I, 142-148, lu
le curage des égouls, le transport dos immondices, la lutte contre l'incendie'. Kn revanche, lui, si ouvert pourtant à l'enthousiasme spirituel, il se fait des communautés, pliées de force à l'oisiveté et à la continence, je ne sais quelle idée grotesque où parait comme une vague réminiscence des contes de La Fontaine. Quel châtiment pour une ;\me austère! Et quelle vue plus juste, plus vraiment humaine, au plus noble sens du mot, dans ces paroles d'un autre homme qui ne fut passuspectde manquer de liberté d'esprit ! « Nous n'avons jamais pu considérer sans une espèce de terreur religieuse et tendre, sans une sorte de pitié pleine d'envie, ces créatures dévouées, tremblantes et confiantes, ces âmss humbles et augustes qui osent vivre au bord même du mystère, attendant entre le monde qui est fermé et le ciel qui n'est pas ouvert, tournées vers la clarté qu'on ne voit pas, ayant seulement le bonheur de penser qu'elles savent où elle est, aspirant au goufï're et à l'inconnu, l'œil fixé sur l'obscurité immobile, agenouillées, éperdues, stupéfaites, frissonnantes, à demi soulevées à de certaines heures par les souffles profonds de l'Éternité*. »
Tant vaut l'âme, tant vaut la foi. La destinée, qui se montra complaisante à tant de requêtes de Mercier, lui permit de voir en exercice le culte des Théophilanthropes, d'assister à ces « hommages purs et d'une simplicité touchante rendus à l'Être suprême », à « ces cantiques de reconnaissance où l'on célèbre une Providence active qui veille au bonheur des hommes », à ce « cours de morale pratique dépouillé de l'aridité des préceptes»; d'entendre « dans la chaire de vérité le lecteur théophilanthrope, vêtu d'une robe de lin », enseigner un évangile dont « le texte est la voûte du firmament », Ce fut pour lui une grande joie de saluer la naissance d'une religion « sans appareil » et sans disputes théologiques*, et d'en annoncer comme inévitable l'heureuse propagation. Et pourtant, elle échoua piteusement. Elle en imposait encore trop à l'imagination des Cabanis et des Naigeon ; en revanche, elle parut timide et parcimonieuse aux âmes éprises de surnaturel. Si ces