VIII AVERTISSEMENT
pas Zamet tout entier. Avant tout, il fut évêque de Langres, — el pendant quarante ans —. Ceci éclaire cela ; et quelque intérêt que puisse éveiller sa conduite à Port: Royal, on ne peut fragmenter ainsi une si longue et si pleine existence ; on ne peut, sous peine de porter sur lui un jugement relatif et incomplet, s'abstenir de le voir à l’œuvre dans son diocèse.
Dans un livre préliminaire, nous avons groupé des détails peu connus jusqu'ici, croyons-nous, sur les parents de l’Evêque, sur ses frères, sur sa jeunesse et ses études ecclésiastiques.
L'ordre chronologique nous a suggéré, comme nous paraissant le plus rationnel, la division de notre étude.
Les débuts de son épiscopat, et les événements qu'ils comportèrent, conduisirent Zamet à Port-Royal. Il eut à s'occuper de la célèbre abbaye de 1625 à 1636. Après la ruplure, le Prélat se renferma dans ses labeurs d’évêque jusqu'à sa mort.
De là, les trois livrès de cet ouvrage: Avant Port-Royal (1615-1625). — Port-Royal (1625-1636). — Après Port- Royal (1630-1655) (1).
Cette vue d'ensemble permettra, semble-t-il, de porter sur ce personnage un jugement plus équitable. Zamet, en effet, devenu, dans des circonstances très douloureuses, adversaire de Port-Royal, a été en butte, de la part de certains écrivains jansénistes, à des attaques passionnées. Racine, qui ne l'avait pas Connu, puisqu'il avait seize ans à la mort du Prélat, et n’était Pas encore au monde, lorsque ce dernier quitta Port-Royal, a voulu l’'exécuter d’un mot, d’après les mémoires que lui fournirent ses amis. » C'était, écrit-il, dans son Histoire de Port-Royal, un homme d’un esprit fort borné ». Et voilà un homme jugé ! Il est vrai que le même Racine écrivait, à une autre date, à ces mêmes amis: « On vous a vus de tout temps
(1) Toute division, quand il s'agit d’une vie humaine, où beaucoup d’évènements sont simultanés et s’enchevétrent les uns dans les autres, est forcément un peu artificielle ; aussi avons-nous dû faire quelques brèches à ces cadres trop rigides,