‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 63 sur 521 · Il · texte numérisé non relu

Il

garde — chemin laisanl, — de négliger tout ce qui se rencontre (le juste, de noble ctd'clevcdans les vues de Mercier sur l'éducation.

La femme se marie sans dot, selon son propre et seul choix, ainsi le veut la loi ; aussi n'exisle-t-il que des mariages d'inclination; ni la disproportion des fortunes ni l'inégalité des conditions n'y met obstacle. Dès lors, jeunes gens et jeunes tîUes ont hâte de s'unir, et on ne voit point, comme au xviii^ siècle, le nombre des célibataires augmenter de façon inquiétante. Libres de former le nœud conjugal, les époux le sont aussi de le rompre, quand il y a entre eux incompatibilité d'humeur mutuellement reconnue, maison n'abuse pas du divorce, car il s'y attache une sorte de discrédit. La femme tient à honneur de remplir ses devoirs d'épouse et de mère. Comme elle n'est point coquette et n'a contracté nul goût de dissipation, ils lui sont aussi faciles que chers. Bien entendu, les leçons de Rousseau, déjà entendues de ses contemporaines, ont continué de porter fruit. La jeune mère nourrit elle-même son enfant, lui donne la plus soigneuse éducation physique, lui enseigne avant tout à nager, à user de ses bras, à être fort et agile, avant de rien graver dans un cerveau encore tendre. En revanche, elle ne croit pas devoir livrer l'enfant aux inspirations de son intérêt bien entendu qui est, comme on sait, le premier maître de morale d'Emile. Elle lui apprendra elle-même « ce que c'est que mœurs, décence, vertu », elle lui fera aimer la nature et adorer le Créateur. Voilà pour la première enfance'.

Au moment qu'elle s'achève, Mercier se figure qu'il y a pour chaque jeune homme, à point nommé, une crise de puberté morale. Le mal de l'infini commence à le tourmenter. On le surprend les yeux « attendris, attachés sur la voûte du firmament »", et on juge qu'il est temps de l'initier à la religion, une religion purement spirituelle, comme on le pense bien, celle de Dieu célébré par ses œuvres. A la première communion du catholicisme correspond ce qu'on appelle alors « la communion des deux infinis ». Parents et amis étant convoqués autour du néophyte, on lui révèle

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