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bole. Tous les rangs sont confondus et tous les corps consumés de la même manière dans des fourneaux toujours allumés à cet effet '.
Comprendre et aimer, la raison et le cœur, Toilà les sources de la foi nouvelle. Parla, la conscience de l'homme est affranchie puisque plus jamais on ne lui enjoint de croire quia absurdum, mais n'allons pas penser qu'il soit licite à la raison de répudier les vérités dont elle est naturellement le miroir. Ne pas croire en Dieu, quand on est capable de rentrer en soi, d'une part, et, de l'autre, de contempler la nature, c'est démence ou perversité.
Le cœur qui n'aima point fut le premier athée*,
s'écrie Mercier. Dès lors, il faut sévir. Comme la morale, la religion a sa police, et elle est du même ordre. On doute qu'en 2440 le royaume ait le malheur de contenir un seul négateur de Dieu. S'il s'en trouvait un, on commencerait par lui faire un cours de physique expérimentale. S'il ne se rendait pas encore et qu'il continuât à se montrer l'ennemi public et opiniâtre « d'une vérité palpable, consolante et salutaire w, alors, de chagrin, toute la nation prendrait le deuil, elle infligerait le supplice de la honte au mécréant et le bannirait de son sein 3. Tant il est vrai que la tolérance n'est pas une vertu naturelle à l'homme : avant même que de naître, elle annonce du penchant à se démentir. Heureux encore que Mercier, dans sa judiciaire plus large et plus humaine, n'ait pas suivi l'exemple de Rousseau qui n'hésite pas à prononcer la mort contre le citoyen infidèle à la religion de sa patrie ' 1
Telle qu'elle est, la religion imaginée par Mercier se signale par une élévation de sentiment incontestable, non moins que par d'autres caractères qui répondent aussi peu que possible à l'idée que nous avons des principales croyances du xviir siècle. Le Dieu qu'il adore n'est pas ce Rémunéra-
2. Il est très fier de ce vers et s'en vante dans plusieurs endroits de ses ouvrages. « L'athée est une brute, lisons-nous encore ailleurs,., sous une forme extérieurement humaine, il a le cerveau stupide du quadrupède. » B. de N. iv, 89.