu'une légère idée. Les détails de la vie de Molière étant connus des acteurs, ils peuvent ajouter à mes scènes des mots heureux que je n'ai pas aperçus. Je n'aurai voulu, de mon côté, qu'oflrir un hommage public à la mémoire de Molière, parce que la lecture de ses comédies égaie les jours que je passe dans la retraite.
J'ai l'honneur d'être, etc., etc.,
Signé : l'auteur de la Maison de Molière, comédie en cinq actes.
20 janvier 1787 '.
A qui Mercier, sans se désigner lui-même, commet-il sur son ouvrage des pouvoirs aussi étendus? A un comédien peut-être, ou à Laporte, le secrétaire de la Comédie? Le genre de compétence auquel il fait appel semble indiquer quelqu'un de la maison. On use, d'ailleurs, des libertés qu'il accorde, on pratique des coupures, on supprime tout le passage de la jeune fille venant consulter Molière et détournée par lui d'entrer au théâtre, on resserre la pièce de cinq actes en quatre, c'est en quatre actes qu'elle figure comme reçue sur le registre de la Comédie le 3 octobre 1787 et c'est en quatre actes qu'elle est jouée. Mais, délégation et remaniements, c'est la troupe, selon toute apparence, ou quelqu'un de ses membres* qui en a pris la charge, car personne ne se lève pour réclamer la qualité de collaborateur, personne même ne se la voit attribuer par le bruit public, ni au moment où la pièce paraît sur la scène, ni au moment où il en est imprimé, avec la signature du seul Mercier, et dès 1788, une édition conforme à la représentation. Dans le silence des contemporains sur ce point, il devient aussi difficile d'accorder à Grimod de la Reynière le bénéfice d'une entremise que celui d'une coopération à