‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 469 sur 521 · Journal de Paris, 21 mai · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 21 mai

qu'on me cite fidèlement, qu'on n'isole pas une ligne ni une phrase, qu'on lise du moins la page entière, et l'on verra que j'ai écrit des choses raisonnées et, j'ose dire, raisonnables. Mon nom n'ayant été rappelé dans votre feuille que pour m'imposer un petit ridicule et cette attaque étant gratuite et déplacée, permettez que je m'en plaigne, et puis tout sera oublié entre nous*. »

Sur quoi, « l'honnête écrivain », faisant à Mercier acte d'adhésion publique, fièrement se démasqua, et l'on eut la surprise d'apprendre que l'ardent néophyte n'était autre que le chevalier de Cubières. le même qui avait jadis rimé contre les dieux qu'il adorait maintenant la comédie satirique du Dramaturge '. Un second volume vint deux ans plus tard apporter son renfort au premier, cinq comédies et un mélodrame, dont l'intention avouée était d'offrir à la nation française « des exemples extraordinaires de grandeur d'âme, de délicatesse et de courage'. »

La recrue, à la vérité, n'était point d'élite et les ouvrages produits servaient mal la cause. Celle-ci faisait du chemin toutefois. Si Mercier n'eut point trop à s'enorgueillir d'avoir endoctriné Cubières, du moins ne fut-ce pas apparemment sans un éveil de fierté bien légitime qu'il vit paraître la première traduction française de la Dramaturgie de Hambourg\ Ce qu'il entendait, avec un redoublement de sonorité, retentir aux oreilles des Parisiens, n'était-ce pas l'écho de ses propres opinions et de ses plus hardies irrévé-

1. Lettre du 25 mai 1784 publié dans le a" du ./. de P., du 10 juin.

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