ARTICLE II
De P Enlèvement du méphitisme.
Il est notoire dans les sciences , que le meilleur purificateur de Fair estle^^^^ lequel attire les vapeurs tes plus putrides, et les entraîne dans son ascension vers la partie supérieure de l'atmosphère : il corrige et amortit de plus , le caractère délétère de celles qui sont trop pesantes pour être entraînées, et il les dénature pour ainsi dire (i).
Les miasmes les plus virulens s'enlèvent par un feu
( 1 ) Et peut-être pourrait-il servir en beaucoup de maladies «outagieu«^s , (telle par exemple, que dans la fièvre jaune) ?
tioîent et soutenu, et ces ineendles des forêts pourront suffire conséquemment pour pomper et dessécher toute Fbumidité méphitique , dont la terre est imprégnée, peut-être à pUis d'un pied de profondeur; humidité, qui y a été portée par les eaux de la phiie, croupies par leur long séjour dans ces forêts touffues, et les débris des plantes qui y ont pourri; et qui exhalent des Tapeurs, dont Tinfection est exaspérée par l'excessive ardeur du climat ;^ n'ayant pu être enlevées parla vertu raréfiante des rayons solaires, combinés avec l'action; de l'air et des vents.
Ce méphitisme, caché dans Y intérieur de ces terres, n'en aurait, (à ce qu'il me se nible), jamais pu être enlevé aussi facilement, par tel autre moyen que ce soit. Ces feux terribles ne purifieront pas seulement l'air aux endroits sur lesquels ils agiront immédiatement, mais ils ailireront aussi toutes les vapeurs malsaines et méphitiques , qui se trouvent répandues à une trèsgrande distance à la ronde; de. manière que, par ces incendies successifs et multipliés, la plus grande partie des cantons destinés à être habités, pourra être assainie^ Si ces feux ne suffisaient pas pour enlever complètement tout le méphitisme renfermé dans l'intérieur de ces terres, jusqu'à une certaine profondeur; on les laisserait encore exposées pendant un ou deux ans (suivant leur position) à l'ardeur du soleil combinée avec l'action libre de l'air ^ afm que les cultivateurs les trouvassent dans la disposition la plus parfaite; et ee grand inconvénient aurait alors cessé pour toujours^
puisque ces deux éîëmens réunis, les conserveraient
constamment dans ce même état.
Un autre avantage inappréciable de ces incendies,
est la quantité prodigieuse de cendres qni se forme-*
raient par leur moyen; lesquelles, par leur principe sahn, donneraient un excellent engrais, qui augmenterait encore davantage la fertilité de ces terres vierges : de même que dans nos contrées les jardiniers et les fermiers ont l'iiabitude de brûler les débris des végétaux sur leurs terres , afin de s'y procurer un engrais non coûteux.