PLUS-QUE-PARFAIT DES VERBES AVOIR, ETRE ET PARLER
j avais eu tu avais eu il avait eu
j'avais été tu avais été il avait été
f avais -parlé tu avais parlé il avait parlé
nous avions eu vous aviez eu ils avaient eu
nous avions été vous aviez été ils avaient été
nous avions parle vous aviez parlé ils avaient parlé
1 Lâcher c'est laisser échapper une chose (un objet) que l'on tient. 9 Une proie est généralement une chose (= possession) obtenue par la violence. 3 Laisser échapper c'est ne pas saisir, ne pas tenir. 4 Cf. P. L., p. 41. 4 Le plus-que-parfait du verbe finir est f avais fini, ta avais fini, etc.; du verbe recevoir: f avais reçu, tu avais reçu, etc., et d'entendre: j'avais entendu, tu avais entendu, etc. Cf. Gr., Chapitre V.
COUKS DE FRANÇAIS.
L'aveugle et f»a sœur au jardin.
Aujourd'hui nous ferons1 la connaissance2 d'un petit garçon qui a eu3 le malheur4 (= l'infortune) de perdre la vue. Il ne peut plus voir; il est aveugle.5 Voyez-le, dans le jardin, assis sur un banc sous un arbre. Sa sœur qui l'accompagne partout est assise auprès de lui et cause avec lui.
Il est bien beau, n'est-ce pas, le jardin dans lequel6 se trouvent les enfants? Il y a tant7 de
1 Le futur de faire est: je ferai, tu feras, il fera, nous ferons, tous ferez f Us feront. 2 (La) connaissance est le substantif de connaitre. Faire la connaissance de quelqu'un c'est lui être présenté pour le connaître. 3 A eu est le passe indéfini du verbe avoir, cf. P. L., p. 66. 4 (Le) malheur est le contraire de (la) bonne fortune. 5 Un homme privé de la vue est aveugle; un homme privé de la voix est muet 6 Lequel est la forme du pron. relatif après une préposition quand on parle des choses. 7 Tant — une si grande quantité. Tant est un adverbe de quantité ; on emploie de après. Cf. Or., If 17.
fleurs et d'arbrisseaux î1 C'est un véritable paradis ; pourtant (= malgré cela) le pauvre garçon n'est pas heureux. Il ne peut pas voir les beautés qui l'entourent ( = l'environnent); c'est un livre fermé pour lui. Mais sa sœur lui fait la description de tout ce qu'elle voit, n'est-ce pas? Malheureusement2 elle ne peut pas donner la vue à son frère.
1/ Aveugle.
Les ans, les mois, les jours, par une sage loi,3
Tout revient; mais le jour ne revient pas pour moi.
Mes yeux cherchent en vain les fleurs fraîches écloses;4
Mes printemps sont sans grâce et mes étés sans roses;
J'ai perdu des ruisseaux5 le cristal argentin,6
La pourpre7 du couchant,8 le rayon du matin,
Et les jeux des troupeaux,9 et ce noble visage
Où le Dieu qui fit10 l'homme a gravé son image.
La nuit engloutit11 tout. Delille.
Le jeune aveugle n'est pas heureux, dites-vous? Est-il aussi mécontent ? Heureusement non ! Il
1 Un arbrisseau est un petit arbre. 2 Malheureusement = par malheur (= infortune). 3 Une loi est une prescription ou un commandement émanant de l'autorité souveraine. 4 Eclore, verbe neutre, n'est usité (= employé) qu'à l'infinitif et aux 3ièrae pers.: il éclôt, ils éclosent, etc., part, éclos = sortir de l'œuf, naître, s'ouvrir en parlant des graines et des fleurs. 5 Un ruisseau est un petit cours d'e a u beaucoup moins considérable qu'une rivière. 6 Argentin = qui a l'éclat de l'argent ou qui résonne comme l'argent. Il y a ici inversion. Lisez : J'ai perdu le cristal argentin des ruisseaux. 7 Pourpre = couleur rouge. 8 Le couchant signifie ici l'aspect du ciel et des nuages au moment où le soleil se couche. 9 Un troupeau est une troupe d'animaux domestiques élevés et nourris dans un même lieu. 10 Le passé déf. de faire est : je fis, tu fis, il fit, nous fîmes, vous fîtes, ils firent. Cf. p. 39, n. 3. u Engloutir = absorber, dévorer.
parle bien souvent de la bonté de notre Dieu qui, dit-il, est toujours avec lui pour le guider dans ses pensées (= méditations), et qui lui donne le pouvoir1 de voir en esprit. Il peut sentir2 la fraîcheur3 du matin, aspirer4 le parfum des fleurs et entendre le chant5 des oiseaux.
Et un jour, il a l'espoir6 de voir de nouveau, de recouvrer la vue. Ce sera au ciel devant le trône de Dieu. Il sait les promesses de la Bible. Il a entendu lire la description du ciel ; et quand, à la fin de sa vie mortelle, il sera admis7 auprès de Dieu avec les anges,8 il sait que ses yeux seront ouverts,9 et qu'il verra des choses qui surpassent en beauté toutes celles qui sont ici sur la terre.
Ne peut-on pas lui faire une opération pour lui rendre (= redonner) la vue ? Il a déjà été soumis10 à une opération, mais sans résultat. Le médecin ne lui donne pas d'espoir ; il restera aveugle. Le malheur de ce pauvre garçon nous enseigne (= instruit de) la nécessité de soigner11 nos yeux. Il
1 Le pouvoir est la faculté par laquelle on p e u t. 2 Sentir c'est recevoir une impression ou un sentiment. 3 La fraîcheur est le substantif formé de l'adj. fém. fraîche (m. frais) ; cf. Gr., Tf 41. 4 Aspirer a ici le sens de respirer. Respirer, c'est attirer l'air dans les poumons (= la poitrine) et le repousser au dehors. Le poumon est l'organe de la respiration. 5 Le criant des oiseaux est la mélodie qu'ils font entendre avec leur voix. 6 Espoir (m.) et espérance (f.) sont les deux substantifs du verbe espérer (= attendre un bien qu'on désire). L'ancre est le symbole de l'espérance. Cf. P. L., p. 79. 7 Cl p. 25, n. 5. 8 Un ange est un messager du ciel. 9 Cf. p. 13, n. 2. 10 De soumettre, cf. p. 37, n. 7. n Soigner est dérivé du substantif soin = grande attention. Par conséquent soigner, c'est donner des soins, faire grande attention à.
faut prendre soin1 de notre corps.2 Dieu nous l'a donné pour le garder (= conserver) sain.3 Si ce jeune infortuné avait eu plus de soin de ses yeux il n'aurait pas perdu la vue.
De quoi4 les deux enfants parlent-ils? Avant de venir au jardin, la petite fille a lu5 dans un petit livre de lecture6 un conte (= une petite histoire) et maintenant elle le répète7 à son frère. Qu'est-ce qu'un livre de lecture? C'est un livre qui contient une collection de morceaux de prose ou de poésie, pour apprendre8 aux enfants à lire.
Vous avez vu dans la gravure en tête de la leçon un petit oiseau sur une branche d'arbre audessus du garçon. C'est un moineau, et le conte que la petite fille a lu dans le livre de lecture est au sujet d'un moineau. Est-ce que vous savez ce conte vous-même ? Je crois que je peux le raconter.
Si vous voulez me le donner à écrire, je vous serai bien obligé. Il y a longtemps que j'ai le désir d'apprendre un conte français. Eh bien, écoutez, le voici :
1 Cf. p. 58, n. 11. 2 Le corps est la partie matérielle et visible de l'homme ; l'intelligence ou l'âme en est la partie invisible. Le corps est mortel, l'âme est immortelle. 3 Sain est le contraire de malade. 4 Quoi est un pronom interrogatif représentant les choses d'une manière générale ; il signifie quelle chose? 5 Cf. p. 22, n. 4. 6 La lecture est le substantif de lire et signifie l'acte de lire. Ne pas confondre avec le mot anglais lecture qui se dit en français (une) conférence. 7 L'infinitif est répéter. L'é ferme de la seconde syllabe se change en è ouvert quand la syllabe suivante est muette. Cf. Gr., \\ 165. 8 Apprendre aux enfants à lire = instruire les enfants dans la lecture.
Le Moineau et ses Petits.1
n moineau avait fait2 son nid dans le trou (= l'ouverture) d'un mur.3 Il élevait tranquillement4 sa famille. Il aurait été5 bien heureux6 (== très-content) si ses petits
1 Notez que l'adjectif petits est employé substantivement en français pour les jeunes (enfants) des animaux. Ses petits, littéralement : ses petits enfants. 2 Le plus-que-parfait d'un verbe est formé de l'imparfait de l'auxiliaire avoir avec le passé défini du verbe conjugué : j'avais fait, etc. Cf. Gr., pp. 75, 79, 92, etc. 3 La chambre a quatre murs. Les fenêtres et les portes sont dans le mur. Les moineaux font souvent leurs nids dans les trous d'un mur sous le toit. 4 Prononcez trankilment. 6 Le conditionnel passé d'un verbe est formé du condit. de l'auxil. avoir avec le participe passé du verbe conjugué : j'aurais été, etc. Cf. Or., pp. 76, 80, 93, etc. 6 La fortune nous rend heureux et quelquefois contents.
DEUXIÈME LIVRE. Cl
eussent1 voulu l'écouter, mais à chaque instant (= moment ou occasion) ils venaient sur le bord2 du nid. Le pauvre oiseau tremblait3 clans la crainte4 de les voir tomber. Il leur disait5 de rester dans le fond6 du nid, mais ils ne le voulaient point.7 Un jour qu'il était sorti8 (= absent), ils profitèrent de son absence et s'avancèrent tant qu'ils tombèrent à terre. Ils n'avaient pas encore de plumes aux ailes; ainsi9 ils ne purent10 se sauver.11 Un gros chat qui passait par là les vit;12 il n'avait pas dîné, il les saisit13 et les mangea14 sur-le-champ (= à l'instant). C'est ainsi qu'ils furent15 punis de leur désobéissance.
C'est une jolie fable, monsieur. Oui, mon cher élève, cette petite histoire de moineaux renferme une excellente leçon d'obéissance. Mais que
1 C'est une seconde forme du conditionnel pass.' de l'auxiliaire avoir: j'eusse, tu eusses, il eût. nous eussions, vous eussiez, ils eussent. Cf. Or., p. 76. 2 Le bord est ici l'orifice, la terminaison extérieure du nid. 3 Trembler = craindre, appréhender, être agité. 4 Le substantif (la) crainte (= peur) est dérivé de craindre {craignant, craint). Une personne timide a peur ; elle craint. Cf. la note précédente. 5 L'imparfait de dire (cf. p. 11, n. 5) est je disais, tu disais, etc. 6 Le fond est la partie la plus basse à l'intérieur. ' Point est une négation plus forte que pas. 8 Sortir est le contraire Rentrer; c'est aller hors d'une maison, d'une chambre. Cf. P. L., p. 49. Partir est plus fort et veut dire quitter un lieu pour un autre endroit à quelque distance. 9 Ainsi — par conséquent. 10 Le passé déf . de pouvoir est je pus, tu pus, il put, nous pûmes, vous pûtes, ils purent. n Le nom de Sauveur qui est donné à Jésus-Christ est dérivé du verbe sauver. Le Seigneur, dit le Nouveau Testament, a donné sa vie pour l'humanité, il a sauvé le monde. 12 Le passé déf. de voir (cf. p. 11, n. 8) est: je vis, tu vis, il vit, nous vîmes, vous vîtes , ils virent. 13 Passé déf. de saisir, cf. p. 39, n. 3. 14 Mangea est la 3ième pers. s. passé déf. de manger. Dans les verbes en ger, on conserve e après lorsque la terminaison régulière commence par a ou o, afin de conserver le son doux de g à l'infinitif. Cf. Or., •f 164. n Le passé déf. du passif est formé du passé déf. de l'auxiliaire être avec le participe passé du verbe conjugué : je fus puni, etc.
veut dire ce dernier mot, obéissance ? Nos parents, nos maîtres et notre créateur nous donnent des ordres ou des lois; nous leur devons1 soumission ou obéissance. Si nous ne faisons pas tout ce qu'ils demandent de nous, nous leur causons du chagrin et nous sommes désobéissants. La désobéissance est le refus de faire attention aux ordres de nos parents et de notre créateur. La Bible nous apprend qu'Adam et Eve furent chassés du Paradis à cause de leur désobéissance.
Mes jeunes amis, il vous faut obéir en toutes choses à vos parents et à vos maîtres. Pensez (= considérez) toujours qu'ils ne vous défendent2 rien sans de bonnes raisons. N'oubliez pas non plus3 les soins que vos parents prennent pour vous sans cesse. Nuit et jour vous êtes toujours dans leurs pensées. Je doute que les enfants soient4 assez reconnaissants de tant de soins. Les enfants devraient contribuer au bonheur (= à la félicité) de leurs parents par leur tendresse, par leur respect, leur reconnaissance et mille autres vertus. N'oubliez jamais le quatrième commandement:
" Honore ton père et ta mère, afin que tu vives5 longtemps sur la terre/'
1 De devoir (devant, dû) = être oblige. Cf. Or., pp. 103 et 105. 2 Défendre (= interdire, prohiber) est le contraire de permettre. 3 Non plus est la forme négative de aussi ; c-à-d. que dans une phrase négative aussi se transforme en non plus. 4 Soient est au subj. à cause du verbe je doute. Les verbes de doute, de crainte, à' appréhension gouvernent le subjonctif. Cf. Or., 1| 000. 5 2ième pers. sing. subj. pr's. du verbe viwe (vivant, vécu). Cf. Or., T 187. Là conjonction afin que gouverne le subjonctif.