ZAMET ET BOSSUET SA
nauté. Deux mois avant sa mort, elle avait reçu la visite de la Reine-Régente Anne d'Autriche et du jeune Roi, qui étaient alors à Dijon avec toute la cour. La Reine avait voulu entretenir Madame de Pourlan en particulier, et l'avait visitée cinq ou six fois, croyant retrouver en elle sa chère Marguerite d'Arbouze, l’amie vénérée de sa jeunesse.
La nouvelle de sa mort fut immédiatement portée à la cour ; la comtesse de Brienne l’alla annoncer à Anne d'Autriche qui témoigna une vive douleur (1). À Dijon, où Madame de Pourlan était regardée comme la sainte de la ville, le corps fut exposé dans l’église du monastère pendant trois jours. « Deux religieuses pouvaient à peine suffire à faire toucher les chapelets, médailles, et autres choses qu’on leur passait par la grille et par le tour de la sacristie. » (2) M. de Castille, abbé de Saint- Bénigne, présida les obsèques, et le Père Fleurs, de l’Oratoire, fit son oraison funèbre, au milieu d’un extraordinaire concours de peuple. La mère Jeanne avait passé dix ans dans l’ordre de saint François et trente-trois dans l'Ordre de Cîteaux.
La mort de cette vertueusé abbesse qui, jusqu'au bout, était restée entièrement soumise à sa direction, affecta naturellement le vieil évêque, car il y vit sans doute un avertissement pour lui-même. Il n’en continua pas moins, tant qu’il eut des forces, de visiter son diocèse, de tenir des synodes et de réformer les abus partout où il les rencontrait.
(1) Bounrée prête à la Reine-Mère ces paroles : « C'est une mort qui ne peut être trop regrettée; sa communauté n'y perd pas seulement, mais encore toute la France. Je plains extrêmement ses pauvres Filles, et compâtis autant que je le peux à leur afliction. » (Op. cit. p. 314).
(2) Bourrée, op. cit. p. 309.