‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 77 sur 86 · CHAPITRE in · texte numérisé non relu

CHAPITRE in

Arrivée à Jallacolta. — Maheena -Taoibeio. -r- Bad^j conduite liostüe du faranba ou chef, et ses conse-t ‘ quenco. — Arrfrce i Jenirrgalk. —• Four» à forger le Cer. — Mansafara, Atteqœs de la ywrtdes loops.

— Ëotre'e daus le de'acrt de Tcnda. — Ruines et plaiuo d$ Doufrou. — Attaque cTun essaim d’abeilles. — Arrivée à Sibillttiil. — Arbres s^âa. — Badou ; pre'sensf t faits au roi. — Tambacunda. —Rivière Ba-Deema.—i Tabba-Gee. — ]Vlambari>Juli-Funda j conduite'eune^ psie du chef. — Pre'sens faits à lui et au roi. — Visite de ce dernier. — Arrive'e à Eercella. — Baniserile. — Cc'lèbratioft du jour de la naissancé dut^ïi. — Manière de couler le fer. — Madina. — Rivière Falema. — &itat dou. — Maladie et mort du charpentier. — Arrivée è ♦ Shroudo} commcncenient de la saison pluvieuse, et pialadies alarmantes parmi les soldats. — Mines d’or; procédc's pour recueillir l’or. — Dindikou ; puits d’or. — Culture. — Arrive'e à Fankia.

i8 mai. JXous quittâmes le Nerico vers heures et demie , et arrivâmes, au coucher du soleil , à Jallacotta , la première ville du

royaume de Tenda. De ce lieu à Simbuni , dans le Boiidou , il y a deux ^urs de marche,

19 mai. Halte à Jallacotta pour acheter du grain et faire reposer les ânes. Nous achetâmes une grande quantité d’oignons , qui rendirent notre ria meilleur â manger. Les gens de la ville pèchent au mil^ des bois , où les étangs sont jAesque à sec , et où il leur est , par conséquent, facile de prendre les poissons.

30 mai. Nous quittâmes Jallacotta} et après une marche d’environ deux milles à l’est, nous * passâmes par le village de Maheena , tout auprès duquel sont les ruines d’un autre village de même nom. Il semble , d’après la quantité de ruines, que la population du pays de Tenda est fort diminuée. Nous arrivâmes à Tendico ou Tambico vers huit heures; nous ne pûmes nous procurer un jeune bœuf, les habitans ayant peu de bestiaux. Ce village appartient â Jallacotta , et le faVanba , ou chef de Jallacotta , est sujet du roi de Woolli. A un demi-mille de Tamlûco , est une ville assez grande appelée Bady , dont le chef prend le titre de faranbâ ,

et est, en quelque façon , indépendant. Il exige des coffles de fortes rétributions, et les taxe jusqua dix barres de poudre à tirer pour la charge de chaque âne.

De Tambico, nous envoyâmes un exprès annoncer notre arrivée au faranba. Dans Ja soirée, il envoya son fils avec vungt-six hommes armés de fusils , et une grande quantité M peuple pour recevoir ce que nous avions à lui donner. Je lui envoyai dix barres d'ambre par notre guide ; mais comme il refusait de les recevoir, j’allai moi-même le trouver avec cinq, barres de corail , qu’il refusa également. Il me fut aisé de m’apercevoir , d’après le nombre des hommes armés et la manière hautaine dont ils se conduisaient, qu’il fallait peu s’attendre à terminer cette affaire à l’amiable. J’arrachai donc un morceau de papier de mon . portefeuille , et je venais d’écrire au lieutenant Martyn de tenir ses soldats prêts , lorsque M. Anderson , entendant le vacarme qui se faisait dans le village , arriva pour en connaître la cause. Je lui exposai mes doutes , et lui t^oiguai le désir que les

Digitizcd.by Goo J(’

soldats ayant leurs munitions et leurs baïonnettes, se tinssent en état de combattre au ' premier signal. Je voulus qu’Isaéc dit au faranba de Bady, que jusqu’alors nous n’avions éprouvé , dans notre voyage , aucune difficulté ; que nous avions facilement obtenu des rois de Kataba et de ’Woolli la permission de traverser leurs états, et que s’il ne voulait pas nous laisser passer , nous retournerions à Jallacotta , pour voir à trouver un autre chemin.

Là se termina le palaver , dans lequel les gens du faranba et notre guide s’étaient adresse, beaucoup d’expressions de colère. ' t

Les choses en étaient là : le fils du faranba était rétourné à Bady avec l’ambre et le corail , et nous nous préparions à retourner à Jallacotta le lendemain matin , de bonne heure , lorsque , vers six heures et demie , quelques-uns des hoftimes du faranba saisirent le cheval de notre guide, au moment où un valet le faisait •boire à un puits, et l’emmenèrent. Isaac se rendit à Bady pour s’informer du motif de celle action ^ mais au lieu de le satisfaire sur ce point,

ses gens le saisirent , lui enlevèrent son fusü à deux coupa et son épée, le lièrent à un arbre et le fustigèrent Us mirent son valet aux fers, et envoûtèrent des hommes à TambLco, pour y prendre un autre cheval appartenant à un vieil-^ lard qui voyageait avec nous )usqu a Dentila. Je dis alors à deux des nègres d'isaac que s’ils voulaient venir avec moi dans la ville , et me désigner les gens du faranba qui avaient pris le cheval du vieillard ( car on était dans une profonde obscurité), qe les ferais arrêter par les soi* dats , et je les retiendrais coinme étages d’isaac. Us allèrent parler de cette résolution aux dcmt chefs de Tambico; mais ils ne^ voulurent pas permettre qu’elle s’exécutât. Us étaient , disaient-* ils , en état de défendre leurs droits , et ne laisseraient pas enlever le cheval. De sorte qu’après des cris et un tapage affreux, on finit par en venir aux coups , et les gens du faranlfa furent vigoureusement chassés du village.

J’étais fort embarrassé sur ce que je devais faire. La femme et l’enfant d’isaac étaient assis près de nous sous un arbre, et faisaient do

^andes lamentattofis. Ses nègres étaient i^t abattus, et paraissaiient regarder l'affai re comme sans espérance. Nous pouvions aller brûler la ville pendant la nuit; mais nous aurions fa^ périr uu grand nombre d'innoceus,Net trèsprobablement nous n’aurions peint recouvré taotre guide. En conséquence , après avoir consulté M. -Anderson et le lieulènant Martyn , je Irouvû plus à;piH»pesd’atten<bpe jusqu’au tnaitin; let, alors , s’ils persistaient à retenir Isaac , de les nttaquer en plein joiv-. Ce parti était plus décisif et plus propre à être couronné par le succès desescarmouches nocturnes.Nousplaçlffines donc ÿ pendant la nuit, de doubles sentinelles ,

«t chaque bom-me dormit avec son fusil près de lui. Nous envo^âifkes aussîi lallaootta, pour informer le dooty du traUement que noos avions éprouvé de la part du faranba, quoiqu’il habitât une des vïUes appartenant au roi de ,Woolli.

ai mai. Notre guide fat délivré et renvo)^ vera nous de très-grand madn. Vers dix heures , un grand nombre de gens du faranba vinrent me dire que ce chef n’avait pas intenticm d’^re •

noire ennemi, mais qu’il ne pouvait consentir à laisser passer une coffle sans quelle lui payât le tribut d’usage ; mais que , comme j’avais refusé la veille au soir de prendre ce parti , si je voulais lui porter à Bady ce que j’avais intention de lui donner , tout serait terminé d’une façon amicale. Je répondis qu’après le traitement éprouvé par raoü guide, ils ne pouvaient s’attendre que j’allasse seul à Bady ; et que , si je m’y rendais, je me ferais accompagner par vingt ou trente de mes hommes. Cette résolution ne parut pas leur plaire , et il fut définitivement réglé que le cheval serait ramené â michemin des deux villages, où l’on rapporterait aussi les effets enlevés , et que le tout nous serait rendu lors de la réception des présens. En

conséquence , je payai , en différentes fois , des

marchandises jusqu’à la%. valeur de ceqt six .barres , ce qui n’était pas tout à fait le tiers de ce qu’une côtffle de nègres aurait payé. Les gens ^du faranba gardèrent le fusil et l’épée de. notre ' guide, alléguant qu’ils avaient été envoyés dans la nuit à Bisra, ville' du voisinage, mais qu’ils

P. :tj

nous seraient rendus immédiatement apres le retour de celui qui était allé les chercher. Nous partîmes , en conséquence , et fîmes halte le soir à Jeningalla, près;Bufra ou Kabatenda , où j’avais autrefois passé la nuit. Mon ancien hôte m’apporta une grande callebasse de lait.

22 mai. Halte à Jeningalla , dans le dessein d’y acheter du bled pour nos ânes. Nous vîmes là quelques fours à travailler le fer ; ils sont y au sommet , plus petits que ceux de Manding , et •de la forme ici représentée.

La distance étant très-grande entre ce lieu et leau la moins éloignée, nous résolûmes de nous y rendre , en marchant au clair de la lune ; en conséquence, nous partîmes de Jeningalla.

25 mai. A deux heures du matin départ , et à huit arrivée à Nealo Koba. La rivière ne coule point en cet endroit où j’avais autrefois passé 5 elle y forme des étangs , dont plusieurs sont profonds .et remplis .de poisson. On y , trouve des huîtres fort grandes, mais d’une couleur verdâtre. Je n’en mangeai point. Vers -deux heures, nous reprîmes notre, roule, et,

au 3oleil couchant, nous arrivâmes â un petit village nommé Foula, tous toès^fatigués, ayant £ait une route de vingl-hoit milles^

24 fnai. Halte à Mansafaia , qui n’est qu’â quatre milles à lest du village Foula. £n ce lieu sont trois villes presque contiguës rime à l'autre , et auprès desquelles est un iraste étang. De là au village de Nitlakmrra, situé sur Ja rive septentrionale de la Gambie, U n’y a que huit milles, en marchant au sud. Nous ache-»

tâmes du grain pour les ânes , et un jeune bœuf pour les hommes , en traversant les bois de jSamakara. Nous eûmes au sud-est beaucoup d’éclairs et de tonnerre. Nous couvrîmes tous les paquets d'herbes,, etc. Pendant la nfât les loups tuèrent un de nos meilleurs ânes, à une vingtaine de pas du lieu où M. Anderson et moi nous étions couchés.

25 mai. Nous quittâmes Mansafara , et entrâmes dans les déserts de Tenda etdeSamakara. A quatre milles à l’ouest , nous travers fiâmes les ruines de Koba, où j’avais autrefois passé 1« nuit. La ville avait été détruite par les

Digiti.''.-- by C'oogic

habitans de Bondoü , depuis envirôn trois arté,

I et l’arbre benlang brûlé. A dix heures, nous passâmes un ruisseau semblable au Neauliccf, et qui se jetait dans la Gambie. Peil de temps après nous arrivâmes eu rue de la première ‘ chaîne de montagnes , courant du sud-sud-ouest au nord*nord-*est. Nous nous en approchâmes, .et â onze heures et demie nous fîmes halte à Souteetabba , abreuvoir à moins d’un mille des montagnes.

Nous en pafllmes anssildt que la chaleur du Jour eût cessé , et traversâmes les montagnes. M. Anderson et moi nous allâmes du sommet d'une de ces hauteurs , qùe , (f après la helfe et admirable vue qn’elle offrait à l’entour. Je nommai la ilfenlagne du Panorama. Elle a une pointe en pain de sucre , dans laquelle sont ün grand nombre de tanières à loups. Le chemin de traverse snr cette montagne, quoiquetrèsdiffîcîle j^our les ânes, était fort «gréable. Le' soir , Wons descendîmes dâfis une vallée , où nous trouvâmes ime grande quantité d’eau , car «lie était afrrosée par une des Branches du Neàlo-

Koba. Les étangs avaient beaucoup de poissons ; mais ils étaient trop profonds pour que l’on pùt les prendre à la main. Tout auprès du ruisseau «ont les ruines du village de Doufrou , détruit par les habitans de Dentija , depuis quelque temps. On regarde cet endroit comme excellent • pour y tirer des éléphans; nous aperçûmes, près de la rivière, la fiente et les pas d’un grand nombre de ces animaux. J’épiai là une éclipse du premier satellite de Jupiter j mais cette planète fut environnée de nuages.

* 26 mai. Au point du jour nous montâmes,

fin parlant de la plaine .de Doufrou , et fîmes route à travers un*pays raboteux, jusqu'à dix heures. Alors nous rencontrâmes une coffle à un abreuvoir appelé Soutinirnmtk Elle allait à la Gambie racheter un prisonnier pour dettes, qui devait être fait esclave , s’il n’était pas délivré sous peu de mois. Comme il n’y avait point . d’eau en cet endroit, nous ne.nous y’arrêtârfies pas. Lorsque nous continuâmes notre marche, deux soldats ne furent pas .en état de nous suivre. Le gros de la caravane continua de mar-

cher , et à midi et demi arriva à la Crique des Abeilles, d’où nous reiivo}'âmes en arrière deux nègres avec un âne pour ramener les deux soldats fatigués. ‘

,I\ous avions à peine ôté aux ânes leurs paquets près de la Crique, que quelques-uns

des hommes d’Isaac , en cherchant du miel,

troublèrent , par malheur , un grand essaim ^ d’abeilles près de qui la cofflc avait fait halte. Les abeilles sortirent en immense quaniilé : elles attaquèrent hommes et bêles en môme temps.

Par bonheur, la plupart des ânes étaient détachés, et ils galopèrent dans la vallée; mais nous fûmes fortement piqués, ainsi que les chevaux , et obligés de fuir dans toutes les directiojds. Le feu allumé pour faire la cuisine étant abandonné, s’étendit, embrasa les bambous, et manqua de brûler notre bagage. Dans le fait , . »

pendant une demi-heure, les abeilles parurent avoir mis fin à notre voyage.

Le soir , quand ces insectes devinrent moins incommodes , et que nous pûmes nous hasarder à rasseinbler,nos bêtes, nous trouvâmes

qu’un grand nombre d’entr’elles avaient la léte

piquée et enflée. Il nous manqua trois ânes; un

autre tnourut dans la soirée , un le lendemain

matin , et nous fûmes forcés d’en laisser un à

Sihikillin ; ainsi , en tout , nous en perdîmes

six. Le guide, en outre , perdit aussi son cheval ;

et beaucoup de nos hommes furent blessés à

la figure et aux maiqs.

J’observai , pendant la nuit , une émersion du second satellite de Jupiter. J’avais auparavant observé, ce même jour, la hauteur du soleil , en deçà d’un mille de la Crique des Abeilles.

37 mai. Nous partîmes de grand matin , et arrivâmes à Sibikillin , après un voyage de quatre milles. L’eau que l’on emploie dans cette ville , se tire d’un rocher creux et très-profond. Dans cet étang , il y a une grande quantité de poissons; mais les naturels n’en mangent point, et ne permettent pas qu’on en prenne, s’imag^inant que la source se dessécherait aussitôt. A la nuit, un des hommes de la ville trouva le cheval de notre guide dans les champs, et nous l’amena.

Digitizod by C'.nngli

Nous Ifli donnâmes quinze barres d’ambre , un barraloulo , etc.

a8 mai. Au point du jour nous partîmes , et, à environ trois mitles à l’est de Sibikillin , nous descendîmes dans une vallée où je vis les shéas, ou arbres à'beurre, dont plusieurs étaient chargés de fruits , mais non encore mûrs. Vers onze heures nous atteignîmes Badou , petite ville cpnsistant en trois cents huttes environ. Un petrau nord de cette ville en est une autre appelée aussi Badou , mais on les distingué entre elles par les noms de Sansanding et Sansanba.

Lesslatees ou gouverneursde ces deux villes,' exigent de toutes les coffles une grande quantité de tribnts ; et si on les leur refuse, ils se réunissent pour les piller. Jugeant convenable d’arranger, sans dispute , cette affaire, je donnai, pendant le jour, les objets qui suivent ; è

' A Amcvr, frère puîné' du roi.

Éknea.

Arnhrc,n°9t lo

Corail.. 5

Digilized by Goc^le

y/u roi de Sansanding.

Ambre .

Corail.

Ecarlate

Barraloulo

Deux miroirs *.....

Ecarlate

Ambre

rai de Sansanba.

Ambre

Corail <

Ecarlate •'

Barraloulo

Barres.

dijO'erentes personnes , à des grands , ?.o

Achète un jeune bœuf pour. 12

Et uii mouton pour 5

2 Q vmi. Dans la matinée, j’eus une occasion d’envoyer deux lettres en Angleterre par la Gambie.

Le soir, nous quittâmes Badou et vînmes à Tambacunda , environ à quatre milles à l’est de

Badou. La Gambie n’est qu’à quatre milles au sud de Badou. M. Anderson eiM. Scott allèrent au sommet d’une montagne voisine d<^ la ville » £t ils eurent de là une belle vue de la rivière. Bn cours vient du sud-est , jusqu’au lieu où elle parvient au pied des montagnes voisines de Badou ; là , elle tourne au sud. On l’appelle B» Deema ou la rivière qui est toujours une rivière, c’est-à-dire qui ne se dessèche jamais. La distance entre Badou et Laby, dans le pays de Fouta-Jalla, est de cinq jours de marche. Cachetai en ce lieu deux ânes.

^ 5o mai. Nous quittâmes Tambacunda, et entrâmes dans les bois. Jusqu’à onze heures nous voyageâmes avec une grande célérité; alors J30US arrivâmes à un abreuvoir appelé Fatijing, où nous trouvâmes de l’eau verdâtre et bourbeuse si mauvaise, que la nécessité seule nous en aurait fait boire. Nous fîmes halte en ce lieu jusqu’à deux heures et demie; alors nous nous remîmes en marche, et arrivâmes à Tabba-Gee au moment mên>e de la nuit. Nous n’y trouvâmes point d’eau. Pendant i’après-i

üiidi , le pays au sud était beau et montueux. Un peu avant notre arrivée au lieu de repos , U tomba quelques gouttes de pluie.

5i mai. Nous quiltâmcs, au point du }oni^ Tabba Gee, et à quelques milles à l'est nous dq| passâmes un bloc rond de quartz, appelé parles naturels ta houro, ou la pierre du vt^ageur.

Tous ceux qui passent par cei endroit la so\i-< lèvent et la font tourner. Ces mouvemens ré^ pétés rendent la pierre très*polie, et creusent le rocher ferrugineux sur lequel elle est placée. Nous limes halte, pendant la chaleur du jour, i Mambari , o{i il y a un petit village bâti dans cette saison même. L’ancien fut détruit par les guerres , il y a longr-lemps. Dans le cours de lA matinée, nous passâmes deux ruisseaux qui coulaient vers la Gambie. •

Muianta , montagne qui ressemble à un châ->^ teau , et située au sud-est, s'élève à la distance de seize milles. Sambankalla est au sud : les montagn.eade Foula-Jalla sont à roueet-sud-.ouest , au sud ^ ouest et au sud • sud ouest. La ville de .Laby est au*deU de ces montagnes, qui en sont

Digiiized

éloignées de trois jours de marche. La rÎTière Gambie vient du sud-sud-ouest , entre Muianta elles montagnes de Fouta-Jalla. Ces dernières hauteurs ont l'aspect de Madère, quand on la voit de la mer ; maiè les montagnes n’ont pas des pointes aussi aiguës que celles de cette lie.

Dans l’après-midi, nous reprîmes notre voyage , et , à quatre milles à l’est , nous passâmes â sec le lit d’un torrent qui se jette dans la Gamëie. La route était rocailleuse, et on y trouvait, en grande quantité, dft quartz blanc, par blocs détachés et par petits morceaux. Nous marcliàmes jusqu’à ce que l’obscurité fût profonde. Alors nous fûmes forcés de faire halte, pour la nuit , dans un lieu où il n’y avait pas d’eau. Nous nous endormîmes tous sans avoir* soupé. J ‘ « *

juin. Départ au point du jour, et à dix heures arrivée à Julifuqda , ville considérable, bâtie par des gens qui, autrefois , recevaient des marchandises d’avance des Européens trafiquans sur la Gambie , le Rio Nunez et Kajaaga ; le . chemin de Bambara à ce? divers lieux condui-

Digilized by Goc^le

' sant fréquemment à cette ville, lorsqtle les autres routes étaient interceptées par la guerre. Les gens qui trafiquent sur leur crédit , sont appelés juli, pour les distinguer du slatee qui fait commerce avec sa propre capitale. Julilunda était autrefois habitée entièrement par

les Soninkees ; mais le roi de Fouta-Jalla leur

fil la guerre, et, comme condition de 'paix, les obligea d’embrasser le mahoméiisme. Je pense que la ville peut contenir envirdh 2,000 personnes, en y comprenant celles qui demeu- ^ rent dans les faubourgs.

Le soir, nous envoyâmes notre guide au chef, appelé Marisa Kussan, et reconnu pour un des commandans les plus avares de toute la ■route. Je lui envoyai en présent de l’ambre et * de l’écarlate*, ét je lui fis* dire que j’avais intention de rester un jour à Julifunda pour acheter du riz.

3 juin. J’achetai du grain et du riz pôur la charge de deux ânes. Je présentai à Mansa Kussan de l’ambre , du corail et de l’écarlatè , dont il parut être fort satisfait. Il m’envoya un

jeune bœuf en retour. Il faisait toujours des prières pour ma sûreté ,* et me dit qu’il ferait tout son possible pour favoriser la continuai tion de^ notre voyage. J’achetai un âne pour vingt barres d’ambre. A quatre heures, nous replaçâmes les paquets sur nos bêtes de somme, et partîmes pour Baniserile. Tous les ânes étaient déjà en marche , et je restais seul avec M. Anderson, lorsque j’envoyai notre guide pour informer Mansa Kussan de notre départ.

Il vint nous dire que Mansa Kussan lui avait déclaré que si je ne lui donnais dix barres de différentes espèces de marchandises, il ne«ous permettrait pas de pénétrer davantage dans le pays ; et que si nous tentions de passer sans son consentement , il ferait tous ses efforts pour nous piller dans les bois.

Je fis revenir nos hommes et nos ânes , et je tâchai de tout arranger avec douceur, soupçonnant qu’il n’eût pas tenu un pareil langage , s’il n’eût reçu des assurances de quelques autrçs villes qu’elles se joindraientà lui pour nous attaquer. Je lui envoyai un peu plus d’ambre cl

d'écarlate par notre guide. Je ne voulais pas

aller seul dans la ville , car j’avais été informé

que l'intention du roi était de me retenir] dans

la vue de me faire acheter chèreipent ma li-

ber té.

Mansa Kussan se saisit du prix que j'avais remis a celui de qui j’avais acheté l’àne ; et , ce qui montra encore plus ses intentions hostiles, il s’empara de l’âne même, jusqu’à ce que le palaver eût été terminé. Je vjiis donner ici uni liste des différens articles de commerce qu’en différeqjtes fois j’ai payés à Mansa Kussan , dans JuU^ndq.

Envoji d’abord :

Barres

Ambre...'*. i6

Ecarlate lo

. Barratoulo jo

Envojré ensuite :

Ambre 4

Barraloulo 5

Ambre , n” i i a

jiux frères de Kussan.

BarrMi

• Ambre 2

Ecarlate ' 2

Objets apportes avec moi quand j*atlai lui

rendre mes devoirs.

Ambre f 2$

Graius de coHier 5

Miroir

Envoyé après^e retour des dnes.

Ambre... 25

Corail....'. .*.. 10

Graina de collier la

Epeea «

Envoyé le matin du 5 juin.

Une paire de pistolets 20

Ecarlate lo-

^ Barraloulo 1 5

Total igi

5 juin. Ayant enrayé au roi le dernier présent mentionné dans cette Kste , je crus, et fen reçus l’assurance de ses frères, ||u’il ne me serait plus fait declemandc ; mais je fus bien surpris,

lorsque , à leur retour , notre guide et les frères du roi me dirent que je devais envoyer dix barres de poudre à tirer, et dix de pierres à fusil. Je résolus de terminer l’afTaire. Je dis donc aux lirères du roi que j’étais persuadé d’avoir fort bien payé le roi pour passer sur son terriloire; que je ne lui donnerais pas une seule charge de poudre ni une pierre; que s’il refusait de me laisser passer, je partirais sans sa permission ; et qu’eufia si ses gens tentaient' de nous arrêter, nous ferions tout pour nous défendre. Les frères du roi et quelques-uns des vieux marchands insistèrent pour que j’envoyasse la poudre à tirer ou quelques autres marchandises d’égale valeur ; mais je les assurai que les Européens aimeraient beaucoup mi^^^^ courir le risque, d’être pillés à main armée., que de ^ laisser extorquer par des demandes si exorbitantes les objets qu’ils avaient apportés pour acheter des provisions. Après plusieurs allées et venues , le roi jugea convenable de dire qu’il ' était satisfait, j|t ajouta, ce, qui me surprit, .qu’il nous ferait, dans l’apr^-micy , une visite

d'amitié. En effet, il .vint accompagné d’une troupe de parasites et de chanteuses. Il m’offrit quelques noix de cola , que je dis à notre guide de prendre et de manger. Le roi me dit aussi ^ que j’aurais un guide pour me conduire à Baniserile.

4 juin. Nous partîmes de grand matin ; et ayant passé* le village Eercella , remarquable par un bosquet de grands arbres sittas, vers une heure, nous arrivâmes à Baniserile, et fîmes halte sous un. arbre près des puits. C’était le jour de la naissance de sa majesté. Nous dressâmes une des tentes , et achetâmes un jeune hœuf et un veau pour les Soldats. Dans l’aprèsmidi nous les rangeâmes en bataille, et leur fîmes décharger leurs armes; enfin, nous fêtâmes ce jour aussi bien que notre situation pouvait le permettre. Quoique nous fussions dans la nécessité de ne boire à la santé de sa majesté que l’eau de nos* gourdes, cependant peu de ses sujets firent de meilleur cœur que nous des vœux pour la conservation de ses jours et la prospérité de son règne. :

Baniserile est une ville nialiemétane. Le chef, Fodi Braheima est un des hommes les plus rem-^ plis de bienveillance que j’aie jamais rencontrés. Je lui donnai une copie en arabe du nouveau testament, et ce cadeau parut lui faire 4 grand plaisir.

5 juin^ Ce jour fut employé è acheter du riz ; car j’avais été informé que , dans l’est , il y avait une grande rareté de cette denrée. J’achetai le riz à Baniserile et JulifuiKia , avec de l’ambre n” 5 , et quoique la pénurie des denrées fût presque . la famine, je pus acheter une livre de beau riz pour un morceau d’ambre de 2 s. sterl. (2 f. 25 c.)

J’en achetai la charge de trois ânes , et le 6 deux charges de plus , faisant en tout sept cent cinquante livres de riz. Ce jour-là, un des gens de notre guide alla acheter des esclaves à Laby, en Foula-Jàlla , à la distance de troisfortes journées de chemin. Les babitans de Baniserile m’assurèrent qu’il n’y avait df BsEdou à Laby . qne trois jours de marche. Pendant la nuit , nous eûmes des ralfales de vent+avec du tonnerre et des éclairs. Comme les paquets étaient

Montagne carrée près Dindikou .

sous la tente ^ ils ne furent pas mouillés ; mais nn de nos charpentiers y le vieux James , qui avait été malade de la dysenterie, depuis notre passage du Nerico , et qui se portait mieux, devint beaucoup plus mal.

•. Dentila estfameox pour ses fers ; on emploie, pour couler le fer, des cendres de Fécorce dé kino. Ces cendres sont aussi blanches que de la &rine. On ne s’en sert point dans la teinlure en bleu, et elles doivent avoir, en conséquence, quelque chose de particulier. J'en goûtai : elles ne me parurent pas avoir autant d’alkali que les cendres de mimosa ] mais elles avaient un goût âpre. Des habitans me dirent que si j’en mangeais , j’étais sûr d’en mourir.

7 Juin. Nous partîmes de grand malin ; 'et comme le charpentier dont j’ai parlé était très-faible , je chargeai deux soldats de se tenir près de lui , et de l'aider à monter sur son âne , ainsi qu’à le conduire. Une montagne de forme carrée s’aperçut droit à l’est. Nous supposâmes que c'était celle qui , dans le pays de Konkodou, avobine Dindikou.

Peu de temps après , nous traversâmes le lit d’un ruisseau qui se rendait à la rivière Falême^ il est appelé' Sainakou , à cause des grandes troupes d'éléphans qui sy lavent dans la saison des [»luies.

Nous vîmes très-sou vent des traces de leur pas et de la fiente toute récente. Les ânes marchèrent fort mal ce jour-là ; nous pensâmes que cette lenteur provenait de ce qu’ils avaient mangé de l’herbe fraîche.

Nous fûmes obligés de faire porter des charges aux chevaux; et à midi nous fîmes halte à un vaste étang placé danâ le lit du Samakou^ et Januinga, ' ,

Depuis l’instant où nous traversàtpes le Sairtakou jusqu’au lieu de cette halte, noua marchâmes sans suivre aucun chemia&ayé ; comme il y avait une guerre dans le sud, et que des gens armés se trouvaient en campagne , notre guide avait eu peu^ir qn’iU ir’éssayassâU d’inter» cepter, sur nos derrières, quelques ânes fu lignés.

Dans l'après-midi, nous nous remîmes en voyage, et marchâmes, sans aucun chemin,

dans tin pays sauvage et plein de rocliers. Nous fàmes obligés, de laisser en roule deux ânes , et de charger tous les chevaux. Nous n’arrivâmes <}u’à la. brune à l’sdjreavoir , et nous primes 1er parti de tirer souvent des coups de fusil pour nous empêcher de noüs séparer les uns des autres^

8 /uin» Nous c<Jniin’u4nies notre voyage dé bonne heure; et à environ deux nvilles à‘ l’est, nous arrivâmes au sommet d’une montagne, d’où nous ptkues- distüogaer le cours de ly rivière Falénle par nnerangëe d'arhÉresd'un verd foncé .qui croissent sur seS bords. Le charpentier ne^ pouvaitse lenA' debout , et souvent il se^ jeta- en bas dé'' son âne, en désirant qu’on fe laissât mourir. Je le fis prendre et replacer de force sur sa monture par deux- soldats. A midi , nous attdgnimes Madina ^ et nous'flmes halte sur le bord de* la Falême , qui , dans cette sai»3n , est un peu décolorée par la pluie ^ mais pas sensiblement enflée;- Le cours général de cette rivièrei' tel que le tracent les naturels, vient du-' sud-est'; et la distance , à sa.spurce , est de sixi

journées ordinaires démarche. Le lit de la rivièrfe est ici rocailleux , excepté à l’endroit du pas* sage , où il est un mélange de sable et de gravier. Celte rivière abonde en poissons, dont plusieurs sont fort grands. Nous en vîmes qui plongeaient et sautaient. Ils nous parorcnt assez forts pour peser de soixante à soixante-dix livres.. La rapidité du couraint est d’environ quatre nœuds par heure.

Dans l’après-midi , nous transportâmes tous, les paquets sur le bord opposé , ce qui fatigua beaucoup les soldats. Quand ce travail fut terminé , je trouvai le' charpentier encore plus faible et paraissant près de mourir. Je jugeai dono convenable dé le laisser à Madina jusqu’au matin suivant. J’allai au village , et louai pour lui une hutte, moyennant six barres d’ambre.

J’en donnai quatre barres au douty, en le priant d’ordonner qu’un de ses gens aidât un soldat' laissé près dû malade à l’ensev^r, sll mqurait pendant la nuit. J’allai le soir à Satadou,.qui n’est qu’à un mille à l’est de la rivière. Coname il y avait grande apparence de pluie, je mis tout

le bagage en un monceau , et je dormis au som^ met des paquets , laissant l’autre tente aux soldats. Nous eûmes un ouragan terribfe , accompagné de tonnerre et d’éclairs.

g juin. Le soldat qui avait été laissé pour prendre soin du malade , retourna dans la matinée ; il nous informa qu’il était mort à huit heures le soir précédent, et qu’avec l’aide des nègres , il l’avait inhumé dans le lieu où les gens du village ensevelissent leurs morts. Noua achetâmes du grain pour les ânes, un fort jeune bœuf pour les gens, et un âne.

' Le soir j'’allaià la ville, et je présentai' six barres au douty, en le priant de me donner un guide jusqu’à Shrondo; ce qu’il m’accorda volontiers. Saladou est environné de murailles, et contient environ trois cents huttes : il était auparavant beaucoup plus vaste.

‘ Cinq des soldats qui-, pendant la pluie , n’étaient pas venus dans la lente , mais s’étalent tenus sous un arbre, se plaignirent beaucoup^ de mal à la téle et à l’estomac.

: \ O juin. Les soldats sont toujours maladês*.

J>vous quittâmes Satadou au lever du soleil. Oâ Xiaus avait voléÿ pendant la nuit, plusieurs 4e nos gourdes.. Ce uialin-là aivous fîmes plus de deux milles parmi , .du .quartz blanc ; de grands blocs étai^t épars4out à l'entour. On joe voit point d’autres pierres,. Nous emportâmes de l’eau plein une grande outre, étant iaçertains si nous en trouverions d’autre dans le pbenjiin. A onze heures, nous arrivâmes au lit d’un ruisseau ap|>elé BUlalla , et coulant à notre gauche ÿ nous y trouvâmes de l'eau bour-r beuse.

Nous reprîmes notre route à trois heures et 'y demie passées, et voyageâmes vers les mon- ^ lagnes , parmi un sol rocailleux. Un grand pombre d’ânes furent très- fatigués. La tête de la cofde parvint â Shrondo au coucher du soleil; mais étant en arrière, je ês monter sur mon cheval un des malades , et ' je l’aidai à faire • marcher les ânes ^ligués; de sorte que je n’at-

teignjs le lieu de halte qu’à huit heures , et que je fus forcé de laisser quatre ^es dans les bois. 3hrondfi n est qn’une petite ville. Selon notre

«sage , nous nous arrêtâmes sous un arbre 4 peu distance de la place; et avant de pouvoir dresser une des tentes , nous fûmes assaillis d’un ouragan très-violent, qui nous mouilla tous complètement. En essayant d’attacher une des tentes à une branche d’arbre, j’eus mon chapeau enlevé, et je le perdis. Le terrein, tout à l’entour, fut couvert d’eau, environ à trois, pouces de profondeur. Vers deux heures du matin, nous éprouvâmes un nouvel ouragan.

Celui qui se déclara à notre arrivée, eut utt effet immédiat sur la santé des soldats , et s’annonça à nous corarrie le commencement de nosdouleurs. Je m’étais orgueilleusement flatté que nous arriverions au Niger avec une perte fort peu considérable.. Nous avions eu deux hommes malades de la dysenterie. L’un d’eux se rétablit tout à fait pendant la marche, et l’autre, sans doute, aurait aussi recouvré la santé, s’il n’eût été mouillé par la pluie, à Baniserile. Mais alors les pluies étaient venues et je tremblais en songeant que nous n’étions qu’à mi-chemin de notre voyage. A peine la

pluie avait- elle commencé depuis trois minutes , qu’un grand nombre de soldats furent affectés de vomissemens, d’autres tombèrent dans l’assoupissement, et parurent comme à»moitié ivres. Pendant l’orage, j’éprouvai une grande envie de dormir; et aussitôt qu’il fut fini, je tombai assoupi sur la terre humide , quoique je fisse tous mes efforts pour me tenir éveillé. Les soldats s’endormirent aussi sur les paquets mouillés..

12 juin. Douze des soldats furent malades..

J’allai saluer le douty; je lui présentai cinq barres d’ambre avec deux de grains de colliers., et lui demandai la {)ermission d’aller voir les mines d’argent que j’avais appris être dans le voisinage. Il me l’accorda ; et je louai une femme pour venir avec moi. J’avais consenti à lui payer une barre d’ambre, si elle me montrait un grain d’or. Nous marchâmes environ un demi-mille à l’ouest de la ville, et arrivâmes à une petite prairie d’environ quatre ou cinq acres d’étendue, danslaquelleétaient creusés plusieurs trous J semblables à des puits, lis aveient en général

Æx ou douze pieds de profondeur; ceux du • milieu de la prairie étaient plus profonds que ceux des extrémités. Ils étaient au nombre d'environ trente, outre plusieurs anciens qui s’étaient bouchés. Près de l’ouverture de ces fosses en étaient plusieurs autres petites tracées avec de l’argile et pleines d’eau de pluie. Entre les trous de la mine et ceuxrci, se. trouvaient plusieurs tas de gravier sablonneux. Sur le sommet de chacun était une pierre; quelques-unes étaient blanches , d’autres rouges , noires ; elles servent à distinguer la propriété de chacun. Je ne pus voir, dans ce gravier, rien de particulier. Quelques cailloux gros comme des œufs de pigeon , des morceaux de quartz blanc et rougeâtre , des pierres ferrugineuses, delà craie noirâtre , et une espèce de pierre jaune et friable, qui s’écrasait sous les doigts, étaient les -principales substances minérales que je pus distinguer. Il y avait, de plus , une grande quantité de sable: et de terre jaunâtre.

La femme prit environ une demi-livre de gravier d’un des tas , qui, conune je le suppo^

sai, lui appartenait, et l’ayant mis dans une grande calebasse, jeta de l’eau dessus avec une . autre plus petite. Ces deux calebasses sont tout ce qui est nécessaire pour laver l’or. La quantité d’eau suffisait pour couvrir le sable d’environ un pouce. Elle mêla ensuite le sable avec l’eau, par |>etites parties , ce qu*e)le ne Ôt point en tournant, mais en tenant ses mains devant ' elle , comme on le voit dans la gravure cijointe.

Alors elle j^ta tous les gros cailloux , regardant à terre , en même temps , dans la crainte de jeter qtielque morceau d’or. Elle agita ensuite le sable ,en tournant de manière à taire sortir par-dessus les bords de la calebasse, une partie du sable et de l'eau. Tandis quelle agissait ainsi avec sa main droite, de la gaucheelle enlevait à chaque tour , du centre du vase , une portion de sable et d’eau. Elle y versa en suite un peu d’eau fraicbe ; et comme'la quantité du sable était alors fort diminuée, elle plaça la calebasse dans une direction oblique et fit mouvoir doucement le sable dans la ligne

Jftmiirai par 9m S^emmm

lâe iSlirainâ» ^wnr Ibmwr 3'Or^

A, Bÿ tandis qu'elle l’agitait constamment, et d’un mouvement rapide, dans la direction C, D, J’observai alors unie quantité de matière noire semblable à de la poudre à canon , qu’elle me dit être de la rouille d’or; et quand elle eut encore un peu remué le sable en tournant dans la calebasse , elle me montra une tache jaune, en me disant: Sanou afjilli y voyez l’or. En regardant avec attention , j’aperçus une portion d’or pur, que je pris. 11 aurait pesé environ un grain. La totalité de l’opération, depuis le premier moment où elle mit le sable dans le vase jusqu’à eduioù elle me montra i’or, n’excéda pas deux minutes. Je lui demandai de s’en procurer une plus grande quantité. Elle mit dans la calebasse , autant que je pus l’évaloer , environ deux livres de sable; elle le lava de la même manière, etpresquedansle méme temps; ne trouva pas moins de vîpgt-trois particules d’or , dont quelques-unes étaient fort petites. Dans les deux circonstances, je remarquai que la quantité de sanou-mira , ou rouille d’or, était au moins quarante fois aussi grande que celle

de l’or. Cette femme m’assura qu’elle tronraît quelquefois des morceaux d’or aussi gros que «on poing. Je ne peux déterminer ce que l’on obtient d’or en ce lieu dans une année, parle lavage î mais je crois que la quantité en est eonsiclérabie , quoique Ton ne fasse ce travail qu’au commencement et à la fin des pluies. On vend ici, et dans toute notre route, l’or par xninkalli. Six teelee kissi ( espèce de lève qui est le fruit d’un grand arbre ) font iiii minkalli. Le' poids rie six teelee kissi est exactement 3 et 9. Dans le Kaorta , on se sert d’une petite fève appelée tabee-kissi , dont vingt-quatre font un minkalli. Une jabee kissi pèse exactement quatre grains. Dans le Kasson ; douze petits tamarins font un minkalli, qui, je croia, est le plus pesant de cette partie- de l’Afrique. Si l’on achète l’or avec de l’ambré, un' grain dun° 4> suffit , dar^ presque tous les cas, pour acheter un teelee-kissi mais on peut l’acheter avec plus d'avantage, moyennant des grains de collier ou de l’écarlate, et mieux encore avec de la poudre à tirer. Je n’en achetai point jmai*.

notre guide en acheta une quantité oonsidérable, et je fus présent à son marché.

J’allai voir dans l’après-midi un frère de Kar- £a-Taura. II avait une grande collection de livres arabes, et je le rendis très satisfait en y ajoutant 4in nouveau testament aussi en arabe.

la juin. Nous partîmes de Shronda dè grand matin. Les malades ne pouvant marcher, je leur donnai les chevaux et les ânes dont on put se passer. Nous voyageâmes lentement le long du pied des monts Konkadou , qui sont des précipices très-escarpés formés par des roches, et de quatre-vingt â deux ou trois cents pieds de haut. A midi , nous arrivâmes à Dindikou. Alors un ouragan nous saisit avec tant.de ra-' pidité , que nous fûmes forcés de transporter nos fardeaux dans les huttes des naturels. C’était la première fois que la cofïle était entrée dans une ville depuis son départ de la Gambie. Aussitôt que la pluie eut cessé , j’allai voir avec M. Anderson les puits à or qui sont près de cette ville. Ils sont exactement creusés d«5 la mênae manière que ceux de Shrondo.

Les entailles faites dans le côté du puits servent d'échelles pour y descendre. Le gravier est là fort gros. Quelques pierres rondes, plus grosses q<fe la tête d’un homme, ei un grand nombre d’autres plus grosses que le poing , étaient plaœées autour de l’ouverture des püîts, qui étaient au nombre d’environ vingt. Près de ces pttïts est une source. Comme le terrain des bords en avait été battu par cenx qui venaient laver fôr , je distinguai une cduehe de ferre et de larges pierres d’environ dix pieds d’épaisseur, e» au-dessous une couche de deux pieds de cailloux ferrugineux , de la grosseur d’nu' oeuf de pigeon, puis un sable et une terre jeunes et dé couleur de rouille ; enfin, tout audessous, une couche d’argile blanche et dure. G’esI dans le sable couleur de rouHle que l’on trouve l’or. Je vis quantité dé rouillé ét or.

* Quand je revins des puits d’or , j’aHai avec M. Scott au haut de la montagne qui est tout proche delà ville ; c’était uneroehe fort escarpée. Ces rochers, comme tontes les montagnes du Konkodou, sont 'un granit grossier et rou-'

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geàtre , composé de feld spath rouge , de quartz blanc et de shori noir ; mais ils diflépent de tous les granits que )’ai vus, en ayant des cailloux ronds et polis, dont beaucoup sont aussi gros qu’un boulet de canon. Ces cailloux ^ quand oa les brise, se font reconnaître pour être du granit^ mais d'une couleur plus pâle et d'un tissu plus compact. La journée était bralche ; mais après beaucoup de fatigue, et six intervalles de repos ^ nous trouvâmes que nous n’étions qu’à mi-chemin du sommet. Nous fûmes surpris dé trouver la montagne cultivée jusqu’au haut; et que, quoi«^ que les habilans de l^ndinkou ne lissent que préparer leurs terres , le grain, suc les montagnes, fiât de six pouces de hauteur. Les villages situés sur ces montagnes smit romantiques audelà de ce que j’avais jamais vu. lis sont construits dans les retraites les plbs délicieuses des montagneSk 11 ont de l'eau et de l’herbe dans toutes les saisons. Les habitons ont assce d« bestiaux pour leur usage; le superflu de leur gpaki fournit à tous leurs besoins de luxe ; et quand^le tonnerre, avec une majesté eflfirayante,

roule au-dessus de leurs têtes, ils peuvent, du hautde leurs redoutables précipices, contempler toute la plaine sauvage et remplie de bois qui s'étend de la Falême à la rivière Noire. Cette plaine a d’étendue, du nord au sud , environ quarante milles. La chaîne de montagnes au sud semble courir dans la même direetion que celles de Ronkodou , c’est-à-dire dél’està l'ouest.’ H n’y a point de lions sur les montagnes, quoiqu’ils soient très-nombreux dans la plaine. Le soir, le lieutenant Mariyti tomba malade de la fièvre.

' 1 3 juin. Nous partîmes de Dindikou , de bonne heure. Les malades avaient tous lest chevaux et l’excédent des ânes; et comme* le nombre des conducteurs était diminué , nous avions une rude besogne. Dix des ânes chargés ^ avec leurs conducteurs, prirent une autre route. M. Anderson et M. Scott étaient* avec eux; ils tirèrent leurs coups de fusil, aussitôt qu’ils obser* vèrént'que le guide les conduisait dans un che« min où nuis pas d’âne n’étaient marqués.' Je leur répondis, et envoyai le sergent à leur secours.

Une demi-heure après , ils revinrent , ayant marché environ 3 milles à droite. Vers une heure j’arrivai à un village presque désert , et je trouvai la coffle faisant halte près d’un ruisseau à l’est de ce village. Notre situation m’affligeait beaucoup. La moitié de notre monde était ou attaquée de la fièvre ou incapable de grands travaux,' * et fatiguée de chasser les ânes. Je trouvai , à ma grande mortification, que ^l’âne qui portait le' télescope et plusieurs autres objets, n’était pas arrivé. M. Anderson , le sergent et notre guide, rétrogradèrent à cheval pour le chercher, pendant environ cinq milles ; mais à trois heures et demie, ils revinrent sans l’avoir trouvé. Je présentai au douty du village cinq barres d’ambres , en le priant, s’il avait connaissance de cet animal , de me l’envoyer. Je lui promis de le récompenser pour ce soin. Nous rechargeâmes nos bétes , et la coffle était déjà en marche , quand un des fils du douty vint nous dire qu’il avait vu l’âne, et l’avait amené au village. Je jji y rendis, et payai vingt barres à celui qui avait trouvé l’âne. Le douty en eut cinq. Je mis le

paquet sur mon cheval, que je chassai devant moi. Je n’arrivai à Fankia qu’à sept heures; j’avais été obligé de marcher lentement , pour encourager deux soldats malades resjés en arrière, et qui voulaient se coucher sous chacun des arbres près desquels nous passions. Fankia est un petit village , à quatres milles nord-ouest de Binlingalla. Là nous nous écartâmes de ma ■ première route, et ne la rejoignîmes que quand nous arrivâmes au Niger.

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