TENTATIVE DE DÉMEMBREMENT DU DIOCÈSE
3° La fondation très ancienne, l’origine illustre, la dignité éminente de l'Eglise de Langres.
4 Le sacrement inviolable de l'unité ecclésiastique que violerait la scission projetée.
9° Le consentement du métropolitain (l'archevêque de Lyon) n’a pas été demandé par l’évêque de Langres.
6° La coexistence impossible de deux cathédrales dans un diocèse. (Tout l’honneur de celle de Langres passerait à celle de Dijon).
7° L’érection d’un nouveau siège n’est ni nécessaire ni utile, bien mieux elle est superflue et nuisible.
8° La profession de foi publique des évêques de Langres le jour de leur prise de possession du siège épiscopal.
90 La sainteté de ce serment, par lequel ils promettent fidélité à leur église, et s'engagent à ne pas la démembrer. |
10° Les décrets antérieurs des Papes prononçant sur la même affaire. Jules II, en 1513, défendit d’ôter de la ville de Langres le tribunal ecclésiastique. Or, si le siège des jugements ecclésiastiques ne peut pas se séparer de l'évêché, le siège épiscopal en est à fortiori inséparable. D'ailleurs Grégoire XIII, en 1578, a décrété que l'Eglise de Langres ne pouvait être démembrée.
La conclusion de l’ouvrage est celle-ci: « IL convient que l'Evêque de Langres veille à sa réputation. S'il consentait à démembrer son Evêché, on pourrait dire qu’il a la férocité de ce lévite qui, de son propre glaive, coupa en plusieurs morceaux le corps de sa femme, les dispersa de divers côtés, et fit que le peuple s’écria: « Jamais pareille chose ne s’est vue en Israël! » Aussi l'Evêque est-il supplié de se souvenir du pacte conclu avec l'Eglise de Langres, son épouse, de la défendre et de renoncer à ce projet homicide. On compte pour cela sur sa piété et son équité. Mais s’il ne veut pas intervenir, il ny a pas de raison qui puisse empêcher le clergé et le peuple langroïis de le faire ; aussi espère-t-on que le Souverain Pontife, Evêque des Evêques, avertira V'E-
vêque qu'il a manqué à son devoir dans la circonstance, et viendra lui-même au secours de cette pauvre Eglise. N’est-il pas le Suprême Pasteur des Eglises, mons iste sublimis in verticem montium? C’est là l'espérance du peuple langrois. Le Pape resserrera les liens qui unissent l'Evêque à son église, il couronnera les mérites de l’Evêque par une abondante bénédiction, et s’acquerra à lui-même, par cet acte vraiment pontifical, une immortelle renommée de Justice et de Piété.
L'événement répondit aux désirs des Langrois. Urbain VIII, comme Grégoire XIII, maintint les privilèges de la vieille église. Zamet avait raison, mais sur ce point comme sur beaucoup d’autres, il avait le tort d’être en avance sur son temps. Cent ans après, exactement en 1731, Rome reconnaissait le bien fondé de la demande des Dijonnais, appuyée en 1630 par Sébastien Zamet, et érigeait l’évêché de Dijon. Seulement, tandis que si le projet primitif eût été adopté, le siège épiscopal de Dijon eût continué à dépendre spirituellement de celui de Langres, la scission, cette fois, était définitive ; l’église-mère voyait avec amertume sa fille devenir indépendante, et l'antique métropole langroïise ne s’est pas encore consolée de ce douloureux démembrement.
GÉXPITRENTIII