‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 494 sur 521 · Portraits, m · texte numérisé non relu

Portraits, m

l'on ose s'exprimer ainsi, quelque chose comme nn compte de liquidation de la vieille société française, comme un bilan méthodique dressé par actif et passif, comme un départ raisonné entre le solide et le caduc, bref et par voie de conséquence, des données sur le mode de reconstitution qu'il propose. A défaut de ses écrits historiques, les ouvrages politiques de Mercier nous en diront-ils plus long?

On serait tout d'abord tenté de le croire. Nous tenons de lui-même que quand il écrivait les Portraits des Hols de France une foule d'idées lui vinrent sur les matières politiques*. Il en fit l'objet de ses Notwns clah^es sur les Gouvernements qui virent le jour en 1787. Sans aller plus loin, quelques lignes de la préface accusent les préoccupations que nous savons familières à Mercier : « Me sera-t-il permis de dire que j'ai éprouvé dans la composition de cet ouvrage un charme presque continu et qui me faisait sentir combien il est doux d'écrire pour faire disparaître les oppressions de dessus la terre, pour lier les bras aux oppresseurs de toute espèce, pour leur démontrer que le pouvoir de nuire est exécrable ; enfin, pour leur en ôter même la volonté, en leur exposant les avantages qui accompagneront les attributs de la dignité humaine, quand elle brillera politiquement sur la scène du monde? Car ce n'est qu'en diminuant sans cesse les maux de l'humanité dans le cercle qu'il habite que tout homme pourra se dire heureux*. »

Voilà qui est, à coup sûr, bien intentionné plutôt que lumineux. On voit encore, dans le même morceau et dans l'avant-propos qui lui fait suite, que la science des droits de l'homme avance tous les jours, qu'elle est la plus haute et la plus belle de toutes, que la morale et la politique l'emportent fort en dignité sur l'histoire, qu'un corps de lois parfaites serait le chef-d'œuvre du genre humain et que, ce chef-d'œuvre, il y aurait un moyen de l'accomplir si tant de grands esprits n'avaient perdu leur temps aux beaux-arts.

1. Préface des Notioiis claires sur les (jouvernemcnls, t. 1, p. 1.

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