‹ Second mémoire relatif aux anciens colons de Saint-DomingueChapitre 12 sur 18 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Des fonds nécessaires.

Il s'en faut de beaucoup que les premières avances et les mises de fonds pour cet' établissement à la Guyane, doivent être aussi considérables, qu'elles ont été nécessaires pour les autres colonisations , fondées siir le travail des nègres; car les premières acquisitions de ceux-ci ont exigé dès le commencement des capitaux excessifs, dont les nouveaux Colons seront dispensés ici (i); de manière qu'ils n'auront besoin de faire que les frais de leur première installation , de la construction de leurs habitations , de leur ameublement , de leurs ustensiles aratoires , etc. , etc. : frais indispensables dans tout nouvel établissement, dans tel pays que ce puisse être , et qu'il leur fallait faire ailleurs , en sus des premiers.

Il n'auront donc besoin pour la première année

(i) M. Malouet dit : « Que les fontîs, qui sont employés à l'achat des nègres , pourraient être l'aliment d'une iïïdustrîe plus louable et plus productive ». Vol. V, p. i6l.

( 90 que de sommes très-médiocres; et aussitôt que leur première installation et leurs premières plantations seront faites , ils n'auront plus que lés dépenses courantes et journalières à faire ^ dont les principales seront sans doute le salaire de leurs cultivateurs et ou-' Yriers. Gelles-ci rentreront probablement avec usure dès la première époque , vu que ce pays neuf offre tant de ressources variées de toutes espèces, que dès le commencement on peut déjà en tirer un très-bon bénéfice 5 et s'acquitter d'une partie des avances faites , en attendant le produit des grandes cultures : ce bénéfice se trouvant constamment dans une proportion graduellement croissante , avec les déboursés journaliers, /

Il ne faudra conséquemment plus de ces grandes compagnies exclusives, ruineuses, pour en former la première base; et chaque Colon, suivant le crédit que lui donnera son industrie, sa loyauté, son intel* ligence et sa capacité, trouvera aisément des capitalisa tes disposés à lui faire autant d'avances , qu'il lui faudra, lesquelles seront acquittées à fur et mesure que le produit de ses exploitations lui sera rentré f ainsi que le font nos fermiers.

Les conditions de ces emprunts pourraient être faites , telles que je les ai indiquées dans mon premier Mémoire, ou telles que chacun des contractans les trouverait les plus avantageuses. Les légers frais que le Gouvernement y mettra , pour l'assainissement de lair, et pour les autres travaux puî:>lics , nécessaires

dans tout pays qui doit être habité , ,et dont il veut tirer quelques avantages; ces légers frais, dis- je, lut rentreront au centuple dans la suite , par la nouvelle vie, que cette colonisation imprimera à tout le corn- Inerce français, l'accroissement des richesses nationales , la circulation beaucoup plus étendue de toutes nos productions françaises, soit territoriales, soit manufacturières; et les droits de tous les genres , que cette grande circulation ferait entrer dans le trésor public, dans tous les siècles futurs.

(Ainsi cette grande difficulté, qui se présentait toujours sous une forme gigantesque , disparaît de même que toutes les autres; et rien ne s'oopose plus à la prompte réussite de cet établissement, qui fera une époque mémorable dans notre histoire , et éternisera autant la gloire de notre auguste Monarque , qu'il donnera une perpétuité sans bornes, à notre prospérité nationale.

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