‹ Sébastien ZametChapitre 79 sur 142 · DOCUMENTS CONCERNANT L'INSTITUT DU SAINT-SACGREMENT · texte numérisé non relu

DOCUMENTS CONCERNANT L'INSTITUT DU SAINT-SACGREMENT

ro Lettres de la mère Marie Angélique Arnauld à M. Féron, archidiacre de Chartres, bachelier en théologie.

NV CONTES" | Du 17 décembre 1626.

A Monsieur, Monsieur Féron, Bachelier en Ste Théologie de la Maison de Sorbonne.

Mon très cher Père en Jésus-Christ,

Je supplie sa bonté que celle-cy vous trouve à Rome en bonne santé. Nous avons été bien fâchée de ne vous pouvoir faire tenir des lettres à Lyon, mais nous nous en sommes avisée trop tard, et avons cru que vous seriez passé. Nous reçumes hier vos lettres de Mussi. J’ay reçu beaucoup de joie de la consolation que M. de Langres a eue de votre vue, mais d’ailleurs j'ay esté bien fâchée de voir qu’il ne vouloit point accepter la supériorité. J'espère que Jésus-Christ le changera et qu'après avoir fait l'acte d'humilité, il fera celuy d’obéissance. La Mère sous-prieure l'espère ainsi. Je vous supplie, mon Père, gardez-vous bien de proposer autre supérieur. J'espère, Dieu aydant, qu’au premier voyage, vous recevrez permission de luy. Ma Sœur Geneviève Catherine luy a escrit que c'étoit le dessein éternel de Dieu qu’il fût supérieur de cet Ordre. C'est une chose étrange de voir cette fille qui est tout à fait admirable. Elle vous escrit, et mes sœurs.

J'ai envoyé votre lettre au R. Père de Condren ; nous ne l'avons encore pu voir depuis votre départ ; nous ferons tout ce qui se pourra pour tirer quelque chose de Iluy par le premier courrier.

Nous avons aussy envoyé vos lettres à M. Halier ; il se porte bien, grâces à Dieu. M. Duchesne nous a prêchées aujourd’hui.

L'affaire de Maubuisson est faite pour ma sœur Marie-Angélique. (1) Elle à reçu cela avec très grande -vertu.

Enfin, mon Père, vous vous êtes donné à M. de Langres et osté au Saint-Sacrement, si l’un se peut séparer de l’autre. Je loue Dieu de tout; mais sachez qu'il n'est pas échappé qui traîne son lien. Vous êtes encore bien jeune, et j'espère qu'il vous donnera de la vie assez pour le servir en plusieurs manières.

Au premier voyage, nous vous manderons tout ce qu'aura résolu M. de Langres pour les supérieurs. Pour ce voyage, nous ne

(4) La Mère Marie des Anges Suireau, nommée abbesse de Maubuisson ; elle partit de Port- Royal pour aller prendre possession de cette abbaye, le 7 janvier 1627.

vous dirons pas davantage. Je prie Jésus-Christ régner absolument sur vous.

Je suis en luy toute vôtre.

Je vous supplie de présenter nos très humbles recommandations au R. Père Berthin. Je ne vous puis pas dire l'obligation que je croy lui avoir, prévoyant la charité avec laquelle il sollicitera l'affaire du Fils de Dieu. Vive Jésus! (1) '

Janvier 1627.

Voir p. 215 la première partie de cette lettre. En voici la suite :

Je vous supplie, mon Père, recommandez bien à Dieu la personne pour qui l’on a tapissé ce parloir, afin qu'elle se rende tout à fait à Jésus-Christ.

Mes frères se portent bien, et toutes nos sœurs, grâces à Dieu. Il nous en est mort une, c'est la petite sœur Marie Théodore du Paraclet. C'étoit une très bonne âme (2), qui est aussi morte fort saintement. Elle a souffert trois semaines de très grands maux avec une signalée patience. La veille de sa mort, elle me pria de la faire porter devant le Saint-Sacrement, ce que nous fîmes ; et là, elle s’offrit à Dieu pour souffrir tout ce qui lui plairoit dans toute l'éternité pour l’accomplissement de son dessein en la vénération du très Saint Sacrement. Elle y avoit une dévotion très extraordinaire, sans savoir rien du dessein que je ne lui ay dit que quelques heures avant sa mort. J’estime que ce nous sera une bonne avocate au ciel.

J'ai une très grande envie de savoir de vos nouvelles de Rome. Je say bien que votre charité ne vous permettra pas de perdre aucune occasion sans nous en faire savoir. Je suis toujours très mauvaise fille, quoy que vous en croyez. Jésus-Christ qui voit tout me fasse miséricorde par sa bonté. Je le supplie très humblement d’être en vous, et vous rendre tout saint. Je suis en luy,

Mon Rd et très cher Père, Votre très humble et obéissante fille et servante en Jésus-Christ, Sr MARIE ANGELIQUE.

Je vous supplie de faire nos très humbles recommandations au R. Père Berthin auquel j'ay toute confiance pour notre affaire.

J'ai adressé toutes vos lettres à M. Halier (a)

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