Ibid., \, 261; ii
SA vu;, SON omuvhe, son temps 761
vers les hommes et les inslilutions de jadis qui ont, semblet-il, coiilrariô le plus son idéal. Comme contre-partie des complaisants travestissements à la moderne où il assujettit les âges lointains, on attendrait de furieuses invectives contre les agents et les œuvres de servitude. Rien de semblable : en fait de concession au ton du jour, c'est à peine si nous trouvons chez lui quelque banalité sentencieuse : u Apprenons à détester plus que jamais le fanatisme, etc.* », ou quelque niaiserie : « 11 n'existe pas chez les princes de vertu entièrement pure 2. » Et ce sera encore bien sans doute le fait d'un jugement aveuglé que d'appeler le xiiie siècle une époque de barbarie^ Mais la part de la prévention défavorable est bien faible, si l'on considère combien son esprit de modération et de sympathie historique lui a fait négliger de faciles matières à imprécation.
Ce n'est pas assez de dire, comme on l'a vu déjà, qu'un goût et une pratique familière de curiosité rétrospective l'ont apprivoisé avec le Moyen Age et que ce nom ne risque point de lui donner des convulsions. Là-dessus il a plus que des faiblesses de rêveur et des complaisances de poète. A propos des souvenirs les plus redoutés, des institutions les plus décriées, on le trouve encore en humeur de comprendre et d'expliquer. Bien loin de traîner la féodalité aux gémonies, il en trace un portrait tlalteur, ill'accommode à son instinct d'idylle poétique. La suite des temps l'a corrompue, mais ce n'était point dans le principe une si mauvaise chose. « Heureux les cultivateurs qui entouraient le château d'un homme sensible ! 11 faut qu'il y en ait eu beaucoup plus qu'on n'imagine aujourd'hui* », ce qui ne laissera pas de paraître piquant si l'on songe qu'il s'agit ici du ix"-' siècle. En vingt endroits, il y revient et insiste, avec des arguments plus heureux. 11 ne défend pas le gouvernement féodal pour le seul besoin de sa thèse, comme un rempart et un obstacle contre l'avènement de la monarchie absolue. Il entre dans le détail et motive ses éloges. Il a des paroles excellentes sur la chevalerie et les mœurs qu'elle a entretenues", sur les bienfaits éminents que le pays en a reçus