mai. Nous quittâmes Pisania à neuf heures
et demie. La marche fut ainsi réglée : Les ânes
et lespaquets furent tous marqués et numérotés
en rouge. Chacune des six escouades dans les-
I" Voyage de Park, trad. franç., 1. 1 , p.
quelles les soldais étaient partagés , en eu* un
certain nombre. Ensuite on sousdivisa les ânes entre les hommes de chaq;je escouade , de sorte que chacun pût désigner, à la première vue , l’âne et le paquet qui lui appartenaient. On numérota les ânes avec des chiffres fort graftds , pour empêcher les naturels de les voler; car, de celte manière, ils ne pouvaient tenter de laver ou de rogner la marque sans être découverts. M. George Scott et un des hommes d’Isaacj marchaient ordinairement à la tête, le lieutenant Martyn au centre , M. Anderson et moi en arrière. Nous fûmes forcés de laisser à Pisania une certaine quantité de riz , n’ayant pas assez d’ânes pour le porter. M. Ainsley, la bonne vieille dame Camilla, et plusieurs des plus respectables habitans du voisinage, nous accom- ' pagnèrenfjusqu’à ce que nous eussions dépassé Tendicunda. Notre marche fut très-fatigante.
Plusieurs ânes, trop chargés, s’abattirent dans le chemin’; d’autres, en ruant, stf débarrasi^sèrent de leurs fardeaux; de sorte qu’après avoir fait, tous les efforts possibles pouravan-
cer, nous gagnâmes avec beaucoup de difficultés Samée , après une marche d’environ huit milles» . Nous déchargeâmes nos ânes^ sous un grand arbre tabba, près de la ville, et le soir j’allai, avec Isaac , saluer le slatee de Samée.
Ce slatee, aussi bien que ceux de’Lamainet dq Kjatijar, est soumis au roi deKataba; mais il n’est pas facile de dire en quoi cette soumission consiste. Si un esclave s’enfuit de chez un de ces marchands pour aller chez un des autres , il ne peut être réclamé, a moins que ce dernier ne consente à le livrer. Le slatee était très-ivre. Quand je lui dis que je venais lui présenter mon respect, et que je lui donnerais un pot de mm , il me' répondit qu’il ne me lais- . serait point passer , à moins que je ne lui en donnasse dix pots. Après une longue négociatioti , je fus obligé de lui en donner deux.
5 mai. Je payai six barres d’ambre aux garçons de Mumbo-Jumbo (i), et nous par*
(i) Voyez le premier Voyage de Paak , rciativemciit au Mumbo-Jumbo.
times pour Jindey de Irèè-grand matin. Ce jour,
- la marche fut très-difficile. Plusieurs ânes refusèrent d’avancer, et nous fûmes forcés de mettre leurs charges sur les chevaux. Nous arrivâmes à Jindey vers midi. Nous achetâmes un jeune bœuf, et fîmes halte , le 6 , dans la crainte, si nous voulions avancer, d’être forcés à hisser dans les bois quelques-uns de nos paquets.
A Jindey, on fait de très-belle teinture bleue avec des feuilles d’indigo. Je saisis avec empressement , pendant notre halte , l’dccasipn de connaître cette opération , que je vis dans tous ses différons degrés..
Manière de teindre le coton en U'ès-beau bleu',
' . avec les feuilles de C indigo.
On rassemble un grand nombre de cendres de bois ( les bois que l’on préfère sont la mimosa nitta et la mimosa pulverulenta ) , on les place dans un vase de terre non verni , ayant un trou dans le fond , et sur lequel on met de la paille. On verse sur ces cendres de l’eau qui , filtrée par
le Irou dg fond du vase, entraîne avec elle la
potasse contenue dans les cendres, et forme une lessive très-foncée , ayant la couleur de la ' forte bière ; ils appellent celle lessive sai-gee , eau de cendres.
On emplit presque au quart un autre. pot de feuilles d'in'digo , soit fraîches , soit séchées au .soleil (celles dont on se servit alors étaient sèches), et on y verso assez de sai-gee pour emplir le pot jusqu’à moitié. Il reste dans cet état quatre jours , pendant chacun desquels oa le remue une ou deux fois. ;
Alors on emplit presque tout à fait le pot de sai-gee, et on le remue souvent pendant quatre autres jours. Il fermente, et jette une écume couleur de cuivre. On le laisse reposer pendant un jour, et le dixième jour , depuis le commencement de l’operation, l’on y plonge la toile.. On ne se sert d’aucun mordant. La toile est simplement humectée d’eau froide, et frôttée avec force avant d’être mise dans lé vase , oîi elle .reste environ deux heures. Alors on l’en retire et on l’expose au soleil, en la plaçant , sani
retendre, sur un bâton, jusqu’à ce que la liqueur cesse d’en dégoutter. On la lave ensuite dans l’eau froide, et on la bat souvent avec un bâton 'aplati, pour en ôter les feuilles ou les ordures qui auraient pu s’y attacher. La toile , frottée de nouveau fortement, est remise dans le pot , et on la trernpe ainsi quatre fois par jour pendant quatre jours ; à la fin de ce temps , elle a d’ordinaire pris une couleur bleue égale à celle des plus belles toiles des Indes.
Les négresses qui s’occupent de cette teinture , sont dans l’usage d’avoir douze ou quatorze jarres d'indigo; de sorte qu’une d’enlr’elles est toujours prête. Si l’opération manque , ce qui arrive très-rarement aux femmes qui font cette opération en grand , c’est en général pendant les quatre jours de la seconde époque de la fermentation ; on dit alors que l’indigo est mort , et l’on jette le tout.
A Kajaaga et à Rasson, chaque fols que la toil'e est trempée , on l’étend au soleil pour la faire sécher ; ensuite on |a frappe d’un bâton pour en chasser les feuilles et la poussière, Ce.s,
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tfeuxmélhodes ont pour but de nettoyer la tôile^ et d’admettre égalémenl l’indigo dans toutes ses parties. Voici le résumé de ces procédés :
Mêler pendant quatre jours l’indigo avec une petite quantité de sai-gee. ^
Le faire fermenter pendant quatre autres jours dans une grande quantité de sai-gee.
'Un jour de repos.
Tremper la toile pendant quatre jours, quatre fois chacun.
Treize jours en tout.
Reprenons la narration. Lamina-Foffono , un de mes compagnons de route de Mandingo à la Gambie, lors de mon premier voyage, ayant apprisque j’étais arrivé à Jindey, vint de Wallia pour me voir. Il me dit que Kÿrfa se portait bien , mais qû’il n’avait pas reçii le fusil que je lui avais envoyé par ,1e capitaine Brand.
A cinq heures , une forte bouffée de vent de sud-est éleva des tourbillons de poussière , et eut toute l’apparence d’un ouragan.
7 mai. Nous partîmes de Jindey., mais nos 4nes étaient tellement fatigues, |jue Je fus obligé
d’en louer trois de plus , avec quatre condiic- ^teurs pour nous aider à faire avancer nos ba'^. gages. Un des ânes de St.-Jago tomba frappé de .convulsions quand on lui mit son fardeau sur le dos ; et un âne mandingue , n° 1 1 , refusa de porter sa charge. Je fus obligé de le renvoyer à Jindey, et d’en louer un aube à sa place. ,
Nous marchâmes au nord de la Crique Wtillia jusqu'à midi, et alors nous la traversâmes près de Koutakonda. Les ânes nagèrent, et les soldats, avec l’aide des nègres, passèrent à gué, portant les paquets sur leurs têtes. Nous fîmes halte sur le bord méridional de la Crique, et nous y dînâmes.
La marche fut reprises quatre heures; nous dépassâmes l^outakonda, et au village de Madina, j’allai saluer le slatee Bree.‘'Je luidonnei un bon sur M. Ainsley pour un pot de liqueur. Halte à Tabajang, village presque désert, ayant été pillé pendant cette saison par le. roi de Jamberou,. auquel s’était joint celutdeWoollr. La mère de notre guide demeure en ce lieu, devis qu’il ne x^us était guère possible de conli*
nuer noire route dans l’état où nous étions; et Je me déterminai à acheter encore des ânes ou à abandonner une partie de notre provision de riz.
8 maii Acheté deux ânes pour dix barres d’ambre et dix de corail chacun. On couvrit de peaux les toiles des Indes, pour qu'elles ne fussent pas endommagées par la pluie. Deux soldats furent attaints de la dyssenterie.
9 mai. Le fils du roi de Jamberou vint mé rendre visite. Jamberou est au nord de la Crique Wallia, et. s’étend beaucoup de ce côté.
Les peuples sont Jaloffs, mais un grand nombre d’enlr’eux parlent le mandingue. J’offris de l’ambre à ce prince noir. J’achetai cinq ânes, et fis couvrir de peaux Ûute la poùdre à canon , excepté ce qui nous était nécessaire dans la marche.
10 mai. Après avoir payé tous ceux qui avaient aidé à conduire les ânes, je trouvai que la dépense outrepassait tous les services que J'aurais pu tirer d’eux. En conséquence.
Je confiai entièrement les ânes aux soldats.
Au lever du soleil, nous quittâmes Tabajang,
et une marche aussi courte que facile nous conduisit à Tatliconda, où le fils de mon ami, l’ancien roi de Woolli, vint à ma rencontre. 11 me lut aisé d’apprendre de lui que lés slalees et les Sierra-Woollis demeurant vers Madina, voyaient notre expédition avec une extrême jalousie.
Il mai. Vers mkli, nout arrivâmes à Madina, capitale du^ royaume de Woolli. Nous déchargeâmes nos ânes sous un arbre , en dehors des portes de la ville, et nous attendîmes jusqu'à cinq heures avant de pouvoir obtenir une audience de sa majesté. Je donnai au roi une paire de pistolets montés en argent, dix dollars, dix barres 3*ambre et dix de corail. Mais après avoir regardé ce présent pendant quelque temps avec une grande indifférence, il me dit qu’il ne pouvait l’accepter; alléguant, pour excuser son avarice, que j’en avais fait un beaucoup plus beau au roi de Kataba. Vainement je lui affirmai le contraire. Il continua de me refuser positivement; et je me vis dans la nécessité d’ajouter quinze dollars)
dix barres de corail et dix d’ambre avant què sa majesté acceptât mon présent. Après tout cela, ce prince me demanda une couverture de lit pour s’envelopper pendant les pluies, et je la lui envoyai aussitôt.
Les autres présens que j’eus à faire furent proportionnellement considérables; et voici le total de ce que je donnai dans le royaume de Woolli;
Au roi.
Uns paire de pistolets.
Dollars
Ambre *'***,
Corail. . ...... .
Toile blanche.
Barre*.
A Montamba , fils du roi.
Ambre 5
Corail 5
Au slatee Deena.
Ambre i
Corail 5
Bariè*.
A Sadou , Jils de Jalta.
Ambre 5
Corail 5
A Sambou , second fils de Jatia.
Corail 5
A TVhoulliri, premier ministre.
Dollars 7.
• Corail 5
A Dama , frère cadet de JVhouUiri.
Corail 5
A Soliman , premier esclave du roi.
•Ambre ^
Corail /J,
A Dimba ~ Se^ra.
Corail A 6
A differentes personnes.
Corail lo
Total 157
12 mal. Au point du jour, tous les ânes furent chargés, et, au lever du soleil, après en avoir obtenu la permission du roi , nous partîmes deWpolli. Nous arrivâmes bientôt à la ville de
Barraconda,.où je m’arrêtai quelques minutes pour rendre visite à Jemaffou-Mamadou, slatee très -distingué (i). Nous arrivâmes à dix heures êt demie au village de Bambakou. J’y achetai deux ânes^et, de plus^nin jeune bœuf pour les soldats.
i3 mai. Départ de Bambakou^ au lever ^d% soleil, et arrivée à Kanipe, village irrégulièrement bâti, vers dix heures; Les habitans avaient entendu dire que nous nous étions vus dans la nécessité d’acheter de l’eau à Madina. Pour obtenir un profit semblable , les femmes se ra^ semblèrent, tirèrent l’eau des puits j et l’enle» ^ vèrent aussitôt quelles l’avaient puisée. Nos soldats essayèrent vainement d’en avoir leur part. Les chaudières du camp n’étaient pas aussi propres à puiser de l’eau que les calebasses de ces femmes. Les soldats partirent donc sans avoir pu s’en procurer, et après ^voir excité de grandes risées.
Je fus informé qu’à environ deux milles au •
(i) Part eu parle dans sou premier vojragQ. ^ . -j
Sud, il y avait un étang. Voulant déterminer les femmes à cesse? de nous inquiéter, je fis monter un homme sur chaque cheval^et j’envoyai chercher à l’étang assez d’eau pour bouillir notre riz , et’ l’après-dîner tous les ânes allé*. ' rent s’y abreuver. Le soir, quelques soldats lirejjt une autre tentative, afin de se procurer de l’eau à un grand puits voisin de la ville.
Ils y réussirent par le stratagème suivant rl’un d’eux laissa tomber, comme par accident, son vase dans le puits : ses camarades lui passèrent une corde autour du corps, et le descendirent ,au fond de ce, même puits. De là il lui fut facile de remplir d’eau toutes les chaudières du camp , à la grande mortification des femmes, qui, depuis vingt -quatre heures, s’étaient donné des peines infinies pour,enlever l’eau, dans l’espoir que sa vente les mettrait en état d’orner leurs têtes et leurs cous de petits grains d’ambre et de verroteries. Nous achetâmes là deux chèvres pour les soldats.
j^mai. Halte à Russai, environ à quatre milles à Test de Ranipe. C’est le même village
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que Seesekunda, mais les liabitans en ont changé le nom. Là , un des soldats cueillit quelques fruits de nitta; et il les mangeait, lorsque le chef du village survint tout furieux , et essaya de les lui enlever. Voy.ant qu’il n’y pouvait parvenir,' il tira son couteau , et nous dit de recharger nos paquets, et de sortir du village. Quand il s’aperçut que nous ne faisions que rire de 'ses menaces, il devint plus tranquille. Je lui 'dis que nous ignorions une défense si extraordinaire, mais que nous aurions l’attention de ne plus manger de ces fruits. Il me répondit que la chose en' elle-même n’eût pas été d’une grande importanqje, si elle n’avait eu lieu en présence des femmes. « Cet endroitci , ajouta- 1- il, a souvent éprouvé la famine par le manque de pluie; dans ces temps malheureux, le fruit du nitta est la seule nourriture sur laquelle nous puissions compter; et aloi;^ on me peut en cueillir sans crime. Mais pour empêcher les femmes et les enfans de dévaster cette ressource, on met un toong sur les nittas, jusqu’à ce que la famine se fasse sën-
tir. » Ce mot de toong exprime une chose prohibée par l’art magique.
Nous achetâmes deux ânes. Lorsque, en quittant ce lieu, nous entrâmes dans les bois Simbani, Isaac craignit beaucoup que nous ne fussions attaqués par quelques habitans du Bondou; car dans ce royaume deux frères se faisaient alors une guerre cruelle pour la succession au trône. Comme le bruit s’était répandu qu’une coffle d’hommes blancs se rendait dans l’intérieur du pays, chacun en avait aussitôt conclu que nous étions possesseurs des plus riches marchandises pour acheter des esclaves ; et que quel que fût le parti qui s’emparât de nos richesses, il obtiendrait sur ses adversaires un ascendant réel. D’après cette'nonvelle, je défendis aux gens de l’expédition de tirer sur aucune bête fauve ou aucun autre gibier qu’ils pourraient voir dans les bois. J’ordonrjai que chacun eût son arme chargée et 'amorcée, et qu’un coup de fusil , ou plutôt encore trois ou quatre coups, fussent le, signal de tout abandonner pour accpurir au lieu central de réiinion. »
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i5 mai. Départ de Koussai. A l’entrée dû bois, Isaac conduisit au milieu de la route un bélier noir, et l’égorgea, après avoir récité sur kd de longues prières. Il considérait cette opération comme très*^ essentielle à notre succès. La chair de l’anintal fi^t distribuée eux esclaves de Koussai) aân qu’ils priassent de tout leur icœur pour nous.
Pendant les cinq premiers milles de notre roule, nous marchâmes dans un pays monta- ‘ gneux. Nous gagnâmes ensuite une plaine unic) presque dénuée de bms. Noul y observâmes quelques centaines d’une espèce d’antelope de couleur foncée, et ayant le devant de la tête blanc* Elles sont appelées par les naturels qui, et sont presque aussi grosses qu’un jeune, bœuf* A dix heures et demie, nous arrivâmes aur les bords de la Gambie, et fîmes halte pendant la chaleur du jour, sous un grand arbre appelé teeleecorra, lemêmesous lequel jem^étais arrêté autrefois à mon retour de l’intérieur de l’Afrique*
La Gambie, en œt endroit, a environ cent
verges de largeur, et, contre monattente , atme marée régulière qui, au rivage, élève ses eaux* de quatre pouces. A une heure , ce jour-là, l’eau était basse. Cette rivière a une foule de croco-
diles. J’en comptai , en même temps , treize rangés le long du rivage j et trois hippopotames. Ces derniers animaux ne paissent que pendant la nuit, et , le jour, sortent rarement du fleuve. ' Jls se promènent au fond de l’eau , et , pour la « ^ plupart , ne montrent guère au - dessus que
leurs têtes.
A trois heurês et demie de l’après-midi, nous nous remîmes en marche, et à environ un mille à l’est parvînmes au haut d’une montagne, d’où nous eûmes une vue enchanteresse du pays l’ouest; c’étaient les plus riches lointains que j’eusse jamais vus. Le cours de la Gambie se distinguait facilement par une rangée d’arbres d’un verd foncé, qui croissent sur ses* bords. L’esquisse ci-contre représente Je cours de cette rivière , depuis Teelee-Cora.
A un mille et demi de cette montagne,' que j’appelai en est une autre au nord du
chemin , du sommet de laquelle nous eûmes au sud une perspective charmante. Le cours de la rivière est est-sud-est. Au sud, il ny a aucune montagne; par-tout la contrée est entièrement unie. A environ dix milles à l’est-sud-est ,
. la rivière passe près d’un terrain élevé et plat avi sommet, qui a l’air d’anciennes fortifications. Au coucher du soleil , nous arrivâmes à un lieu de rafraîchissement appelé Favaba ; mais nous n’y trouvâmes point d’eau.
Tandis que nous déchargions les ânes, John Walters, un des soldats , tomba d’une attaque d’épilepsie , et expira environ une heure après. Les nègres appartenans à notre guide, se mirent à creuser un puits, après avoir allumé un feu pour écarter les abeilles qui s’entassaient dans ce lieu pour chercher de l’eau.
Peu de temps après, ils en trouvèrent assez pour faire cuire notre souper, et môme pour abreuver les chevaux et les ânes dans le cours ^.de la nuit. .
Craignant une attaque de la part des habitans de Bondou , nous plaçâmes de doubles senti-
Belles , et chaque homme s’endormit avec sort
fusil chargé sur «a tête.
Vers trois heures , nous inhumâmes John
Walters, et, en sa mémoire, nous appelâmes . »
ce Heu le puits de îValters.
i&tnai. Nous quittâmes le puits dès le point *
du jour , et arrivâmes au NeauHco à huit Heures
et demie. Ce ruisseau est presque à sec dans
cette saison, et h’a d’eau que dans de Certains
endroits creux qui abondent en poissons. Je vis
les nègres d’ïsaac en prendre plusieurs avec
leurs tUàins , ët avec tles liens d’herbe dont ils « ,
se servaient comme de Hlets pour 'rassembler, dans un espace éttoît , les poissons effrayés , dont plusieurs étaient d’une espèce inconnue.
Nous vîmes, près de la rivière, des nègres qui faisaient rôtir une grande quantitéde viande, après avoir disposé des perches, 'comme on le verra dans le dessin ci-joint.
■ Cette manière de rôtir et de fumer tout à la fois la viande, fait qu’elle est conservée plus long-temps quelle ne le serait attlrement. Ces hommes faisaient cuire une partie d’un daqui
Les Nègres des Lords du Neaulico font rôtir un Daqui.
trouvé par eux dans le chemin. Un lion l’avait tué pendant la nuit > et en avait mangé une cuisse.
A quatre heures après-midi , nous quittâmes les bords du Neaulico. A cinq, nous traversâmes les ruines de MangelU , où j’avais autrefois passé la nuit , et à six heures nous fîmes halte pour la nuit â Manjalli-Tabba-Cotta, ruines d’un village de ce nom. .Nous trouvâmes en général, pendant la njj^rche de ce jour, les arbres petits et le chemin fréquemment embarrassé par des bambous desséchés.
Au lieu où nous nous arrêtâmes , nous eûmes de l’eau en abondance. La nuit étant venue, j’observai, avec le télescope, une immersion du premier satellite de Jupiter.
17 mau Nous quittâmes ManJalU-Tabba- Cotta; et après une marche fatigante de douae milles , nous arrivâmes â Bray , lieuabondaqj en eau. J’essayai de prendre la hauteur méi idiornale avec le sextant de poche de Troughton^ et je m’aperçus que cette observation pouvait être faite avec beaucoup d’exactitude , ne de-
mandant qu’une main sûre et l’aUenlion convenable : j’en eus beaucoup de satisfaction. Je m’étais iourme|ilé à examiner le passage des étoiles fixes, et il m’était souvent arrivé de m'endormir au milieu de l’opération.
Nous quittâmes Bray à trois heures après midi ,^et emportâmes avec nous autant d’eau que nous pûmes, dans' l’intention de nous reposer à Nillindingcorro jusqu’au lever de la lune; mais|^mme il n’y avait point là d’eau, notre guide nous fit continuer notre marche jusqu’à la rivière Nérico, où nous arrivâmes à huit heures. Tout notre monde et les ânes étaient très-fatigués. L’aspect du pays pendant ce jour , fut celui d’une plaine ouverte et unie , avec des buissons et des arbres cibi , qui rendaient le paysage riche sans qu’il fût imposant. Nous aperçûmes dans les bois beaucoup d’excrAnens de lions. Ils ne les déposent que dans certains lieux, et, comme les chats, grattent •la terre pour les couvrir.
i8 mai. Nos gens employèrent toute la matinée à faire passer la rivière au bagage cl aux
ânes ; et comme les hommes , aussi bien que les bêtes , étaient très-fatigués , je jugêai à propos de faire halte sur le bord oriental de la rivière, jusqu à l’après-midi, ce qui devait donner aux soldats l’occasion de laver leur linge.
La largeur de la rivière Nérico est d’énviron soixante pieds , la profondeur de l’eau de quatre pieds, et sa «rapidité de deux milles par heure. La température de l’eau, à deux heures , fut^e q 4° du thermomètre de Farenheit.