Arch. de La Com. Fr
2. Mém. de Fleury, i, 435, 436. Je n'ignore pas avec quelle réserve il convient de recourir à cette compilation. Mais apocryphe, après tout, n'est pas nécessairement ni toujours synonyme de mensonger. Nombre d'anecdotes qu'on y rencontre sont confirmées par d'autres témoignages. C'est sous le bénéfice de cette observation que je me suis permis quelques emprunts.
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parlé dans le premier chapitre, et c'est précisément en 1788 qu'elle commença de paraître. A cette date, nous le verrons plus loin et on n'a aucune peine à l'imaginer, la politique s'emparait de toutes ses pensées. « Qu'importe, conclut mélancoliquement Fleury, de stimuler un parterre à celui qui va régénérer une nation * »? C'est ainsi que la Maison de Molière, qui avait consommé la réconciliation du dramaturge et de la Comédie-Française, en demeura l'unique témoignage.
La paix faite, Mercier néanmoins ne se départit pas de toute froideur. On le voyait peu au foyer. « Je n'aime point, disait-il en riant, à me trouver aux prises avec la clémence de Messieurs de la Comédie. « Et Fleury, qui rapporte ce propos, ajoute qu'il se dérobait moins à l'indulgence des comédiennes. « Cet auteur était bel homme, bien disant, et j'ai eu de bonnes raisons pour lui soupçonner de grandes occupations en dehors de la littérature ^ » 11 faut qu'à ses autres qualités il ait joint une bien stricte discrétion, car on a beau fouiller ses papiers, rien ne s'y rencontre qui tire au clair cette galante réticence.
Les « grandes occupations » qu'on insinue là, il n'y aurait certes pas d'invraisemblance à le soupçonner de s'en être acquitté auprès d'une de ses plus originales contemporaines, la fameuse Olympe de Gouges. Ardente, et dans tous les sens du mot, la dame, à bon droit, passait pour l'être. Mais il faut, sur ce point, nous en tenir aux plus vagues conjectures. En revanche, on a de meilleures raisons de penser que, la trouvant engagée avec la Comédie dans une querelle toute semblable à celle qui l'avait tant échauffé naguère, Mercier ne refusa point sa plume à l'expression de rancunes où le demeurant des siennes trouvait encore de quoi se soulager.
Les débuts de cette femme avaient été ceux de la plus banale aventurière. Née à Montauban dans la maison d'un honnête boucher, mais en réalité fille adultérine de Lefranc de Pompignan, mariée à un modeste cuisinier de sa ville natale, Marie Gouze, femme Aubry, avait senti de bonne heure la démangeaison de destinées moins obscures. Elle s'évada, vint à Paris et, sous le nom plus reluisant d'Olympe