‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 485 sur 521 · Nuits de Paris, xiv · texte numérisé non relu

Nuits de Paris, xiv

y voir un curieux exemple de Topinion qu'il avait inspirée de lui à ses contemporains : « Mon sentiment est que, si Ton aimait véritablement les bonnes mœurs, on en prescrirait la lecture dans toutes les conditions... Mon ami, peu d'écrivains sont aussi utiles que vous^ »

Un auteur ainsi traité ne demeure guère insensible. Le nom de la comtesse revient souvent dans la correspondance avec Domèvre, et Grimod, qui la connaît et l'aime, lui aussi, n'est pas moins prodigue de ses louanges. « Je révère M^^la comtesse de Beauharnais, écrit-il^ et son suffrage m'est cher. Le plaisir de me savoir en tiers dans vos entretiens est presque le seul auquel mon cœur soit encore sensible... Je cesserai de maudire un monde où l'on trouve encore des êtres aussi bous, aussi indulgents, aussi remplis de grâces, d'esprit et d'aménité... Rien ne fait mieux votre éloge que les sentiments que vous avez su inspirer à une dame d'un aussi grand mérite... Vous pensez juste en regardant ses lettres comme un véritable trésor \ » Elle a tant de qualités qu'il lui pardonne d'être comtesse, mais ce qu'il ne parvient pas à lui passer, c'est de garder des liaisons avec le monde de la cour : « Les gens de lettres n'ont qu'à perdre avec eux, et mon opinion est qu'ils doivent les fuir autant qu'ils les méprisent. Vous me ferez un véritable plaisir de ne point parler de moi devant tous ces gens-là'. »

Sur cet article, Restif est moins intraitable que lui. Les hôtes de Fanny l'ont si bien conquis par leurs bons procédés qu'il se montre clément même à ceux qui ne tiennent point une plume. « On y voit des grands sans morgue, des étrangers qui font chérir etestimer leurpatrie. Les entretiens de ceux-ci ne peuvent être que très profitables. Ils apprennent à connaître une nation très éloignée ou voisine. On les écoute, on compare et l'on connaît les hommes*. » Parmi ces hommes de haute condition qui ajoutaient ainsi à l'instruction du romancier, il y avait des Polonais illustres, un Stanislas Potocki, un jeune prince Czartoriski, qui avaient fort connu le monde et en rapportaient dans ce salon des histoires qu'ils contaient avec leur brillant esprit

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