‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 55 sur 86 · CXXIV · texte numérisé non relu

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attaqué deux fois par un crocodile , et se sauva par une présence d’esprit extraordinaire , quoique ce ne fùt.pas sans plusieurs blessures trèsgraves. Cet accident arrêta la caravane pendant plusieurs jours , et augmenta les nombreux retards qui avaient si malheureusement nui à l’expédition.

Plusieurs soldats étaient morts pendant le voyage, et le 6 juillet, tous ceux qui compo- * saient la caravane étaient, à l'exception d’un seul , ou malades ou dans un grand état de faiblesse. Cependant Park avait encore des difficultés considérables à éprouver , en traversant ^ un pays où il était obligé d’être constamment en garde contre les déprédations des habitans , et par fois contre les attaques des bêtes féroces. Dans une telle situation , il n’est pas surprenant que le petit nombre de soldats dont la maladie n’avait point détruit les forces, songeassent à rétrograder; ce fut avec des peines infinies que Park put leur persuader de continuer leur

Digilized by Goc^le

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marche. Après une continuité de souffrances et de dangers tels que peu de voyageurs en ont éprouvés , il atteignit enfin , le 19 août i8o5 , le Niger à Bambakoa , lieu où ce fleuve commence à être navigable.

C’était plus de sept semaines au-delà du temps qu’il avait calculé , lorsqu’il avait quitté la Gambie; et les effets de cette marche prolongée, qui l’avait conduit très -avant dans la saison pluvieuse , n’étaient par malheur que trop visibles. D’environ quarante Européens qui composaient l’expédition , lorsqu elle avait quitté la Gambie, il n’en restait plus que onze vivans. Les principaux d’entr’eux , après Park , et spécialement M. Anderson , M. Scott et le lieutenantMartyn, étaient plus ou moins atteints ÿar la maladie, et les deux premiers très-sérieusement. M. Scott , en particulier , souffrait tellement, qu’il avait été obligé de rester en arrière , et qu’il mourut peu de temps après , sans être

parvenu jusqu’au Niger.

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Il élail heureux que laiganté de Park n’eûl été jusqu’alors que faiblement altérée, car tout le fardeau de l’expédition posait évidemment sur lui. Non seulement il dirigeait tous les grands mouvemens de la caravane, mais il surveillait ses moindres détails, et tenait la première place dans toutes les occasions qui exigeaient.de la vigueur physique et de grands efforts. Dans ces pénibles travaux, tant d’esprit que de corps, M. Anderson et ses autres compagnons, dont il aurait pu s’attendre à se voir aidé, étaient incapables de lui prêter le moindre secours ; et par leurs maladies continuelles, ils ne contribuaient pas peu aux embarras et aux inquiétudes que présentait l’expédition. ,

A'rrivéde cette manière auNiger, Parks’embarqua sur ce fleuve , le a i août, et le jour suivant parvint à Marrabou. De ce lieu, il envoya peu après Isaac à Sego , capitale de Bambarra. Cet Africain devait entrer^en négociation avec Mansong , souverain du pays, pour obtenir un

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passag^feire sur ses terres , et les autres facilités qui mettraient Park en état de continuer son voyage dans l’intérieur.' Il resta à Marrabou pour y attendre le retour d^Isaac , et fut attaqué de la dysenterie , qui avait été fatale à un si grand nombre de ses gens; mais il se guérit par* une forte médecine, qui , à l’aide de sa constitution vigoureuse , lui rendit très-promptement la santé.

Après beaucoup de négociations avec les ministres de Mansong , qui élevaient de grandes dilficultés, Park eut d’abord la permission d’aller à Samee , dips le voisinage de Sego , et ensuite celle de se rendre à Sansanding, afin d’y construire un bâtiment, et faire ses préparatifs pour descendre le Niger. Dans cet te négociation, que le Journal rapporte en détail , Park se montre sous un aspect fort avantageux. Son discours aux envoyés de Mansong , dans lequel il leur explique le dessein et les motifs de son expédition en Afrique, est remarquable par le

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bon sens et par une extrême justessellM( (^onne une idée très-faTorable de ses talens pour de telles négociations ( i ).

On peut se rappeler que quand Park arriva à Sego , lors de son premier voyage, Mansong «lui envoya un présent de 5,ooo cauris; mais , qu’il refusa de l’admettre en sa présence, et donna ordre de le faire immédiatement sortir de la ville. Cette conduite d’un souverain qui paraissait tolérant et libéral, fut attribuée, trèsraisonnablement par le voyageur, à la crainte qu’avait Mansong de ne pouvoir le protéger contre la méchanceté invétér4e de ses sujets maures. 11 y a tout sujet de penser que , dans la circonstance présente, Mansong agit d’après ‘ . les mêmes sentimens , car il ne vit point Park, et n’exprima pas le moindre désir de le voir ; et toute sa conduite, tant lors de la négociation qu’après, indiqua une grande froideur et une

(i) Vojrez le Journal.

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grande réserve. Il parait aussi que l’on avait fait circuler, avec adresse, plusieurs bruits dé-* favorables à la mission de Park, et que le fanatisme religieux , ainsi que la crainte d’une rivalité commerciale, avaient excité contre lui de grandes jalousies parmi les habitans maures de

Sego et de Sansanding.

L’inquiétude et les doutes que ces 'bruits avaient jetés dans l’esprit de Park, furent, jus* qu’à un certain degré , dissipés par l’arrivée de Bookari , le chanteur oü le barde de Mansong.

Il venait avec six canots , pour l’accompagner dans le voisinage de Sego. Sous cette escorte , Park s’embarqua, le 1 3 septembre , à Marrabou ; et malgré l’état peu satisfaisant de ses affaires , son esprit fut assez libre pour éprouver un « ^rand plaisir de ce court voyage en descendant le Niger. «Rien, dit-il, n’est plus beau' que l’aspect de ce fleuve immense , quelquefois uni comme uile glace , et dans d’autres instans ridé à sa surface par une légère brise , mais toù-»

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jours nous faisant faire six ou sept milles par heure. »

Après l’indifférence que lui avait témoignée MansoDg, il ne crut pas prudent de visiter Sego; il passa outre, et vint à Sansanding, lieu un peu au-dessous de Ségo , à l’Orient , sur les bords du Niger, et contenant environ 10,000 liabitans.' Park y resta près de deux mois , et y fit un trafic considéràble. Comme c’était la première ville d’Afrique éloignée de la côte où il eût eu l’occasion de résider^ il eût les moyenè d’y prendre un grand nombre d’informations.

Si elles avaient pu être communiquées au pu<^ blic , elles auraient sans doute formé Une addition importante à ce que nous savons de l’inté- , rieur de l’Afrique.

Par bonheur , les notions qu’il acquit alors n’ont pas été entièrement perdues pour l’Europe. Quelques particularités subsistent, fruit de son intelligence et de son abtive curiosité. L’aperçu que Park a donné du commerce et

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