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la ville un moindre danger ni une moindre honte que le charnier', situé en plein cœur de Paris, où nos petites-maitresses allaient « prendre sur les ossements pourris d'un milliard de morts la mesure de leurs pompons et de leurs autres colifichets*. » On ne voit plus de maisons de force pour les victimes de détentions arbitraires; et le mot « lettre de cachet », dont on a perdu le sens exact, est devenu une énigme historique qui exerce la sagacité des crudits. Plus d'Hôpital Général ^ plus de Bicètre « où six cents malheureux, pressés les uns sur les autres, opprimés de leur misère, de leur infortune, de leur haleine mutuelle, de la vermine qui les ronge, de leur désespoir et d'un ennui plus cruel encore, vivaient dans la fermentation d'une rage étouffée*. »
On conduit Mercier au théâtre. Il ne se sent pas d'aise. « J'ai toujours aimé le spectacle, s'écrie-t-il, et je l'aimerai encore dans mille ans d'ici, si je vis ^. » La salle où on le fait entrer est vaste; on n'a pas la rage d'y entasser plus de monde qu'elle n'en peut contenir et tout le monde y est assise Les acteurs jouent harmonieusement des rôles qu'ils ont appris avec docilité, sans prétendre en remontrer à l'auteur. Il y a de la musique dans les entr'actes ; et, le rideau levé, Mercier s'aperçoit avec délices qu'on ne joue plus de tragédie. Le drame en a pris la place. Le théâtre est devenu une école de mœurs et de vertu. Justement, on y représente une pièce de son temps qui méritait de survivre, la Partie de chasse d'Henri IV, de Collé. En sortant du théâtre, il observe que tout se passe sans confusion. Les issues sont nombreuses et commodes, les rues parfaitement éclairées, la sûreté publique garantie par des gardes qui demeurent l'unique vestige des armées permanentes abolies, et, ce qui