Le Parnasse Saint-Jacques
2. Jourdain, Histoire de V Université de Paris. Paris, Firmin-Didot et Hachette, 1888. ii. 82.
3. Nouveau Paris, IV. 111. Paris, Fuchs, Pougens et Cramer (an VIII).
4. II ne les nomme pas en propres termes, mais ou ne saurait auère se mépreudre à la mention qu'il en fait dans le Tableau de Paris. C'est bien le langage d'une rancune personnelle. Telle paraît avoir été aussi l'opinion de .M. Fr. Bouillier, Rev. Pol. et LUI., 12 mai 188.'î, p. t;89.
5. A. Franklin, Rechei'ches sur le Co/lègé des Quaire-Nalions. Paris, Aubry, 1862, ch. vr et vn.
SA VIE, SON ŒUVKK. SON TKMPS 9
de Paris, et en même temps le plus pauvre en professeurs habiles et en écoliers instruits* ». Cuistres, pédants, plats, ignares, telles sont les aménités dont il gratifie les maîtres. Quant aux élèves, ployés comme ceux des pensions sous le môme humiliant régime de punitions corporelles, ils n'eu tournaient pas mieux. La corruption n'y trouvait que trop à se propager. « C'étaient les maîtres en fait d'armes, les maîtres de danse qui leur glissaient les livres défendus les plas fameux... Les élèves choisissaient le temps de la messe pour lire VOde à Priapeon Messal'me, d'autres plus déhontés chantaient iWèpres ces vers obscènes dans le faux bourdon du Magnificat ' ». Tout cela, sans doute, est fort sujet à caution, et s'il fallait instruire le procès do l'ancienne Université, il y aurait d'autres dépositions à requérir. Mais il n'importe guère que le témoin paraisse ici quelque peu suspect, si ses préventions elles-mêmes ne laissent pas d'être instructives pour sa propre histoire. Toute sa vie. Mercier sera l'homme des^aines vigoureuses. 11 y a quelque intérêt à le prendre dès maintenant sur le fait.
Que l'on ne croie pas pourtant que cet enfant de cceur insoumisse soit montré rebelle à l'enseignement reçu. Tout au contraire, les études anciennes qu'il devait tant décrier plus tard l'absorbèrent à un point dontlui-même afait l'aveu : « Les décades de Tite-Live ont tellement occupé mon cerveau pendant mes études qu'il m'a fallu dans la suite beaucoup de temps pour redevenir citoyen de mon propre
pays Je voulais faire des tragédies de toutes les stations
de César, et ce n'est que depuis quelques années que je ne sais quelle lueur de bon sens m'a rendu Français et habitant de Paris ^ ». Doué de bonne heure de la plus ardente curiosité, il ne marchandait son appétit à aucune pâture, mais qu'elle lui eût paru bonne ou mauvaise, il prononçait fort crûment, sans égard aux jugements tout faits. Ce grand dévoreur de livres nous apprend quelque part qu'il y en eut un qui lui fit lire tous les autres, et ce livre initiateur, ce fut les Mémoires du Cardinal de Retz *. Pour un écrivain brouillé avec le respect, ce n'était pas trop mal démêler ses