‹ Second mémoire relatif aux anciens colons de Saint-DomingueChapitre 6 sur 18 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Be la Purification de l'atmosphère.

Le premier point indispensable pour la colonisation de ce pays, est ràssainissenient de Fair; car il faut, que celui-ci soit purifié avant que les Colons s y établissent, sans quoi il en périrait un grand nombre , avant que ce but ne fût atteint , au grand détriment de ce nouvel établissement 5 et de son succès. Il serait donc nécessaire , que le Gouverment daignât venir au secours dés planteurs, et leur facilitât cet assainissement par des moyens très-simples , et peu coûteux , que lui seul pourra faire exécuter.

C'est par ce défaut de précautions , que les autres colonisations ont été si tardives à faire des progrès ^ et qu'elles ont compté dans les commencemens tant de victimes : car si, avant d'y demeurer, on n éclaircit pas ce pays , et qu'où ne le purge pas de toute rhumidité méphitique, cachée dans Féjîaisseur des forêts , les premiers l)abitans qui , abandonnés à euxmêm^s , soiit obligée de faire successivement et lea-

tement cette opération , parleurs seuls bras, tombent malades et périssent, avant qu elle soit faite , et avant que l'air soit suffisamment épuré de tout le méphitisme, qui s'exhale ordinairement de tous les terrains longtemps pénétrés d'humidité.

Cette opération est encore nécessaire sous le rapport de h Justice; car, comme les droits de ces Colons (de Saint-Domingue) sont égaux à leur prospérité; ceux, à qui des propriétés situées dans des terrains sets, tomberaient en partage, seraient mieux avantagés, que ceux qui en recevraient de placées au milieu de bois immenses, impénétrables, et infestés de reptiles monstrueux , ou d'autres animaux venimeux^ lesquels ne pourraient être détruits qu'à la longue. Ainsi, pour rétablir la balance , en faisant disparaître ces forêts, et en aplanissant le terrain , ces derniers possesseurs jouiraient tout de suite des mêmes avantages , que les premiers.

Sans ces secours, il se passerait peut-être encore grand nombre d'années, jusqu'à ce que , parleurs propres forces , ou p^r .leurs ouvriers , (qui ne voudraient peut-être pas y travailler), ils fussent parvenus à vaincre tant d'obstacles physiques , qui ne seraient jamais surmontables , qu'avec beaucoup de danger.

Or, pour assainir l'atmosphère du pays ; le premier point indispensable est sans contredit la destruction de toutes ces forêts superflues , immenses , incompatibles avec la culture, qui forment obstacle à la libre circulation de l'aii-^ et qui, inaccessibles aux doux.

( 4i ) rayons du soleil , et à son influence bienfaisante , empêchent le dessèchement des bas-fonds : faute de cette influence , l'humidité a resté enfermée et concentrée de temps i7nmémorial entre les feuillages, y a pris par là un caractère méphitique, et a attiré et nourri une grande quantité de reptiles venimeux, qui se plaisent dans ces endroits marécageux, les infestent, et rendent conséquemment leur approche dangereuse.

Mais pour détruire ces forêts reconnues, par le conseil des ingénieurs , comme superflues ou nuisibles , l'abattage par la hache , serait sans doute le moyen le plus simple et le plus usité; cependant, vu l'extrême longueur du temps, et l'immense quantité d'ouvriers et d'ustensiles nécessaires , ( qui sont difficiles a trouver dans un pays inhabité), que cette grande opération exigerait , pour être fait'fe dans le plus court délai; vu de plus, les périls pour ces ouvriers, dont elle serait accompagnée; puisque la plupart en deviendraient les victimes, soit par les exhalaisons * malfaisantes de la terre, soit par les blessures de ces animaux; il paraît démontré, que cette méthode est impraticable.

Le moyen le plus simple , le plus prompt et le moins dispendieux , pour pouvoir jouir de ces terres, couvertes debois antiques, avec le plus de sûreté et le plus promptement possible , sera donc de mettre le feu à ces derniers, avec le discernement, dont nous parlerons ci-après.

Mais l'opération d'y employer le feu , demandera

encore quelques légères précautions ; car si les bois otr les portions de bois nécessaires à i'usage de chaque habitation touchaient de trop près celles qui seraient destinées à être incendiées, il faudrait en faire une séparation préliminairCj en faisant abattre, moyennant la îiacbe, une portion intermédiaire assez grande pour qn'ancîin vent ne pût y faire atteindre la flamme.

Ces abattis seraient jetés dans les bois condamnés pour y être consumés , ou seraient enlevés suivant l'avis des ingénieurs^

La largeur de ces- tranchées de séparation serait proportionnée à l'étendue de la circonférence de ces bois condamnés , et à l'intensité du feu , qui naîtrait de leur combustion..

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