‹ Sébastien ZametChapitre 21 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Son rôle dans l’Assemblée. — Jugement porté sur lui par ses collègues. — L'affaire des deniers extraordinaires. — Les Jésuité$ du Collège de Chaumont. — Les privilèges des Réguliers. — Zamet et le Père Binet. — Les Jésuites le jugent « contraire aux Réguliers ». — Son indépendance vis-à-vis du pouvoir civil. — Conflit entre l'Assemblée et le Parlement. — Zamet et La Rochefoucauld. — La fin du conflit (1626).

En même temps qu'il s’occupait activement de la réforme de son clergé, l’évêque de Langres, loin de se désintéresser des grandes questions qui s’agitaient alors, faisait entendre sa voix dans le concert de l’épiscopat français. Aussi croyons-nous utile, pour accentuer les traits déjà esquissés et dégager plus complètement sa physionomie morale, d'exposer ici son rôle dans l'Assemblée du Clergé de 1625. (1)

Déjà, nous l'avons dit, le cardinal du Perron, archevêque de Sens, avait obtenu que le jeune Evêque assistât aux Etats Généraux de 1614, bien qu’il ne fût pas encore sacré. À l'assemblée générale de 1615, il avait été

(1) Nous l’exposons ici ‘ 1° pour une raison chronologique; 2 parce que ce qui précède aidera à mieux comprendre ce rôle ; 3 parce que c’est pendant son séjour à Paris en 1625 qu'il se lia avec la mère Angélique Arnauld et dès lors, ce récit doit précéder les relations du Prélat avec Port-Royal.

député par son métropolitain pour représenter la province de Lyon. En dehors de sa mission, il s'était borné à demander lappui moral de l'Assemblée dans une instance pendante au Conseil d'Etat entre lui et les notaires royaux de la ville de Langres ; il avait en conséquence été ordonné que « les agents de l’Assemblée interviendroient, et se joindroient en cette instance, à la charge que les frais de la dite intervention seroient supportés par ledit Evesque » (1).

A l'assemblée de 1625, Zamet qui comptait déjà dix ans d’épiscopat, joua un rôle plus important. Cette assemblée eut un caractère original par sa résistance aux demandes d'argent du Roi, et par son hoslilité envers les réguliers. Sur les deux points, M. de Langres conquit les faveurs de l’Assemblée, et se fit son porte-parole.

En 1625, le Roi, selon une tradition chère à la Monarchie, voulait bien accorder sa protection au Clergé, mais à condition que celui-ci la payât à beaux deniers comptants. Il s'agissait de renouveler le contrat passé dix ans auparavant, et d'accorder en outre « des deniers extraordinaires ». L'Assemblée avait nommé cinq commissaires pour aller à Fontainebleau soutenir les intérêts du clergé: Bertrand Déchaux, archevêque de Tours, Gabriel de lAubespine, évêque d'Orléans, Sébastien Zamet, évêque de Langres, Gilles de Souvré, évêque d'Auxerre, et Claude de Toyras, évêque de Nimes. Mais l'évêque d'Orléans et « Messieurs ses condéputés, n'avaient jamais ouvert la bouche devant Sa Majesté ou dans le Conseil pour faire leurs plaintes, qu'en même temps on ne leur eût répondu par des demandes d’argent(2) ». Aussi M. de lPAubespine exposa-t-il le 3 juillet à l’Assemblée « qu'il valait beaucoup mieux rappeler les députés qui étaient en Cour, depuis six semaines, achever les affaires qui dépendaient de l’Assemblée, et la finir dans peu de jours, que de

(1) Séance du 20 Juillet 1615. Procès-Verbaux des Assemblées du Clergé. (Bib. de l’Arsenal, mss. 2019).

(2) Procès-verbaux… Arch. Nat. G3 643a. Les détails qui suivent sont tirés de la même source.

poursuivre une chose dont l'effet serait incertain et qui tacitement conduirait l’Assemblée à baïiller des deniers extraordinaires au Roy, qui est la chose la plus certainement préjudiciable et pernicieuse qui saurait jamais arriver au Clergé, attendu que les Assemblées de 1615, 1619, 1621, lui ayant accordé des sommes excessives, si on continuait ces donations extraordinaires en cette quatrième Assemblée, cela les rendrait ordinaires, obligatoires et de nécessité, el que jamais il ne se tiendrait d'Assemblée du Clergé que le Roy n’en voulût tirer de l’argent ; qu'il fallait retrancher cette pernicieuse coutume, et lui en ôter la possession, autrement que tout était perdu. »

Sur ce, l’Assemblée, après en avoir délibéré, décréta à l'unanimité, qu’elle ne donnerait pas un denier au Roi, et que les députés, lorsqu'on leur demanderait de l’argent, répondraient que « l’Assemblée ne le pouvait ni ne le devait accorder » ; dès qu’ils furent retournés à Fontainebleau, l’Assemblée leur fit adresser une lettre qu’ils montrèrent au Roï, pour leur enjoindre « de ne pas renouveler le contrat, qu’on ne leur eût accordé ce qu’ils demandaient. »

Les choses se gâtèrent ; les envoyés ne réussirent pas. l’évêque d'Auxerre et le sieur de Vitrey écrivirent de Fontainebleau aux membres de l’Assemblée une lettre qui lrahissait de sérieuses craintes pour les privilèges du clergé : ils insistaient sur la nécessité d’agir adroitement, de se faire des protecteurs, en particulier Richelieu, à qui l’Assemblée ferait bien d'envoyer une supplique ; sans quoi, tous les privilèges pouvaient disparaître. Ils proposaient finalement de confier toute la négociation à Zamet : « Si vous jugez à propos, disaient-ils, que M. de Langres soit substitué en notre place, quand les affaires prendront quelque meilleur chemin, nous croyons qu'il nous y servira, avec l'affection et la prudence que nous pouvons souhailer pour nos affaires. Nous remettons à M. de Tours à vous en informer plus particulièrement, nous contentant de vous dire que jamais homme ne peut embrasser nos intérêts avec plus de courage que lui, qui ne

fléchira jamais en la moindre chose où il connaîtra qu'on puisse blesser les intérêts du Clergé, même en ce qui est de l'argent et subvention extraordinaire qu’on pourrait demander, où il s’est tenu si ferme qu’il a fermé la bouche à tous ceux qui avaient commencé d’en parlent).

Ce jugement, porté en 1625 sur l’évêque de Langres par ses collègues, est intéressant à retenir. Zamet avait donc de l’énergie, et n’était pas tout à fait ce prélat « fastueusement dévot » dont parlent certains historiens après Sainte-Beuve. Il est rare qu'un homme tienne tout entier dans une formule.

Effectivement Zamet s’entremit, et tout finit par s’arranger. Le roi envoya, le 14 juillet, le sieur de Marillac, Conseiller d'Etat et surintendant des finances, « visiter de sa part l’Assemblée, et recommander sa personne et son Etat aux prières de la Compagnie, luy promettant la protection ‘et continuation qu’elle peut espérer de sa Majesté. » Au surplus, ajouta l’envoyé du Roi, le contrat passé depuis dix ans étant fini, le Roy en demande le renouvellement. » Il n'était plus question de « deniers extraordinaires. »

Au fond, le conflit était apaisé ; de part et d'autre, on s'était fait des concessions. Aussi le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, répondit-il que « le clergé continuerait ses vœux et ses prières, comme il y était obligé, pour la prospérité du Roy et de son Etat ». Pour la forme, il ajoutait: « Quant au renouvellement du contrat, l’Assemblée en délibèrera, espérant que Sa Majesté fera tenir et garder tout ce qui a été promis au Clergé ». C'était l'accord.

Cette affaire réglée, d’autres questions beaucoup plus importantes préoccupèrent l’Assemblée ; la question des privilèges des Réguliers et celle de l'indépendance du Clergé vis-à-vis du Parlement furent mises à l’ordre

(1) « De Fontainebleau, 4 juillet 4625 ». loc. cit. C'est nous qui soulignons,

du jour, et ici encore le rôle de Zamet fut considérable.

C’est, en effet, l'affaire des Jésuites du collège de Chaumont, qui fut, au dire des écrivains de la Compagnie de Jésus, « le prétexte de toute la querelle des Réguliers » à l’Assemblée de 1625.

Les curés de Chaumont, voyant qu’un grand nombre de leurs paroissiens abandonnaient l’église de la ville pour la chapelle des Pères Jésuites, et y faisaient même leurs Pâques, avaient supplié l’évêque de Langres de rappeler les Pères au respect des prérogatives paroissiales. Zamet, jugeant leur demande fondée, avait, par une ordonnance du 16 septembre 1623, à la « supplication des Doyen et Chanoïines de l’église collégiale et parochiale de Chaumont en Bassigny, curés de ladite église, ordonné que depuis le dimanche de Pasques fleuries jusqu’à la Quasimodo, nul de leurs paroïssiens ne pourrait se confesser el recevoir la sainte communion ailleurs qu’en ladite église, s'il n’en avait obtenu une licence particulière desdits Doyen et Chanoines.» (1)

Les Jésuites mavaient fait aucun éclat, mais avaient porté aussitôt l'affaire à Rome, devant la Congrégation des Cardinaux interprêles du Concile de Trente et avaient obtenu gain de cause. Zamet avait été obligé de se soumettre, el avait rendu le 22 septembre 1624 l’ordonnance suivante qui rétablissait les Jésuites dans leurs anciens privilèges :

(1) À la même époque, Richard Smith, un des maîtres de Richelieu, nommé vicaire apostolique en Angleterre, retirait aux religieux le pouvoir de conférer les sacrements sans une autorisation spéciale de l'Ordinaire ou de son official. C'est la doctrine épiscopalienne, à laquelle Richelieu adhérait luimême. « De famille noble, écrit M. Haxoraux, sorbonnien, évèque, il fut un gallican, un épiscopaliste », (Hist. de Richelieu, t. I, p?112). Ce jugement peut s'appliquer également à Zamet; c'était la doctrine qui dominail en Sorbonne au temps où il y faisait sa théologie.

En France d’ailleurs, plusieurs évêques imitèrent Zamet, même après la sentence de Rome, et la question fut de nouveau débattue à l'Assemblée de 1645. L’archevêque de Bordeaux ayant publié le 21 mars et le 28 avril 1644, deux ordonnances entièrement semblables à celle de l'évêque de Langres, Rome intervint comme en 1624. Alors les prélats de l'Assemblée de 1645, après avoir protesté auprès du nonce Bichi, « se firent ensuite justice à eux-mêmes » (D'Avriexy, Mémoires chronologiques et dogmatiques.… t. 1. p. 366).

« Comme par nostre déclaration du 16 septembre 1623, nous ayons apporté quelques modifications à la permission que nous avions octroyée en février 4620, au R. P. Recteur du collège de la Compagnie de Jésus estably à Chaumont, ou à tel autre de la Compagnie approuvée par luy, pour l’effect de l'administration des sacremens de Pénitence et d'Eucharistie ; Contre laquelle déclaralion s’estant ledit Père Recteur et religieux de la Compagnie de Jésus pourveu vers Nostre Saint Père le Pape, duquel il auroit oblenu un escrit adressé aux Révérendissimes Archevesque de Sens et Evesque d’Auxerre, ou à leurs officiaux, ou à l’un d’eux. pour estre lesdits Révérends Pères de la Compagnie de Jésus conservés en leurs privilèges. Pour ces causes, sous les offres, déclarations et consentemens prestés par le R. P. Recteur et ceux de sa Compagnie de donner attestation à ceux qui se seront confessés à eux, lorsqu'ils en seront requis, et pour obvier au procès qui en pourroit naistre entre eux et les vénérables Doyen, Chanoines et Chapitre de Chaumont comme curés de ladite ville, avons, en interprétant, en tant que besoin est, révoquant lesdites modifications, Ordonné et Ordonnons que nostre première permission susdite aye lieu et sorte son plein et entier effect, suivant les privilèges de ladite Compagnie, que désirons demeurer en leur force et vertu, comme à ceux octroyés par Nos Saints Pères les Papes. ».

SÉBASTIEN, Evesque de Langres (1),

La sentence de Rome en faveur des Jésuites de Chaumont parut exorbitante à l’Assemblée du Clergé. À l’unanimité, les évêques prirent fait et cause pour M. de Langres, el jugeant que « leurs droits étaient manifestement blessés », élargirent le débat, et attaquèrent violemment les privilèges des Réguliers ; ils voulurent que l’on fit des instances à Rome pour obtenir la restriction de ces privilèges.

Les Jésuites, se sentant visés, résolurent, pour parer le coup, de faire agir le P. Binet, provincial de Champagne(2) ; « venu à Paris, écrit Garasse, à la requête de

(1) Mercure français, 1624, p. 813.

(2) Né à Dijon en 1569, il entra dans la Compagnie en 1590 et fut successivement recteur des collèges de Rouen et de Paris, et provincial de France, de Champagne et de Lyon. Il joua un rôle important dans la réforme des ordres religieux et fut un des quatre commissaires nommés pour assister le cardinal de La Rochefoucauld dans cette œuvre difficile. Il existe, à notre

Madame de Soissons, et par le commandement de Monsieur frère du Roï, il nous assista fort puissamment de son autorité, étant connu de la plupart de MM. les Evêques ; il en dit son sentiment avec un grand courage à M. de Langres, un des plus zélés en cette affaire, et qui véritablement a des desseins très bons pour l’avancement de l'Eglise ; néanmoins, comme il s’est enrôlé à l'Oratoïre, il se montre toujours contraire aux réguliers ».(1) Le P. Binet essaya d’effrayer Zamet en lui affirmant que la voie où l’Assemblée s'était engagée pourrait la conduire beaucoup plus loin qu’elle ne le voudrait, et aboutir à des conséquences redoutables pour la cause de la religion. . M. de Langres l’engagea alors à traiter cette affaire par écrit, afin qu’il fût plus loisible à l’Assemblée de se rendre compte de l’état de la question.

Le P. Binet, sur les instances du P. Coton, chargea de ce soin un religieux de la province de Champagne, le P. Jacques Pérard. Celui-ci écrivit un livret intitulé Le Pacifique, dont l’effet fut absolument nul (2). L'élève n'ayant pas réussi, le maître se mit à l’œuvre, et le P. Binet publia sous le pseudonyme de François de Fontaine, la Response aux demandes d'un grand Prélat touchant la Hiérarchie de l'Eglise. Et la juste défense des Privilégiés et des Religieux.(3)

Dans une flatteuse préface adressée à Zamet, l’auteur lui déclare que le commandement qu’il a daigné lui faire, lui est « fort doux et fort amer »: « doux, parce qu'il

connaissance, un assez grand nombre de lettres inédites de ce personnage, qui mériteraient d’être publiées.

Le Père Binet mourut à Paris. le 4 juillet 1639, T1 a laissé un grand nombre d'écrits ascétiques. Cf. Sommervoce, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, I. 1487-1503.

(1) Garasse, Mémoires, Paris, 4861, p. 60 et suiv. C'est nous qui soulignons.

(2) Jacques P£RarD, né à Vitry-le-François le 6 février 1367, entra dans la Compagnie en 1587, enseigna les humanités, fut recteur des collèges de Caen, Vannes et Rennes et mourut dans le collège de Clermont à Paris, le 25 décembre 1638.

Son essai infructueux était intitulé : Pacificus ad Episcopos et Parochos sive Apologia pro Religiosis.

(3) Imprimé à Pont à Mousson, par Sébastien Cramoisy, MDCXXV. — Bib, Nat. D. 55959,

vient de vous, que j’honore si chèrement, tant à cause de votre qualité éminente en l'Eglise de Dieu, que pour vos rares vertus, et encore parce qu’il vous plaist m'aimer cordialement et plus que je ne pourray jamais mériter ; mais amer, parce qu'il contient une plainte et une racine très amère, qui a germé et a fait naistre dans le cœur de plusieurs une petite aversion des Religieux et Privilégiés, et a rempli plusieurs esprits d’aigreur, et quasi de haine et mesme de mespris. » Il ajoute: « Vous m'avez fait l’honneur de me promettre d'y répondre de vostre propre main ; je vous en supplie très humblement, afin qu’on voie bien clair en ce différend qui n’est fort qu'en tant qu'il est enveloppé, et qui n’est éclatant que dans les ténèbres du secret où du silence ; venant au jour, on verra mieux le naturel de l'affaire, et nous devons tous souhaiter de voir bien clair en cecy, qui est très important pour la gloire de Dieu, le service de l'Eglise, le bien de la France et le salut des âmes ».

Les griefs de l’Assemblée ne sont pas dissimulés ; le P. Binet expose les objections dans toute leur force, afin de les mieux réfuter. Voici d’après lui, le langage des adversaires des réguliers :

« Ils disent que les privilégiés veulent accabler lauthorité de Nosseigneurs les Prélats, qu’ils dissipent la hiérarchie de l'Eglise, troublent ordre estably parmi les Apostres, sont trop attachés au Pape (et de cecy ils en font un péché mortel) (1), se voudroient rendre plus puis-

(1) Le P. Binet, par cette pelile phrase entre parenthèses, touche au fond même de la question. Les ordres religieux en effet, ou plus exactement les « privilégiés » comme il les appelle et en particulier les Jésuites, relevaient directement du Pape et étaient dans sa main, aux veux des Evêques, des instruments d'ultramontanisme ; les Jésuites, on le sait, avaient été créés pour combattre l’hérésie protestante et défendre l'unité catholique représentée par la Papauté. IS étaient donc très « attachés au Pape » « trop attachés » même, aux yeux de beaucoup de Prélats qui, nommés à leurs évêchés par la Royauté, n'avaient pas pour le Pape l’amour unique qui était au cœur des Réguliers ; leur affection, à eux, se partageait entre le Pape el le Roi ; ils étaient gallicans et lorsqu'un conflit éclatait entre les deux pouvoirs, ce n'était pas toujours pour le Pape qu'ils prenaient parti. Au fond, c'est toute la question du gallicanisme qui était ici en jeu.

Quant à la formule du P, Binet, on peut la retourner, et elle reste juste

sants que les Evêques, qu’ils désertent les paroisses, el attirent tout à eux, abusent de leurs privilèges, et se rendent trop indépendants des Ordinaires, et quasi insolents, mesprisent les ecclésiastiques et Messieurs les Curés, et empiètent sur eux, ne suivent pas les maximes du Royaume et les privilèges de l'Eglise Gallicane, remplissent les meilleures chaires du Royaume, enfin se rendent comme de petits souverains ».

À ces objections de fait, le P. Binet répond par une réfutation théorique, en invoquant les textes de l’Ecriture ; il cite comme favorables aux Réguliers saint Charles Borromée, et l’évêque de Genève, François de Sales, dont l'Assemblée postulait à Rome la béatification. Il conclut qu'attaquer les Réguliers, c’est attaquer les Papes qui leur octroient ces privilèges tant décriés, c’est battre en brèche l'autorité du Saint-Siège, et vouloir détruire l’unité de l'Eglise. Et très habilement, pour arriver à un accord, il propose de soumettre le différend à lParbitrage du cardinal de La Rochefoucauld, dont la haute autorité morale s’imposait à l’épiscopat tout entier: « Plût à Dieu, concluait-il, que luy, avec quelqu'autre qui luy ressemblast, fust arbitre de ce différend, pour calmer cet orage et pour apaiser tout, avec esprit de douceur. Car il y a moyen, voyant d’un costé et d'autre ce qui se peut dire, de trouver un bon accord donnant à Messeigneurs les Prélats et à Messieurs les Curés plus d'honneur qu'ils n’en désirent, et laissant aussi aux Réguliers la liberté de jouir de leurs droits, en esprit de repos et plein de respect et d'honneur. »

L'Assemblée lut avec attention ce plaidoyer, et en loua le ton calme et modéré, mais témoigna par ses actes qu’elle n’était pas absolument convaincue de l'excellence de la tause défendue par le P. Binet. L’évêque d’Orléans, l’un des plus ardents contre les réguliers, entreprit la réfutation de la Response aux demandes d’un

pour l'époque; si les gallicans faisaient de l’ultramontanisme «un péché mortel », les ultramontains faisaient, avec non moins de véhémence, « un péché mortel» du gallicanisme.

grand Prélat, et l'Assemblée chargea l’évêque de Chartres, Léonor d’Etampes, de rédiger une Déclaration contre les exemptions et les privilèges des Réguliers, qui fut imprimée et répandue dans le public, et en même temps envoyée au Pape, « en suppliant très humblement Sa Sainteté d’avoir agréable la présente Déclaration ».

Or, cette déclaration maintenait sur tous les points les droits des évêques et réduisait ceux des réguliers. Elle donnait raison à Zamet dans Particle IV, et blâmait par là explicitement la décision de Rome au sujet de l'affaire de Chaumont. Aussi Garasse n’hésitait-il pas à avouer que « la croyance commune fut que ces règlements étaient faits surtout contre les Jésuites ». « Il y a en effet, dit-il, plusieurs chefs qui ne peuvent être appliqués à d’autres religieux qu'à ceux de notre Compagnie, contre lesquels sont ces deux articles : le premier, qu’aucun évêque ne donnera plus les ordres ni les dimissoires pour les recevoir, à aucun religieux qui n'ait fait vœu public et solennel de pauvreté religieuse, ce qui battait directement notre Compagnie, laquelle ne fait le vœu solennel que quelques années après la prêtrise; l’autre qu'au cas où quelques religieux vinssent à sortir de leurs cloîtres ou maisons religieuses, les évêques ordonneraient que pension serait prise congrue et suffisante sur les maisons desquelles ils étaient sortis, pour l'entretien de leur vie, à ce qu'ils ne fussent à charge à leurs évêques. C1)

Au surplus, les articles les plus importants, issus directement de l'affaire de Chaumont, élaient les suivants:

Art. 4. — Les évêques visiteront les monastères prétendus exempts.

Art. 2. — Le peuple assistera de trois dimanches l’un à la messe

de paroisse ; et les religieux ne prêcheront en leurs monastères ni

ne feront procession durant icelle.

Art. 4. — Défense aux Religieux et Exempts de recevoir aucunes

personnes à la confession et communion depuis Pâques Fleurie jusques à la Quasimodo.

(1) Garasse, Mémoires, Paris, 1861, p. 69 et suiv,

Art. 5. — Nul ne pourra confesser ni prêcher sans la permission de l’Evêque.

Un autre abus, que nous rencontrerons plusieurs fois durant l’épiscopat de Zamet, — au Puits d’'Orbe en particulier, où labbesse lui avait refusé l’entrée du monastère, en 1621, — donna lieu aux paragraphes suivants :

Art. 19. — Il s’est glissé, par une longue suite d'années, un tel abus dans quelques maisons religieuses et autres lieux exempis, au grand mépris de la dignité épiscopale, qu'ils refusent l’entrée de leurs monastères et églises à l'Evêque, lui déniant même l'entrée en quelques villes, lesquelles ils disent exemptes, qui nest autre chose qu'établir un nouveau diocèse dans un Diocèse. Pour empêécher lequel abus, il est enjoint à tous Religieux et autres Exempts de recevoir l’Evêque diocésain dans leurs villes, Monastères et Eglises avec l'honneur et révérence qui lui est dû, quelques exemptions contraires qu’ils allèguent.

Art. 20. — L’Evêque faisant son entrée dans une ville, tous Religieux, fors ceux qui gardent clôlure perpétuelle, assisteront aux Processions solennelles qui s'y font, et prendront en icelles le rang qui leur sera donné et prescrit par l'Evêque, nonobstant toutes oppositions et appellations. Et lorsque ledit Evêque voudra faire son entrée, ou se tenir dans leurs Eglises, ils seront tenus de le venir recevoir revêtus, avec la Croix, l’eau bénite, et le livre des Evangiles, et le conduire processionnellement au Chœur et là recevoir sa bénédiction, se soumettre à sa visite en ce qui concerne le Saint Sacrement, les Saintes Huiles et la Clôture de leurs Monastères ; bref, seront tenus lui rendre tout honneur, respect et révérence. (4)

Zamet, naturellement, donna son adhésion à cette Dé- Claration qui fut approuvée à la presque unanimité (1er septembre 1625) ; le Pape Urbain VIII, à qui elle fut adressée, pour être ratifiée « par son très grave jugement », n'eut d'autre ressource que de se plaindre à l’ambassadeur français, M. de Béthune.

Ce qui contribua à accentuer encore l'hostilité de PAssemblée envers les Jésuites, en dépit de la savante disserlation du P. Binet, ce fut l'émotion produite par deux libelles venus d'Italie, criliquant les secours accordés par la France aux Protestants dans l'affaire de la Valteline,

(1) Mercure français, t. XI, perds.

L'Admonitio ad Regem et les Mysteria Politica, écrits anonymes attribués aux Jésuites, avaient élé pour lAssemblée l’occasion de graves difficultés avec le Parlement et même avec le Roi. |

Le Parlement, en effet, s’était empressé de censurer ces libelles ‘dans les termes les plus vifs. Avec un zèle au moins égal, l’évêque de Chartres (1), fort de la première mission qui lui avait été confiée par l’Assemblée au sujet de la Déclaration, rédigea et publia sans l’aveu de ses collègues, un Jugement des Cardinaux, Archevêques et Evêques sur les libelles diffamatoires sans le nom des auteurs (13 décembre 1625). Le Jugement approuvait la censure faite par le Parlement et contenait des propositions tout à fait favorables au pouvoir civil. Zamet protesta au nom de l’Assemblée engagée par l'écrit de Léonor d'Etampes et proposa de censurer les libelles, mais dans des termes différents. (2) Le Parlement, averti de l'indépendance de l’évêque de Langres, et « craignant que le Clergé ne se portât à changer à la première censure quelque chose d’essentiel, et que les droits du Roi ne recussent quelque préjudice, fit défense, par arrêt du du 21 janvier 1626, à Messieurs les Prélats de s’assembler pour faire une autre censure que celle du 13 décembre, ni d'en publier aucune autre que celle-là CDD

(1) Léonor ou Eléonor d'Estampes de Valençay, né en 1589, était devenu évèque de Chartres en 1620 ; il fut archevêque de Reims en 1641 et mourut le 8 avril 1631. — Tazzemant Des Réaux prétend qu'il était endetté de 6 à 700.000 livres et qu'il disait un jour : « Je veux acquitter mes dettes; je dois 6 à 700.000 livres : il me faut 40.000 livres pour ma dépense, autant pour mes créanciers. » — « Voyez, ajoute Tallemant, combien il eût fallu qu'il eùt vécu pour cela, ne payant que 40,000 livres par an. » (TALLEMANT DES RÉAUX, Historiettes, Paris, 1862, L. IT, p. 224).

(2) D'après Bazzer (Vie de Richer, p. 334) ce serait le cardinal de. La Rochefoucauld qui aurait poussé l’évêque de Langres à intervenir ; celui-ci eut pour adversaire dans l'Assemblée, Simon Le Gras, évêque de Soissons, ami de Léonor d'Etampes, qui insisla, mais en vain, pour le maintien du Jugement. La Rochefoucauld et Zamet triomphèrent.

Le tort de l'Evèque de Chartres avait été d'engager l'Assemblée tout entière, sans son aveu; lorsque le Jugement fut publié, — par qui Léonor d'Etampes était-il poussé? nous l'ignorons — l'émotion fut très vive parmi les évêques. De là, le désaveu qu'ils lui infligérent.

(3) Ricuezrmu, Mémoires. (Arch. des Aff. Etrang. France, ms 1590, fo 66). A cette date de janvier 4626, les Jésuites prenant les devants, avaient

Le conflit commençait. Les Evêques, piqués au jeu, s’assemblèrent chez le cardinal de la Rochefoucauld les 26 et 27 février 1626, et d’un consentement unanime désavouèrent la première censure, et en firent une autre dans le sens indiqué par Zamet.

L'évêque de Chartres, blâmé par l’épiscopat, soutenu par le Parlement, se trouva dès lors dans une situation fausse, ainsi que les évêques de Soissons et d’Avranches qui, seuls, étaient de son parti.

La lutte continua. Le Parlement, par un arrêt du 3 mars, Cassa et annula la censure du 27 février, interdil aux Prélats de se réunir, et leur enjoignit de se retirer dans les quinze jours en leurs diocèses, sous peine de la saisie de leur temporel.

Loin de céder, l’Assemblée devint plus belliqueuse. Miron, évêque d'Angers, délégué par ses collègues, fit à l'arrêt du 3 mars une réponse écrite d’une telle liberté et indépendance, que « le Parlement, les chambres assemblées, condamna ladite réponse à être brûlée par l’exécuteur de la haute justice, et décréta ajournement personnel contre ledit Evêque ».(1)

Ce différend causait un grand bruit. Richelieu conseilla à Louis XIIT d'évoquer à sa propre personne « la connaissance de cette affaire, et de la mener avec grande douceur et force tout ensemble ». Le Roi se rangea à l'avis de son ministre. Il envoya quérir quelques-uns du Parlement, et les reprit de leur faute, puis Messieurs du Clergé, auxquels il dit qu’il les maïintiendrait en leurs immunilés, el n’approuvait pas les arrêts du Parlement

adressé au Roi et à son conseil de « très humbles remontrances », signées du nom illustre de Pierre Coton ; ils exposaient dans ce document qu'ils avaient été calomniés par l'Université de Paris et demandaient justice. Mais à leur tour « les Recteur, Doyen et suppôts de l'Université de Paris » s’adressèérent au Roi pour « remontrer {rès humblement à Sa Majesté que ce qu'ils ont dit en défendant leur cause contre les entreprises des Jésuites, touchant la doctrine de cette société, est ce même que leurs prédécesseurs ont dil dès l'année 1554, suivant la conclusion faite en Sorbonne, et ès années 1564, 1595, 1597, 1611, 1624 et 1625. » Signé: TarN, Recteur. (Janvier 1626). Bib. Nat, Cinq cents Colbert, 17, fe 341,

(1) Arch, des Aff, Etrang. France, 1590, fo 66.

pbs

contre eux, mais aussi qu'ils se devaient abstenir en leurs réponses de termes qui piquassent cette Compagnie. »(1)

L'apaisement allait peut-être se faire. Mais à peine ce différend était-il terminé qu’éclata l'affaire de Santarel. Ce Jésuite italien, dans son Traité de l'hérésie el du schisme, répandu en France, soutenait des maximes jugées alors dangereuses pour le pouvoir royal et la sûreté de lEtat(2). Le Parlement, heureux de saisir cette occasion de rentrer en scène, fit brûler son livre le 13 mars, et la tempête était telle qu'on voulait défendre aux Jésuites « d'enseigner et d'ouvrir des écoles, et qu'on songeait même à les chasser de France »(3).

Richelieu, qui n'était peut-être pas fâché de tout ce bruit, représenta au Roi qu’il fallait louer le Parlement d’avoir fait brûler ce livre pernicieux, exiger des Jésuites un désavœu formel de la doctrine de Santarel, et les réduire à un état qui ne leur permît plus de nuire

(1) Zbid.

(2) Le vrai titre de cet ouvrage d'Antonio Santarelli était celui-ci: 7ractatus de hœæresi, schismate, apostasia, sollicitatione in Sacramento Pœnitentiæ. Et de potestate Romani Pontificis in his delictis puniendis. Ge livre avait, selon l'usage, été examiné par trois théologiens de la Compagnie de Jésus et sur leur rapport favorable, le général de l'Ordre Vitelleschi qui ne pouvait lire lui-môme tous les ouvrages que publiaient ses religieux avait donné son approbation. Les deux maximes incriminées étaient celles-ci : 4° Que le Pape peut donner des curateurs aux Empereurs et aux Princes quand ils sont inaptes à bien gouverner. — 20 Qu'il peut punir et déposer quelque Prince de la terre que ce soit, quelque exempté qu'il puisse être » Cette publication de Santarelli, étant donné l’état des esprits en France, était malencontreuse et inopportune. Le conseil donné en 1612 par le nonce Ubaldini avait été oublié : celui-ci, quoiqu'il jugeàt vraies ces maximes, suppliait alors le Cardinal Borghèse d'agir pour que le Général des Jésuites ne laissât publier par les écrivains de la Compagnie aucun livre sur ces matières ; il insinuait que « lorsqu'on croirait nécessaire de faire écrire en faveur de la puissance indirecte du Pape sur les Princes », il serait à propos de confier cette tâche « à des théologiens séculiers des plus célèbres universités de l'Europe, ow bien à des réguliers de tout autre ordre que celui des Pères Jésuiles, afin de faire cesser de cette manière un des plus ordinaires prétextes dont se prévalent les politiques de Paris pour opprimer la Compagnie, qu'ils accusent à tort d'avoir introduit l'opinion et la vérité catholique sur ce point.» «On verrait aussi par là, continuait-il, que comme tant d’autres anciens auteurs de toutes nalions ont d'un commun accord enseigné la même doctrine, de même aujourd'hui elle est universellement reçue dans tous les Ordres et dans toutes les Universités ». (Lettres d'Uibaldini au Cardinal Borghèse, B. N. mss. ilal, 1265)

(3) RicueLreu, Mémoires, ibid. fo 66.

dans l'avenir par leur puissance, « mais tel aussi qu'ils ne se portassent pas à le faire par désespoir ».(1)

Le 16 mars 1626, les Jésuites signèrent en effet une déclaration écrite par laquelle ils reconnaissaient que « les Rois relèvent indépendamment de Dieu, détestaient la mauvaise doctrine de Santarel, en ce qui concerne la personne des Rois, leur autorité et leurs Etats, et promettaient de souscrire à la censure qui en pourrait être faite par le Clergé et la Sorbonne, et ne professer jamais aucune doctrine contraire à celle qui serait tenue en cette matière par le Clergé, les Universités du Royaume et ladite Sorbonne ». (2)

Le: 1% avril, la censure. de. la #Sorbonnesconfiez mait celle du Parlement, et finalement l’Assemblée avait gain de cause. Si tous les Réguliers avaient dû lire avec déplaisir la Déclaration au sujet des privilèges, les Jésuites avaient subi une véritable défaite morale; d’une simple querelle entre le recteur du collège de Chaumont et l’évêque de Langres, les circonstances avaient fait la première phase d’une violente bataille, au cours de laquelle l’Assemblée avait été entraînée à user de représailles, et à affirmer à l'égard de la Compagnie de Jésus, même en face du Pape, une hostilité qui semblait à certains aussi grande que celle du Parlement. Le Jésuite Garasse n’avait pas tout à fait tort d'écrire de cette Assemblée, qu’elle ne semblait faite que pour anéantir les privilèges des Réguliers, et en particulier des Pères de sa Compagnie. Peut-être, sil eut:pu prévoir Flavenir, eût-il ajouté que ces dissensions intestines, en affaiblissant dans l'Eglise de France l’autorité pontificale, préparaient les voies au triomphe du Jansénisme.

Quant à l’évêque de Langres, son attitude très nette au sujet des réguliers, lui valut auprès de ses collègues

(1) Zbid.

(2) Le P. Corox mourut le 19 mars 1626. Deux jours auparavant, on élait allé lui faire signer sur son lit de mort la Déclaration. Si l’on en croit le P. Prat, les circonstances de cette mort auraient produit une réaction en faveur des Jésuites. (Prat. Recherches historiques. IN, p. 781).

de Pépiscopat, un succès d’estime, et un accroissement d'influence, tandis que d’un autre côté, il était dénoncé à Rome comme gallican, ami des Oratoriens et adversaire des Jésuites. (1) Dans cette Assemblée cependant, il avait su garder un rôle modérateur, qui s’harmonisait avec son caractère pondéré, ennemi des opinions extrêmes. Ce rôle, il l’avait joué entre le Roi et les Evêques, en servant d’intermédiaire entre les deux pouvoirs, à un moment où les relations devenaient tendues: il lavait joué entre les Jésuites et l’Assemblée, en priant le Père Binet de justifier, s’il le pouvait, les privilèges des Réguliers, afin que ceux-ci ne fussent pas condamnés, sans être entendus ; enfin dans le conflit qui avait surgi entre l'Assemblée et le Parlement, s'il avait pris parti contre l’évêque de Chartres, parce qu'il jugeait qu'il y allait de la dignité du corps épiscopal, il avait proposé, lui aussi, de censurer les libelles, mais en adoucissant les termes de la censure ; et il avait fait accepter son opinion.

Cette Assemblée de 1625, en grandissant sa réputation, et en l’obligeant à séjourner à Paris, eut pour Zamet un résultat imprévu. C’est alors que sa destinée se fixa ; cette année-là, en effet, il rencontra la Mère Angélique Arnauld, devint directeur de Port-Royal, et par là, entra dans l’histoire.

(4) Arch. du Vatican, Nonciature de France. t. 416, fe 264. (1625-1626). Rapport d’un dénonciateur anonyme sur les « propositions que l'Evesque de L. a tenues en bonne compagnie. Voir aux Pièces Justificatives (XIII) ce document qui n’a d'autre valeur que celle qu'on attache aux potins ou aux propos de table. L'anonymat qui le couvre, et le but inavouable qui l'inspira, ne permettent pas d'en faire état comme d’une pièce historique. Nous croyons cependant devoir le donner in eætenso, par sincérité d’abord, et aussi comme indication utile.

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