Nisard, Uisl. de la litt. /'r., ni, 3o
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tituteur que l'État ; et l'île d'Utopie y et la Cité du Soleil, et le pays imat,anaire dont Morelly nous dépeint la félicité dans sa Basiliade, et la société idéale dont Restif de la Bretonne nous propose le plan dans VAndrographe. Partout l'homme est aliéné de lui-même, non en partie, mais en totalité, depuis la naissance jusqu'à la mort, comptable à l'État de ses bras et de son intelligence, de ses mœurs et de ses connaissances, de l'emploi de son temps et de la nature de ses œuvres, astreint au travail manuel, au service agricole obligatoire', à la promiscuité forcée, aux repas en commun'; ici, il ne pourra quitter la ville sans la permission des magistrats' ; là^ il gardera le silence dans le réfectoire public* oii l'on fait une lecture à haute voix; il n'a point de domicile propre : on lui assigne son logis pour six mois ^ ou pourdix ans°; l'État le classe par force, à son rang d'âge dans une hiérarchie où chacun remplit son office, différent selon qu'on a 20, 30 ou 40 ans'. On lui prescrit la couleur de ses vêtements*, le choix de ses aliments, le temps où il doit endosser un habit d'été ou prendre un bain froid »; on l'applique à la reproduction, avec tous les soins d'hygiène, de sélection et les saines méthodes qui conviennent dans un haras correctement tenu^^, ou bien on le marie par autorité publique quand l'heure a sonné ii, en bloc avec tous les conscrits matrimoniaux de sa classe; on prend même la peine de l'assortir, de dresser, par voie de concours, des listes de jeunes hommes plus ou moins méritants correspondant à d'autres listes de jeunes filles formées parallèlement 1-; partout on lui enlève ses enfants, soit qu'ils naissent d'une rencontre passagère ou d'un mariage régulier; c'est à peine si on lui laisse le choix de son