‹ Sébastien ZametChapitre 48 sur 142 · RÉFORME DE L'ABBAYE DE ROUGEMONT · texte numérisé non relu

RÉFORME DE L'ABBAYE DE ROUGEMONT

Cependant la bulle de coadjutorerie avait été donnée à Rome le 26 septembre 1653. Pendant un an, l'exécution en ful suspendue. Enfin un arrêt du 23 décembre 1654 leva l'opposition ; maïs on s'aperçut alors que le Roi ayant révoqué son brevet avant que la bulle n’eût été accordée à Rome, celle-ci m'était plus valable, et l’on recourul à l’autorité du Roi pour guérir ce vice de forme, de sorte que le 4 mars. 1655, (Zamet était mort le 2 février), le Conseil d'Etat rendit un arrêt ainsi CONCUEUSA Majesté, sur l’avis du Sr Evesque de Langres cn et d’autres personnes de grande probité et mérite, voulant que ladite abbaye de Rougemont soit réformée de la mesme sorte que le sont les abbayes du Puits d’Orbe, de Saint-Jean-d'Autun et de Saint-Julien d'Auxerre, ordonne que l’arrêt obtenu par Edmée de Gaucourt le 23 décembre dernier sera exécuté ; ce faisant lui a permis et lui permet de prendre possession de l’abbaye ; enjoint aux Religieuses de la reconnaître en qualité de coadjutrice, à la charge néanmoins et non autrement qu’elle sera tenue de se retirer et de vivre en la communauté et compagnie des Religieuses de la mesme maison qui maintiennent et observent la réforme ». (1)

Si l’on a pu critiquer à juste titre l'administration religieuse de Mazarin au sujet des abbayes, l’histoire de Rougemont sous son ministère illustre suffisamment l’incohérence et le manque de scrupules de ce gouvernement qui ne voyait dans les abbayes, comme dans toutes les charges ecclésiastiques qu’un instrumentum regni, et paralysait le plus souvent la bonne volonté des réformateurs, au grand scandale de saint Vincent de Paul et de ses amis. On finit toutefois par reconnaître la sagesse du remède proposé par Zamet. Comme il y avait, depuis 1643, au Puits d'Orbe transféré à Châtillon-sur-Seine,

tudes mondaines de l’abbesse, écrivit sur le revers cette petite malice : « Monsieur, je vous supplie en faisant response à la Dame de ne pas manquer de fermer la lettre avec de la soye qui soit de belle couleur, et si vous y voulez mettre un peu de poudre de Chypre, ce sera encore mieux, »

(1) Bib. Nat. 9, Bourgogne.

des religieuses du Val-de-Grâce, qui y avaient établi une exacte réforme, elles furent suppliées par les religieuses de Rougemont de venir leur rendre le même service. Mais les revenus de l’abbaye étaient insuffisants ; on remit à plus tard, et dans cette vue, on obtint du Roi l'union du prieuré de Saint-Julien-d'Autun à l’abbaye de Rougemont, « pour, de ces deux bénéfices, ne faire dans la suite et pour toujours, qu'une seule et même communauté, sous le titre et la dénomination de l’abbaye de Notre-Dame de Saint-Julien de Rougemont ». (23 décembre 1664). Lucrèce de Rochefort finit par démissionner en 1664, et le Roi nomma Anne-Agnès de Rouville, qui prit possession le 29 septembre 1666, en présence de Dom Jean de Boucher Flogny (1). Alors la réforme s’accomplit, et pour la rendre durable, le Roi, le prieur de Moutiers-Saint-Jean et l’évêque de Langres permirent la translation du monastère à Dijon en avril 1673. Les religieuses s’établirent dans l'hôtel de la Sénéchaussée de Bourgogne, dit auparavant hôtel de Vergy, et à partir de cette époque, elles furent sous la dépendance absolue de l'Evêque diocésain.

(4) Bussy-Rabutin, exilé dans son château de Bussy, proche de Rougemont, assista à la cérémonie et signa ainsi le procès-verbal de prise de possession : ‘ « Roger de Rabutin, comte de Bussy, Forléans et Chaseul, conseiller du Roy en ses conseils, et son Lieutenant Général en ses armées. » Une Charlotte de Bussy-Rabutin était, à cette date, religieuse à Rougemont.

Page 1