‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 512 sur 521 · Notions claires, ii, I · texte numérisé non relu

Notions claires, ii, I

2. 11 s'agit du premier Dauphiu, de celui qui mourut au commencement de 1789.

3. Brochure de circonstauce dout le Journal de Paris lui refusa l'iusertiou. On attribua « cette bagatelle philosophique » à Diderot, Mém. secr., XX, 164. Mercier eu fit uu des chapitres du Tableau de Paris, V, 160. Chaillet rendit de cet opuscule un compte très flatteur, Journ. helv,, nov. 1781.

Sois homme quand tu seras roi! Je t'aime pour le bien que tu peux faire aux hommes! Et le bon Mercier verse des larmes de tendresse en imaginant le jeune prince sous la figure d'un adolescent pensif, cheminant à l'ombre des bosquets avec un volume de Plutarque, de Raynal ou de Rousseau.

C'est là son idéale Salente, son idylle familière. Elle n'a pas changé, elle l'inspire et l'enivre plus que jamais le jour où la convocation réclamée, pressentie des futurs États-Généraux lui donne l'éblouissante vision de « toute la France assemblée, composant une autorité bienfaisante et majestueuse, enrichie du progrès des lumières, et se remariant, pour ainsi dire, à son souverain ». « On peut dire aujourd'hui, s'écrie-t-il, que la raison, rentrée dans tous ses droits, est en état de faire penser et agir l'homme d'une manière digne de sa noble origine *. » Erreurs et maux politiques ne proviennent que d'ignorance : si on n'a pas fait plus tôt le bonheur des hommes, c'est qu'on n'a pas voulu, qu'on n'a pas su. Dès qu'on sait et qu'on veut, c'est chose faite.

Voilà le secret de ces théories sereines qui nous semblaient l'effet d'un esprit non prévenu et qui sont en réalité d'un esprit prévenu en faveur de sa chimère. Formes et systèmes politiques, qu'importe, en effet de les débattre, s'il est de l'essence du bien une fois connu de s'opérer luimême par les uns et par les autres? Et c'est aussi le secret de ce contraste qui nous surprenait chez lui entre la sagacité des analyses et l'optimisme naïf des conclusions : à qui est en puissance d'illusion, la vérité elle-même ne sert-elle pas d'argument? et quant à l'illusion, dès qu'il y croit^ qui songe à la démontrer?

Parfois, il est vrai, d'importunes obsessions traversaient le cerveau de Mercier. Les Notions claires ont paru en 1787, mais nous tenons de lui-même qu'il les avait composées en 1784. C'est donc plus particulièrement de l'esprit qui l'animait en cette année-là qu'elles portent témoignage. Sans aucun doute, elles n'ont pas cessé de traduire fidèlement sa pensée. Une inquiétude pourtant semble l'avoir un instant troublée : les Français sauraient-ils profiter des leçons sur lesquelles il les engageait à méditer? Nous trouvons

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