‹ Second spicilegium de quelques monuments écrits, ou épigraphes des ÉtrusquesChapitre 3 sur 6 · LARDS · texte numérisé non relu

LARDS

24 INSCRIPTIONS âTRUSQUKS.

des deux frères Thëbains , Étéocle et Polynioe (1) > dans laquelle étaient renfermées les cendres d'une

fl2V3J : flnV+ : J=i

(tel : tunà : leusa || làrcesa.)

c'est-à-dire d'une Velia Tunia (ou Tonia) (2), ou bien aussi Attonia{i) Lusia (?) Larct (uxor) (4), et je m'empresse plutôt de rappeler avec satisfaction que mes recherches et mes investigations par rapport aux monuments de Pérouse ne furent pas sans quelque résultat dans ce musée. Trois urnes cinéraires avec des bas-reliefs d'un certain intérêt, provenant de ma ville natale, se présentèrent à mes yeux dans ces salles, et je suis d'avis qu'on doit rattacher à la même source une quatrième^ dont je parlerai également, en rectifiant, pour ce qui regarde ces monuments, les publications que Yermiglioli en fit jadis; rectifications du reste qui ont déjà pris leur place parmi les matériaux que j'ai sous la main pour la quatrième Partie dont je m'occupe, des monuments de Pérouse étrusque et romaine.

Je commencerai par le monument appartenant à la famille étrusque des Titii Vesii^ dont les légendes funéraires tirées d'un seul tombeau trouvé près de Pérouse en l'année 1667, sont toutes réunies, sauf celle dont nous parlons ici, dans le riche Musée de Pérouse (5). C'est une urne en pierre (travertino) sur le couvercle de laquelle est à demi couchée une figure d'homme avec un canthare dans la main

(1) Gerhard, Verzeiehniss, p. 121, n. 517.

(2) Cf. Bull. Inst de Rome, iSftO, p. 8, et dans oe Mémoire $ XVI.

(3) Peat-ètre tura = (a) titra.

(4) Cf. LBDNBi =LumA; LB08A ostsur UDO autro orne deClasiom (V. Iseriz. Fior. Appendice^ n. 69, p. 271). Cf.- lovsni = Lusius, chez VermigUoli, IscrU, Fer,, I, 229, n. 133. — M. Janssen dit avec raison que le nom de famille tdiia est rare (1. c, p. 80, n. 2), car d'après ce qu'il me parait, cet exemple n'a de comparaison qu'avec LAR LARa TURO d'une inscription de Pérouse, pour laquelle Je dois m'en tenir à la leçon de VermiglioU (Iseriz, Per., p. 306, n^ 356). Et on doit remarquer le rapport entre l'inscription dont nous parlons, où l'on a le souvenir d'une tdra, femme d'un Largius^ et cette autre inscription de Pérouse où nous trouvons un Largius, qui probablement avait pour mère la personne dont il s'agit ici (tond = turu(al) peut-être.

Je crois que cette inscription était inédite avant que le savant archéologue de L^de ne la publiât dans son Rapport.

(5) VermigUoU, hertz, Perugine^ I,p^ 180^ n. 47-54.

INSCRIPTIONS iTlUSQUSS. 2K

droite, et une couronne mortuaire, formée à l'imitation de plaques métalliques» dans la gauche (1). L'inscription est ainsi conçu :

(au : TiTB : L : vbsi : mànul : clan :)

qu'il faut expliquer Aulm Titius Lartis (Blius) Vesius Maniae {i)natU8, ou $ génère (3). A cause de l'inexactitude de la leçon de Yermiglioli, que d'ailleurs je n'avais pu vérifier encore, je me trompais h mon tour lorsque je citais la forme manisl (comme récrirait mon vénéré mattre, au lieu de manial), par comparaison aux formes matronymiques TETALS^ TARiLs, PAGiALS, ctc, d^autrcs monuments (4). » Le basrelief de Fume se trouve publié parmi les planches de Dempster (5), de Gori (6), de Passer! (7), et brièvement mentionné par le savant archéologue de Pérouse rappelé tout à l'heure (8). Ces publications n'étant pas bien exactes, il ne sera pas tout à fait inutile de le décrire, de nouveau, d'après l'original. Au centre -du bas-relief est un cavalier contre lequel s'avance un personnage (une femme, diaprés ce qu'il me paraît), armé d'épée, et qui prend la bride droite. Il a une tunique, et pose une jambe sur l'épaule d'un homme en tunique également et ayant quelque chose dans les mains qui ne peut être bien reconnu ; cet homme est déjà tout à fait renversé contre la terre et mourant sous la jambe droite du cheval au galop. Derrière la figure qui me semble être une femme, nous voyons un guerrier avec chlamyde, qui saisit par la tète un autre personnage vêtu aussi de la simple chlamyde , vaincu et terrassé déjà à ses pieds, pliant le dos sous le poids de son vainqueur qui s'appuie sur

(1) Gerhard, Verxeichniss, n. 516.

(3) Plusieurs exemples d*inscriptions avec ce nom de famille nous sont offerte par les monuments de Pérouse, de Toscania et des Falisques. V. Vermiglioli, ouy. cit., p. 330, n. 32. Mon. di Per. Etr. e Rom.^ Uî, p. 88, n. CLXXIII. Garrucci, Scoperte Faiisehe dans les Ann. deW InsHtuto archeol, de Rome^ 1860, p. 274. Giom, Àrcad,^ CXIX, p. 337. n. 33.

(3) Cf. Vermiglioli, out. cit., p* 106. Janssen, Rapp. cit., p. 32, n. 9.

(4) Mon, Pér., III, p. 162. — Iscriz, Etr. Fior,, Pref,, p. Lxv.

(5) De Etr, Régal., tab. LXVIII, n. 1.

(6) Mus, Etr,, Ub. GXXXVI.

(7) Paraiip, adDempst,^ 108. ~ V. aussi BulL inst, 1850, n. 7, p. 154.

lui et lui prépare peut-être un coup de parazonium. Une autre figure d'homn^e renversé déjà et touchant le sol avec la tête, se présente au-dessous du cavalier, dont la jambe droite est précisément posée sur sa téte^ qui par conséquent se trouve serrée entre le sol et la plante du pied du même cavalier. A gauche, un guerrier barbu, avec chlamyde, prend par les cheveux le personnage à cheval qui se tourné vers lui, et il paraît dans l'attitude de vouloir le tuer avec une arme qu'il devait avoir dans sa main droite, et qui maintenant n'existe plus. Le cavalier, les pieds et la tête nue, porte une cuirasse à écailles avec des bretelles. La scène est pleine de vie et ne manque pas d'intérêt. Le savant docteur Brunn, en entretenant les lecteurs du Bulletin Archéologique de Rome^ des monuments figurés en pierre, provenant de Pérouse, parlait aussi de cette urne d'après les publications qu'on en a faites, car il ne se souvenait pas où se trouvait l'original, et, en soumettant à un excellent classement lesdits monuments, il pensait avec raison pouvoir leur donner une place parmi les productions de l'art étrusque qu'on doit rattacher au mythe de Troïlus, et à la mort de ce malheureux fils de Priam par les mains d'Achille. On pourrait remarquer à ce propos que l'action de saisir par les cheveux le succombant se répète souvent dans les représentations de ce fait héroïque par l'art étrusque, de même qu'elle se retrouve plusieurs fois dans les' différents groupes de combats entre les Grecs et les Amazones, représentés sur les monuments (1).

Digne d'attention, quoiqu'il soit un peu abtmé par le temps, semble aussi le bas- relief de l'autre urne de Pérouse, en pierre, dans le centre de laquelle nous voyons un cavalier barbu, avec cuirasse à écailles et chlamyde, qui, passant au-dessus du corps d'une femme demi-nue et couchée (représentant une divinité locale^ avec le dos tourné du côté du spectateur, se précipite contre un enfant nu figuré à droite. A la défense de celui-ci, nous voyons s'avancer un homme avec tunique et chlamyde attachée par une fibule sur Tépaule gauche , dans l'attitude de repousser vigoureusement avec l'épée élevée (à présent perdue) dans la droite, l'attaque du cavalier. Celui-ci, de son côté, est retenu par deux Furies, dont l'une, derrière, lui saisit

(1) V. entre autres, Blinerrini dans le BuH, arch. liai., I (1862), p. 162. — Gori, Mus, Etr,y Tay. 136. — CoDze dans les Ann, Inst, de Rome^ 1861, p. 336.

INSGRIPTIONS ÉTMSQUBS. 27

le bras droit, et lui paralyse les mouyements de la main; par conséquent, autant que les dégâts soufferts par le monument permettent de l'entrevoir, le héros qui voulait Téloigner de lui, ne sachant pas comment s'en débarrasser ( probablement par la force surnaturelle dont ces personnages étaient investis), semble vouloir s'en vengçr en la saisissant fièrement par les cheveux, tandis qu'il se sert de sa main gauche, soit pour saisir, soit pour manier une arme dont il était encore en possession, soit pour ne pas abandonner la bride de son cheval, dont une autre Furie, placée entre le cavalier et le dé^ tenseur de l'enfant, est dans l'attitude de vouloir s'emparer. A Textrémité gauche, la scène se termine par la figure d'un homme avec chlamyde, dont la tète est perdue de même que la moitié de la jambe droite du cavalier, un des bras d'une Furie, et quelque autre partie du bas-relief. Les deux Érynnis sont habillées d'une manière moins commune, c'est-à-dire avec tunique courte et relevée autour des reins, et cothurnes aux pieds, nues dans le reste du corps.

M. Gerhard, en décrivant ce bas-relief (l), dont j'ai pu établir la provenance de Pérouse avec certitude à l'aide de la seule inscrip*» tion, s'abstient de donner une explication du sujet, qui est intitulé par lui : Scène de bataille. En le rapprochant de plusieurs autres monuments étrusques qui représentent, sans contestation, Achille au moment où il va égorger Troïius, j'oserais proposer de rattacher cette urne au môme événement traité ici avec une remarquable vigueur d'action, et surtout dans les deux figures du cheval et du cavalier. — Sur le couvercle est couchée une figure d'homme avec couronne, collier en laine, et dans la main droite une patère renversée, ornée de petites palmettes à bas-relief. L'inscription qui en conserve le souvenir est la suivante :

(VEL : mulevimehnatial) Yelius Mulvius Mecenatiae (filius) (2). Yermiglioli, dans ses Leçons

(1) Verzeichniss^ n. 533, p. 1Î6-127.

(2) n faut remarquer dans le premier élément du second mot^ selon qu*il me parait plus probable, un monogramme avec la valeur de la syllabe mu, et le lecteur ne doit pas s*étonner si une combinaison graphique qui lui ressemble, a été ailleurs dans ce mèn^e Mémoire (§ VI} lue^ quoique dubitatiyen^ent, comme nd. On pourrait aussi.

d'archéologie (1), lisait muenatial, tandis qu'il y a réellement MEHNATiAL, 06 Qui rend rinscription plus curieuse à cause des rapprochements avec d'autres monuments de Pérouse qui rappellent le nom des Uecenatii. Nous avons parlé de ceux-ci ailleurs (2), et, en montrant alors combien il était conforme aux pratiques de récriture étrusque de substituer l'aspirée A, et la dentale th à la gutturale c, que nous croyons reconnaître dans ce nom de famille, d'après la manière dont il nous est présenté par les différentes épigraphes sur lesquelles il se retrouve : nous en tirions la conclusion que ce nom de famille était en réalité exprimé dans les formes METLNE et HETHLNAL dcs inscriptious étrusquos d'Arretium, de la famille Cilnia. Ainsi, nous avions une explication complète des deux noms du grand Cilnius Mecenas; ce dernier se rapporterait à la mère, et en lui rendant sa forme étrusque, il passerait par les variantes, qui suivent, dans le nominatif masculin hethlne = methne = megne

d'après quelques exemples, lire 'su, en lisant ledit monogramme comme V M > ^^

pf ayant généralement la valeur de sifQante chez les Étrusques. Cependant à côté de cela, nous voyons dans plusieurs cas évidents comme celui-ci, la lettre m, comme dans l'alphabet dorico-corinthien des vases archaïques grecs (Jahn, Beschreibung der Vasen zu Mûnchen^ n^. 211, Tav. V. — Ann, Inst. de Rome, 1842, p. 40 et suiv.) sous la forme M , ou à peu près, se réunir à Tt, ou à Vu suivant d'une manière identique à celle qui se présente dans cette inscription (par exemple^ md chez Vermiglioli, Iscriz. Perugine^ p. 158, n. 20, dans le mot numuma's (notre recueil, n. 341).— Fabretti, Gloss,, s. v. (et ici § VI), sur un vase du musée de Pérouse dans le mot LOCHDMDNES (uotro recuoil, n. 964, 4* partie), et mi dans la Revue archéologique, 1861, p. 442-443> 2* semestre (mi anthb). C'est d'après Taspect général du mot qu'il faut Juger, lorsqu'une forme graphique met dans rembarras, pour choisir entre plusieurs valeurs. Il en est ainsi, par exemple, dans cette môme inscription de l'initiale du mot mbhnatial, qui, malgré sa ressemblance avec une forme expliquée ailleurs pour mi, représente ici sans contestation^ la valeur de m (Cf. au § IV de ce Mémoire, le mot meclastal, ou meclasial dans rinscription (n. 1 de la pL lithogr.), du sarcophage du musée Britannique).— En revenant au mot mdlbvi (qui était expliqué de la même manière par Vermiglioli), quoique sa terminaison soit en t, je le traduis en sens masculin à cause du personnage figuré sur le couvercle. D'un autre côté, on a plusieurs exemples de l'usage de cette terminaison aussi pour le nominatif masculin.—" Mulvius est un nom de famille connu chez les Romains^ et c'était le nom du pont (comme tout le monde sait) au commencement de la Via Flaminia, tout près de Rome (Tac. Ann, XIII, 47). Je ne me rappelle dans ce moment-ci aucune autre comparaison dans les inscriptions étrusques^ sauf l'inscription de Clusium de la famille il ci7m, vel : adld: mdlevinal (Mus. Chiusino^ n. 5), d'après le supplément des trois lettres intermédiaires par M. Migliarini (md(lev)inal). Dans celle-ci cependant, la leçon n'est pas aussi claire que dans la nôtre (Cf. mdlvene d'un vase, Fabr.,s. v.).

(1) II, p. 185. M. Janssen l'a publié à la page 31, n. 7 du Rapp. cit.

(2) Mon, Perug,, III, p. 132^133. — Iseriz, Etr. Florentine^ Pf^f'» P. lxxvi-lxxvu.

INSGBIPTIONS ÉTRUSQUES. 29

(= Maeceniuê)^ dans le féminin methlnà = methna (= Maecenia)^ MBHNATi {:=Mecenatia); — génitif mehen aies, methnatis (=Jf^cenatis)^ etc. (1). Avec ce que j'ai exposé alors, et spécialement avec le MEHNATi d'un autre monument de Pérouse se trouve parfaitement d'accord la forme mehnatial de notre inscription, par laquelle vient à élre augmentée la série des monuments funéraires sur lesquels nous trouvons mentionnée cette famille célèbre. Et il m'est permis de supposer avec probabilité, en la rencontrant principalement sur des monuments de provenance pérousine, que non-seulement elle eut dans notre ville des liens très-étroits de parenté^ mais qu'après tant de siècles il faut rendre à Pérouse l'honneur d'avoir été la demeure principale ou le berceau de la famille maternelle du grand Cilnius (2). En effet, il me semble, à la suite d'exemples réitérés, voir se confirmer toujours de plus en plus ce que je rappelais tout à Theure, c'est-à-dire que le nom de Mecenas se rattache, chez ce personnage, à la mère, et que par conséquent les Étrusques admis à faire partie de la société romaine eurent la coutume d'employer et arranger comme cognomen le nom maternel, sans que pour cela j'aie jamais cm nécessaire d'établir (selon qu'on pourrait conjecturer des paroles du savant Fabretti) (3), que nos ancêtres se bornassent uniquement à cette pratique pour atteindre le complément des tria nomina à la manière romaine (4).

Enfin, cette série de monuments avec ce nom de famille pourrait affaiblir peut-être les conjectures du savant M. Maury, qui, dans le nom Mecenas (identique probablement à Mezentius, selon lui)

(1) Cf. Fabretti^ s. vv., mehnati^ mehnatis, mbthliia, iibthlnal, mbthlnb.

(2) n y a une obsenration à faire à l'appui de ma thèse, observation qui ne manque pas d'intérôt et peut-être de valeur. On sait que Varron dérivait ce nom MaecenaSy ainsi que d'autres, de quelque endroit (L. L, VIII, 84); il devait venir (ajoute Orioli, Album de Rome, 1852, p. 303-30A), de quelque lieu habité dont la dénomination à peu près aurait éié Mecena^ et pour concilier cela avec la patrie du fameux Maecenas (Arretium), le même savant s'arrêtait avec la pensée à l'endroit nommé Migiano (en Toscane). Or sans confondre les Cilnii avec les Mécénat ii, on peut laisser les premiers à Arretium, les seconds à Pérouse, dont les environs nous présentent pour deux localités différentes le nom de Migiana, qui peut bien se rattacher, conformément aax paroles de Varron, au nom de la famille dont nous parlons. Il en est de même, par exemple, du nom papania, qu'on rencontre sur des inscriptions funéraires également de Pérouse, dérivé du nom de famille Papia, auquel nous devons rattacher le fimdus Papianus, c'est-à-dire le nom de Papiano^ village assez grand dans le territoire de ladite ville (V. Fabretti, Gloss.^ s. v., papania, p. 1324).

(3} Dei nomi personali pressa ipopolidelV Italia antica, p. 12. (4) V. Préf, aax Iscrùt, Florentine, p. lxxviii et suiv.

30 Inscriptions étrusques.

entrevoyait un titre signifiant fils de chef, de roi (mac-cean, mâc- CEANNAs) par rapprochement au gaélic cean, qui veut dire chef^ tête (1).

Un autre monument de Pérouse, du même genre^ passé également au Musée de Berlin, fit partie jadis de la série des monuments funéraires de la famille étrusque Venetia^ découverts en 1802, et existants tous aujourd'hui dans le Cabinet archéologique de la même ville d'Italie. L'inscription gravée sur la base de l'urne a été publiée avec une exactitude presque complète (sauf que les mots sont, sur l'original, séparés par deux points) par Vermiglioli, qui, après avoir parlé de cette découverte dans une lettre à l'abbé Furlanetto, publia de nouveau ses explications dans l'ouvrage sur les /iwcnp^toiw de Pérouse (2). Il me semble par conséquent inutile de la reproduire ici, et je me borne à rappeler qu'elle contient le souvenir d'une Lartia Anfonia, ou Apponia (hamphna) (3), fille d'un Aulus^ et du côté maternel liée en parenté avec la famille dont nous avons parlé, c'est-à-dire la Venetia (4).

Au lieu de parlerdë l'inscription je parlerai du bas-relief, dont l'archéologue de Pérouse ne donne qu'une idée générale et peu claire, et qui, malgré ses dégâts, dès qu'il tomba sous mes yeux, me parut se rattacher au fait de Pélaps et Myrtile^ c'est-à-dire à la mort d'OEnomaûs, opinion que j'ai vu se confirmer avec beaucoup de satisfaction par l'autorité de M. Gerhard^ lorsqu'ensuite j'ai pris en main son excellent catalogue (5). Une figure de femme, à gauche, avec tunique rétrécie, s'élance contre un vieux barbu avec tunique sans manches^ et baudrier jeté par terre, et dans l'attitude d'implorer la pitié de la femme qui sévit contre lui; de l'autre côté on voit également une figure de femme (avec de petites ailes aux tempes, probablement une Erinnys) qui tourne le dos au regardant, avec tunique rétrécie sans manches et un petit manteau qui paraît autour de son bras gauche

(1) Mém, cit. dans les Compt. rend, de T Académie pour l'année 1858, p. 175.

(2) Opuscoli^ IV, p. 63. — Iscrtz, Perugine^ I, p. 257 et soi?., n. 202-210 et pour notre inscription le n. 205^ p, 260.

(3) Cf. Fabretti, s. v.

(4) M. Janssen Ta donnée aussi dans son Rapport à la p. 30, n. 3.

(5) N<> 515, p. 119. — Pour citer quelques-uns des principaux monuments relatifs à ce mytltf , Je rappellerai an lecteur VArch, Zeit de M. Gerhard, 1855. Taf. LXiauxxi, p. 82-09, no 79, 80, 81, A. (Gerhard, Sarcophages de Paris, de Mons et de Yoiterre.)

et revient par derrière autour des reins ; celle-ci ausëi est dans l'attitude de prendre part vivement à la lutte qui s'est engagée, et tourne son regard vers un autre personnage qui est à sa gauche, dont le visage est perdu par les dégâts que le temps a causés au b. r. A l'extrémité droite de la scène sculptée on voit, renversée à terre, une autre figure, privée de la tète, à côté de laquelle se présente une tète de cheval dont elle tient en main la bride et les rênes; une seconde tête de cheval, avec un autre guerrier tombé à l'arrière, parait inférieurement au centre du groupe, ainsi que les restes d'une autre tète entre la Furie et la figure qui est à sa gauche, dont un pied, chaussé de cothurnes, pose sur le bouclier et sur le ventre du personnage mentionné^ étendu sur le sol. Les deux côtés secondaires de la même urne sont ornés de bas-reliefs qui sont en relation avec la représentation du front; à gauche est une femme avec longue tunique sans manches et manteau flottant qui se déploie en forme d'arc autour de sa tête, et qu'elle tient avec les mains; le pied nu, de même que la jambe gauche, elle est dans l'attitude de s'avancer, d'une manière franche et remarquable au point de vue de l'art, du côté opposé à l'endroit où l'action principale se passe, et vers lequel cependant elle tourne le regard. Au côté droit du front du monument, on voit une figure de femme avec une simple ceinture autour des reins, armilles à la partie supérieure du bras et aux poignets, et manteau qui la couvre, seulement à partir des cuisses; elle tourne à moitié le dos nu vers le spectateur et s'avance avec la droite élevée vers un personnage du groupe central, dont il ne reste que le bras arn^é du parazonium, et qui avait Tair d'aller à sa rencontre en s'éloignant de la scène principale.— En nous montrant une particularité, dont on n'a pas de fréquents exemples, la base de cette urne mérite une mention spéciale, ornée comme elle est à bas-relief, avec élégance, de rosaces et de peltes ou boucliers d'amazones qui s'alternent; au centre est une roue cassée et détachée du char qui devait entrer ou doit être sous-entendue dans la représentationdu bas-relief principal supérieur. On a voulu avec cela jappeler la roue que le perfide Mirlyle négligea, à dessein, de fixer à l'essieu par la clavette; d'où résulta la chute et la mort du roi d'Elis, qui devait amener Pelops à l'accomplissement de ses amoureux désirs, et de son union avec la belle Hippodamie, destinée d'avance comme prix de la victoire sur le père malheureux de •celle-ci. — Deux figures, l'une d'homme, avec patère dans la main et collier en laine; l'autre de femme, avec collier d'un autre genre, sans tète toutes les deux par effet des injures de§ siècles^ sont à demi

as maonpTtONS tfmirsQOEft.

conchées sur le convercle; mais ce couvercle, par suite du mélange occasionné par le transport et le placement dans le Mosée de ces restes monumentaux de Tart étrusque, esl-on bien sûr qu'il appartienne originairement à l'urne décrite tout à l'heure, d'autant plus que l'inscription nous ayant laissé le souvenir d'un seul défunt, semble écarter l'idée que ladite urne fût bisome comme on dit, à savoir qu'elle fût destinée à contenir les cendres mortelles de deux individus, ce que le couvercle avec deux figures ferait supposer pour le récipient qui devait lui être associé au moment de la découverte ?

Par Tensemble des noms de famille que nous y rencontrons, plutôt que par son association h une urne, qui de Pérouse est allée dans ce môme Musée (car, comme je viens de le dire, il y a eu très-souvent confusion et mélange dans le transport et la disposition des monuments de ce genre), je suis disposé à mettre aussi au nombre des monuments péroysins le couvercle avec figure de femme étendue dessus, privée par le temps de la tète et du bras droit, avec une feuille dans la gauche (1) ; auquel se joint une inscription qui m'a semblé clairement et entièrement telle que la voici :

(SAUTURINI ... VESTNA's .VELTHURNAL . 'SEC) (2)

Le nom des Saturinii ou Satuminii^ qui peut nous faire conjecturer une dérivation du nom de la ville étrusque de Saturnia (3), se retrouve, d'après ce que je me rappelle, au moins dans sept inscriptions de Pérouse : deux déjà connues par les Inscriptions

(1) Cf. Verzdchniss de H* Gerhard, no 525, qai ne pàrlo pas du tout de sa provenance.

(2) Cr. Janssen, Rapp, cit., p. 31, n. 6.

(3) Dennys, The cit and cemet ofEtr.^ 11^ 318, m (2). Nons avons déjà rencontré, et noas rencontrerons encore plus loin dans ce Mémoire des preuves de ces relations entre les çoms de famille et ceux des différentes vUles ou localités plus ou moins connues de TËtrurie. Je rappellerai aussi dans cette occasion les noms cakna, cipzif AS, CAPZNBi, cAPiNi-Capenûz^, et Capenia tirés très-probablement du nom de la ville étrusque bien connue, Capena^ du côté de Rome (V. Bull, n, 3, des fouilles de la S(h ci^^ colombarienne de Florence, p. 17 de l'extrait de VArch, stor. Italiano de Fl(^

iNdCRIPTIONS JÉTRUSQtES. d3

de Yermiglioli (dont la leçon n'est pas bien exacte cependant), comme appartenant à Thypogëe de la famille Tlabia (1), et cinq autres qu'on trouvera aux n°* 597 et 908-911 de notre recueil ëpigraphique qui viendra à se compléter, comme nous avons dit ailleurs, avec la 1Y« partie (encore inédite) de nos Monuments de Pérouse. Nous nous bomons à les donner ici pour qu'on puisse les comparer à celle que nous venons de publier :

Page 1