DIJON
N MONASTÈRE DE NoTre-DAME DE TART DE Il
ANCIE
(Aujourd'hui Hospice Sainte Anne)
teaux, et la plaçaient sous la juridiction des évêques de Langres (1).
Pierre Nivelle, en recevant communication du Bref, entra dans une violente colère ; il se rendit à Dijon et interdit à l’abbesse d'exercer les fonctions de sa charge, la menaçant de l’excommunier. Celle-ci répondit qu’« elle n’avait secoué le joug de l'Ordre que parce que l'Ordre n'avait pas conservé son premier esprit ; que si l'Ordre avait jadis obtenu lexemption, c'était à cause de sa sainteté ; que cette sainteté n’existant plus, elle était en droit de se remettre sous la juridiction des évêques, ses supérieurs naturels selon la règle de Saint-Be- No 002)
Exaspéré, l'abbé excommunia l’abbesse, et lui annonça qu'il s'était pourvu à Rome pour la révocation du bref.
Cette révocation n'étant pas venue, le Parlement enregistra le bref et le fit exécuter dans tous ses points. Le 10 mai 1627, l’évêque de Langres prit la conduite et le gouvernement du spirituel et du temporel de l’abbaye de Tart transférée à Dijon ; les bernardines le reconnurent
(1) Pendant que l'on sollicitait à Rome ces brefs en faveur de Tart, M. de Langres déjà très lié avec la mère Angélique, agissait énergiquement, d'accord avec elle, pour obtenir du Pape la permission de fonder l'Ordre du Saint-Sacrement. Il songeait déjà à l’union de Tart et de Port-Royal pour ce nouvel Institut, comme le prouve le passage suivant d'une lettre autographe inédite appartenant à M. Gazier. Cette lettre, datée du 44 mars 1627, est adressée à M. Féron, bachelier en théologie: ce M. Féron était à la fois son agent à Rome et celui de la mère Angélique: « Quant à l'affaire de « Taft, je vous la recommande aussy, autant que je puis. Il me semble que « cela se peut, vu que c'est une maison déjà fondée et dotée de son revenu, « maison, bâtimens et église, avec tous meubles nécessaires, etc. I n’y a « qu'à les comprendre dans le Bref ou la Bulle qui sera donnée pour l'érection « de celle de Paris et ordonner qu'elles vivront comme celles-ci, observant « mêmes règles, statuts, constitutions, etc. En quoy personne n’y à intérest «que moy, vu que Sa Sainteté les a entièrement tirées de l'Ordre de Cisteaux « et soumises à l'Ordinaire. Ce qui me le fait désirer est afin que ces bons « religieux n'ayent jamais rien à démesler avec elles. Et en effet, il leur sera « moins honteux de les laisser là entièrement, quand elles ne porteront plus aucune marque de l'Ordre de Cisteaux et qu'elles auront passé en un « nouveau que si elles demeuroient comme auparavant. » Voir la lettre entière aux Pièces justificatives XX. — (Documents concernant l'Institut du S'aint-Sacrement).
(2) Bourrée, 0p. cit. p. 184.
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