Bersot, Étudfis sur le xvni» siècle, p
2. Saint-Foix, Lettres turques. OEuvres complètes. Paris, 1777,11, 369.
3. Desuoiresterres : La Comédie satirique au xvm° siècle. Paris, Perrin, 1885. Voir aussi L. Fontaine : Le Théâtre et la Philosophie. Paris, Cerf, s. d.
4. Arlequin Deucaliou, Arlequin roi de Sérendib, Arlequin Mahomet,
Protestations contre le fanatisme, l'autorité absolue, l'inégalité des conditions, leçons de tolérance, d'humanité, de dévouement civique, de fraternité sociale, que ne rappellent les titres demeurés célèbres de tant de pièces oubliées, pour la plupart, mais qui alors excitaient une si grande fermentation : Brutus, Alzire, Nanine, le Préjugé vaincu, la Partie de Chasse d'Henri IV, Guillaume Tell, y Orphelin de la Chine l Le public avait conscience des libertés de fait que lui créait le théâtre. Aussi comme il en était glorieux, comme il en était épris! En aucun temps, gens et choses de théâtre n'ont été davantage la coqueluche de Paris. Feuilletez les journaux, nouvelles à la main, correspondances secrètes du xviii" siècle, qu'est-ce qui les défraie principalement? Le théâtre : salle, scène et coulisses'.
Le théâtre offre donc à la philosophie le champ d'action le plus favorable. Sonorité retentissante, assiduité du public^ auditoire préparé à tout entendre et en goût d'oser. De son propre mouvement, d'ailleurs, ne vient-il pas à elle et n'a-t-il point déjà fait la moitié du chemin? La tragédie, en devenant frondeuse, la comédie, en prenant des airs sérieux, ont dérogé aux fictions de leur emploi primitif. Et sans doute, il y a de la faute des auteurs qui, de longue date, ne donnent plus, ni en fait de tragique, ni en fait de plaisant, rien d'assez parfait pour tenir les assistants attachés au genre de jouissance que la scène leur procurait auparavant ; mais il est bien vrai aussi que, de lui-même, le public réclame autre chose. Depuis le début du siècle, et par un progrès constant, ce qu'on va chercher au spectacle, c'est de moins en moins un simple divertissement. Collé fait à ce propos une remarque des plus significatives : « La jeunesse actuelle ne connaît plus d'autre espèce de comique que le genre larmoyant; il lui faut ce qu'on appelle de V intérêt. Le comique véritable, la comédie proprement dite est absolument passée de mode. La nation est devenue triste^. »
etc., sans parler de TArlequiu de Marivaux, dans 17/e des Esclaves, qui est un si bon sujet et de l'Arlequin de Florian, tout à fait vertueux.
1. «Des milliers déjeunes gens et de veillards demeureraient absolument muets s'ils n'avaient pour entretien les actrices et les pièces de théâtre. » Paris en miniature, 1784, p. 44,