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10 février 1627.
Mon très cher Père en Jésus-Christ, Je viens de recepvoir vos lettres de Milan qui m'ont apporté beaucoup de joye, car j'avois grand” désir de savoir que vous
(1) Autographe appartenant à M. Gazier.
(2) La sœur Marie de Sainte Théodore, religieuse du Paraclet. Elle vint ainsi que sa sœur à Port-Royal en 1625, et y fut associée. Elle mourut le $ Janvier 1627. (Mém. hist., t IL, p. 315),
(3) Autographe appartenant à M. Gazier.
aviez passé les montagnes, encore que je ne puisse être en soucy de votre conservation, croyant assurément que Jésus-Christ en a soin.
Le R. P. de Condren m'’avoit fort promis de vous écrire; je ne say s’il l’aura fait.
Nous ne vous disons encore rien, mais Dieu aydant, le premier courrier vous aurez des nouvelles plus amples, car nous attendons demain ou après-demain M. de Langres qui se porte mieux qu'il n’a fait, grâces à Dieu.
Je n’oserois parler à Madame la Duchesse de Longueville de ce que vous m'écrivez, n’osant me découvrir ; et si il faut que je vous dise, mon Père, que je ne me fierois guère en ce jeune prince ; ils ne prennent point les affaires de Dieu à cœur. Il me semble qu'il ne faut point du tout que vous alliez chez lui. Il y a un de ces gentilshommes qui est de mes bons amis; c'est le frère de ma sœur Théodore que je vous ai mandé qui a fait une si heureuse fin ; il s’appelle M. de Mézière ; mais ne lui dites pas l'affaire pourtant, si vous ne le jugez à propos. Il est très bon.
Je ne say où ce bon ecclésiastique qui vous accompagnoit à pris son soupçon; cela me fâche. |
Je vous envoye force lettres. Ma Sœur Geneviève ()Festattes malade ; j'espère néanmoins que Dieu la conservera ; elle vous supplie d’être ferme comme un rocher.
Je ne vous dis que cela pour ce voyage, étant si lasse d’avoir pris médecine et parlé tout le jour que je n’en puis plus.
Vous savez ce que je vous suis en Jésus-Christ (2°