Le cimetière des Innocents supprimé en
3. La Salpêtrière, que remplissait le pouvoir discrétionnaire du Lieutenant de police.
6. C'est en 1782, dans la nouvelle salle de la Comédie-Française (l'Odéon d'aujourd'hui), qu'on fut assis pour la première fois au parterre. Aux Italiens, il fallut attendre la même réforme jusqu'en 1788. A l'Opéra, on se tenait encore debout. Mercier nous apprend, du reste, que la permission de s'asseoir n'était pas du goût de tout le monde. Les amis des vieux usages réclamèrent. T. de P., XII, 211.
est au moins aussi étonnant, il rentre chez lui sans rencontrer aucune de ces femmes qui, « le pied dans le ruisseau, le visage enluminé, l'œil aussi hardi que le geste... * ». On peut contester l'exactitude de cette dernière prédiction, mais, à part ce trait et quelques autres, il faut avouer que Mercier nous a fait, à grandes lignes, l'esquisse d'un Paris nouveau où nous n'avons pas trop de peine à reconnaître le nôtre.
Voyons la population qui l'habite. Paris est aussi peuplé que jamais, et Mercier trouvait que, de son temps, il l'était trop, mais la population du royaume a augmenté de moitié (voilà qui se gâte : on voudrait pouvoir davantage donner raison au prophète) ; si bien que toute disproportion a cessé entre le chef et les membres; les campagnes, au lieu de demeurer en friche, sont toutes cultivées. Les Parisiens, en vérité, ont bien changé de père en fils. Qui le croirait? Ils sont devenus discrets et respectueux. Ayant aperçu ce bon vieillard de 700 ans, ils aimeraient à l'interroger, mais ils n'osent pas, ils craignent de l'importuner. Plus d'airs ironiques, plus de grimaces, plus de brocards. Voilà un trait qui a son prix pour la connaissance intime de Mercier. Changer l'humeur de ses concitoyens, il devait y tenir essentiellement, cet homme dont on sent l'aversion profonde pour la légèreté railleuse, les moqueries, le persiflage, tout ce qui faisait affront à sa sérieuse bonne foi. « Nous abhorrons, disent les Français de 2440, ce bel esprit ricaneur qui était le plus terrible fléau de votre siècle". » Le costume est à l'avenant des physionomies, simple, modeste et commode ; plus de dorure, plus de dentelles, plus de poudre sur les cheveux, plus d'épée au côté, plus de chapeau à trois cornes, mais un chapeau rond, ajusté à la forme de la tête. Pas davantage de croix ni de cordons. Ici pourtant le puritanisme de Mercier chancelle un peu. Les services des bons citoyens ne sont pas rémunérés seulement par leur conscience et l'estime publique ; non, on leur décerne un cha-