‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 497 sur 521 · Ibid , i · texte numérisé non relu

Ibid , i

gremenl, Mercier se sent tout soulevé d'une noble émotion à la pensée des premiers efforts, des premiers labeurs par lesquels l'enfance de l'humanité a préludé à ses conquêtes. C'est d'un cœur reconnaissant qu'il glorifie les sciences et les arts libérateurs *. La culture du sol, le travail ont valu à l'homme de connaître la sécurité et la douceur des mœurs', et telle est sa juste intuition de la vocation humaine qu'il en admet et comprend les conditions et les suites nécessaires, les inconvénients sur lesquels il est trop facile aux rhéteurs de se donner carrière.

L'inégalité est naturelle ; « elle est née avec la liberté, puisqu'elle est l'inévitable résultat du bien et du mal, du vice et de la vertu, de la paresse et du travail, et il serait impossible que jamais une grande société existât sans cette précieuse inégalité...; elle est une chose si essentielle au bonheur de la société que si elle n'existait pas, il faudrait la créer politiquement\ » C'est affaire à Helvétius' de soutenir que les hommes naissent égaux en génie. Tous les faits protestent. La société ne vit que d'émulation, c'est-àdire d'inégalité. Pour les abus et les maux qui en résultent, comme il est trop évident, c'est encore la civilisation qui en fournit le remède. Qu'on laisse les choses à elles-mêmes. Mercier, en son âme et conscience, croit qu'il n'en sortira finalement que du bien. « Qu'on augmente le mouvement de circulation, qu'on laisse au commerce le soin de ramener l'ordre le plus naturel, il le fera >; par l'abolition des contraintes, « chacun ayant son industrie en toute propriété se dégagera bientôt du poids trop lourd des classes supérieures, il obtiendra les jouissances que comporte son rang, il sera libre parmi l'inégalité des conditions, il n'aura rien à envier aux autres °. »

Même raisonnement pour le luxe. « Où est la ligne de démarcation qui sépare le mauvais du bon? » Sans doute, si la civilisation est chère à Mercier, c'est dans la mesure où elle perfectionne l'homme, non dans celle où elle assouvit les besoins factices qu'elle a créés. Mais c'est là un mal à

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