‹ Second French book after the natural or Pestalozzian method. For schools and home instructionChapitre 7 sur 12 · PARLER · texte numérisé non relu

PARLER

(Il faut) que je sois que tu sois qu'il soit

(Il suffit) que j'aie que tu aies qu'il ait

(Faut-il) que je parlé1 ?

que tu parles?

qu'il parle?

que nous soyons que nous ayons que nous parlions? que vous soyez que vous ayez que vous parliez? qu'ils soient qu'ils aient qu'ils parlent?

H est beau d'être grandpère ! Voilà un homme bien vieux, il est blanchi2 par l'âge. Sa barbe est blanche et ses cheveux aussi sont tout blancs. Sa vue a baissé,3 c'est-àdire que ses

VeUX SOnt de- Un IP^d-père, ses petits-fils et ses petites-filles.

venus faibles et il se sert quelquefois de lunettes. Il ne peut plus marcher qu'appuyé sur son bâton

1 Les terminaisons du subjonctif prés, de toutes les conjugaisons sont e, es, e, ions, iez, eut. 2 De blanchir — devenir blanc. 3 De baisser = diminuer de force, devenir bas. (Cf. P. L., p. 70, n. 6.)

(= sa canne); son corps, qui était droit1 et robuste comme le nôtre, est affaibli et courbé1 par l'âge. Bien souvent il souffre,2 il est malade,3 il passe des nuits sans sommeil, et il faut qu'il prenne4 bien des précautions pour conserver (= préserver) sa santé.5 Mais, malgré6 les infirmités de la vieillesse7 il est gai, il est bienveillant8 et aimable.

On ne s'ennuie9 jamais avec grand-papa; il n'est pas ennemi du jeu (= de l'amusement); au contraire, nul10 n'est plus heureux de voir la jeunesse (= les jeunes personnes) joyeuse.11 "Amusez-vous bien," dit-il, " à condition de travailler de même."12

Aussi tout le monde aime et vénère (= révère) le bon grand-papa. Quand vient le jour de sa fête,13 c'est à qui14 lui apportera (= présentera) le plus beau bouquet. Au nouvel an (= au premier jour de l'an), c'est à qui viendra15 le premier lui souhaiter la bonne année. Partout16 où il va, ceux17 qui le rencontrent le saluent respectueusement.

1 Droit est le contraire de courbe, et signifie qui n'a ni courbure ni inclinaison d'aucun côté. 2 De souffrir, cf. Gr., 1" 175. 3 Le docteur nous soigne quand nous avons une indisposition ou une maladie (= le contraire de santé). 4 Le subj. prés, de prendre est: que je prenne, que tu prennes, qu'il prenne, que nous prenions, que vous preniez, qu'ils prennent. Cf. Gr., If 185. 5 Cf. n. 3. 6 Malgré = en dépit de. 7 Vieillesse (= âge avancé) est le substantif de vieux (fém. vieille). 8 Bienveillant = qui veut du bien, qui marque la bienveillance. 9 De s'ennuyer = ne pas trouver d'intérêt aux choses. 10 Nul = pas un (homme). n Fém. de joyeux. Cf. Gr., If 40. 12 De même — d'une manière égale, dans la même proportion. 13 En France, le jour du saint dont on porte le nom. 14 C'est à qui, c-à-d. chacun est très-désireux. 15 Fut. de venir: je viendrai, tu viendras, etc. Cf. P. L., p. 77 et Gr. ^ 176. 16 Partout ~ en tout lieu. I7 Ceux pron. déni, m. pi. Cf. Gr., If 97.

Souvent (= fréquemment) on vient lui demander conseil.1 Il a pour chacun une bonne parole2 et de bons avis (= conseils), car ses longues années lui ont donné bien de l'expérience, et ceux qui sont plus jeunes que lui ont confiance en son jugement. Ne peut-on pas dire en voyant le grandpapa: "Vraiment, il n'y a rien de plus beau qu'une belle vieillesse ? "

Vous avez raison; la vue d'un vieillard inspire un sentiment naturel de respect et de tendresse, parce que sa faiblesse semble3 la suite (= la conséquence) d'un long travail (= d'une longue activité) et que sa physionomie est d'une tristesse4 douce (= tempérée) et affectueuse. Aussi la vue d'un vieillard éveille- (= excite-) t-elle des idées et des sentiments de prudence, de sagesse,5 de bon conseil dont (= desquels) un vieillard peut être l'emblème.

Mais, par contraste, la vue d'un vieillard fait penser à un arbre dépouillé6 (= privé) de sa verdure, aux ruines imposantes d'un monument. Il est difficile7 de ne point songer (= penser) avec regret que ce corps, aujourd'hui brisé8 par l'âge,

1 Un conseil est l'opinion exprimée pour engager quelqu'un à faire ou à ne pas faire. 2 Parole est synonyme de mot et de phrase ; c'est un mot notable et aussi une promesse. 3 Sembler — avoir l'air, ou unecertaine apparence. 4 Tristesse est le contraire de gaieté; c'est une condition de l'âme causée par l'affliction, etc. 5 Salomon était un sage: on lui attribue celui des livres de l'Ancien Testament qui s'appelle le Livre de la Sagesse. 6 Un arbre dépouille n'a pas de feuilles. Celles-ci (= les feuilles) sont de couleur verte et forment la verdure des arbres. 7 Le contraire de facile. 8 Briser — mettre en pièces, rendre inutile.

a été vigoureux, plein (= rempli) de sève (= force) et d'activité.

Cette causerie me rappelle quelques strophes (= stances) d'un poëme de Tournier. Un enfant parle de son grand-papa qui est mort, qui l'a quitté pour aller à Dieu; mais son bon petit-fils1 ne l'a pas oublié :

Son cœur était ouvert à tous. On pouvait lire Le calme sur son front,2 la bonté dans ses yeux; Et lorsque sur sa bouche2 il passait un sourire,3 On croyait4 voir briller comme un rayon des cieux.5

Ce coin6 près du foyer,6 c'est le coin du grand-père; C'est là, je m'en souviens,7 qu'il aimait à s'asseoir,8 Les pieds sur les chenets9 dans sa vieille berger e,10 Là qu'il lisait le jour et sommeillait11 le soir.

Je crois le voir encor.12 Sa tête couronnée13 De beaux cheveux2 blanchis par l'âge et le chagrin14 Se penchait15 en avant, doucement inclinée; Son visage était grave à la fois et serein.16

1 Les enfants des fils ou des filles du grand-père sont ses petits-enfants. 2 Cf. P. L., p. 35. 3 Le sourire est l'expression qu'une idée gaie ou plaisante donne au visage. 4 L'imparfait de croire (Cf. p. 33, n. 5) est, je croyais, tu croyais, il croyait, nous croyions, etc. 5 Cf. P. L., p. 82, n. 5. 6 Le coin est l'endroit (= la place) où les murs se rencontrent. Ce mot est employé ici pour les côtés de la cheminée où l'on s'assied pour se chauffer. (Cf. P. L.% p. 65, n. 3.) Le f o y e r est le lieu dans les chambres d'une maison où l'on fait le feu. 7 De se souvenir. 8 S'asseoir = se mettre sur un siège. 9 Les chenets sont les ustensiles de cheminée sur lesquels on met les bûches (= morceaux de bois) Le grand-papa a ses pieds sur les chenets dans notre illustration à la page 47. 10 Une bergère est un fauteuil large et profond dont le siège est garni d'un coussin. n Sommeiller — dormir d'un sommeil léger. 12 Ue final de encore est supprimé ici par licence poétique. 13 Un roi a une couronne. 14 Le chagrin est le contraire de la joie. 15 De se pencher ~ s'incliner. 12 Serein = exempt de trouble, d'agitation.

Puis il était si bon pour moi ! Dès1 que décembre, Neigeux,2 humide3 et froid, me fermait le jardin, Souvent à ses côtés, je jouais dans la chambre : Vénérable grand-père et petit-fils mutin !4

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