‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 82 sur 521 · II · texte numérisé non relu

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6. Même idée en outre dans la Nouvelle AUantide de Bacon. Œuvres complètes, 1799-1802, XI, 471.

Les leçons de Rouelle et les fongueux éclats d'imagination de Diderot n'étaient pas perdus pour lui, si cVist là qu'il a, pris certaines idées que nous a révélées col, étonnant Rêve de d'Alemberl, mis au jour bien des années après la mort de Diderot*, mais qu'il composait en ce temps même (1769) et dont il ne faisait pas mystère à tout le monde". Quoi qu'il en soit, voici un passage qui prouve combien Mercier s'était, lui aussi, écbauffé sur cette audacieuse tentative de synthèse universelle si bien faite pour passionner son imagination enthousiaste; mais, en même temps, il l'accommodait à ses propres vues et faisait tourn(!r à la gloire de l'espèce humaine la loi même d'évolution dont Diderot conjectura que cette espèce pourrait bien n'être qu'un des résultats successifs'. « L'échelle des êtres, si combattue de nos jours et que plusieurs philosophes avaient judicieusement soupçonnée, avait alors reçu le traitde l'évidence. On voyait distinctement que les espèces se touchent, se fondent, pour ainsi dire, l'une dans l'autre; que, par des passages délicats et sensibles, depuis la pierre brute jusqu'à la plante, depuis la plante jusqu'à l'animal et depuis l'animal jusqu'à l'homme, rien n'était interrompu, que les mêmes causes enfin d'accroissement, de durée et de destruction leur étaient communs. On avait remarqué que la nature, dans toutes ses opérations, tendait avec énergie à former l'homme et qu'élaborant patiemment, et même de loin, cet important ouvrage, elle s'essayait à plusieurs reprises pour arriver à ce terme graduel de sa perfection, lequel semble le dernier effort qui lui soit réservé*. »

D'instinct, Mercier s'empare des hypothèses grandioses, il ne redoute même pas les plus hasardées, pourvu que la conception de l'être humain en sorte agrandie, ennoblie. C'est ainsi qu'il adopte avec transport une des propositions les plus téméraires de Spallanzani, celle de la préexistence des germes, fondée sur la notion de l'infiniment petit, et selon laquelle la semence primitive de chaque être existe dans l'organe générateur, antérieurement à la fécondation,

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