‹ Seconde patrieChapitre 8 sur 13 · KL · texte numérisé non relu

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SRCONDli PAT1UF.

carbonique, ils se transformeraient en chau:

Donc, lorsque le temps le permettrait, on s'o cuperait de ce travail, et deux à trois morn suffiraient pour qu'il fût terminé à la satisfa tion générale.

Avec le mois de juillet, au, cœur de la saiso pluvieuse sous cette latitude, les trouble atmosphériques redoublèrent d'intensité. L plus souvent , il devint impossible de sehasardt au dehors. Les grains, les rafales, fouettaient! littoral avec une impétuosité dont on ne saura avoir l'idée. C'était comme un acharnement cï mitraille, lorsque la grêle s'y mêlait. La houl se soulevait en énormes lames déferlantes, doî le fracas se répercutait dans les creux de ] côte. Que de fois leurs embruns, passant pai dessus la falaise, retombèrent en épaissi-i nappes au pied des arbres ! Il y eut certaine heures où, par la concordance du vent et de ] marée, une sorte de mascaret se produisit, qi refoulait les eaux du ruisseau des Chaca jusqu'au pied de la chute. M. Zermatt ne fut pi sans inquiétude à l'égard des champs voisin; Il fallut même couper la conduite qui relia le ruisseau au lac des Cygnes, dont le trop-plei eût noyé les environs de Wahlcac:. La situatio de la pinasse et de la chaloupe, au fond de 1 crique, inspira aussi des craintes. Maintes fo on dut s'assurer que les ancres tenaient bon < doubler les amarres, afin d'éviter tout clic avec les roches. De ce chef, il n'y eut en somin

aucun dommage. Mais on quel état devaient 'être les métairies, principalement Waldegg, Prospect-IIill, plus exposées que les autres, eu égard à leur proximité de ce littoral que l'ouragan battait avec une effroyable fureur?

Aussi M. Zermatt, Ernest, Jack et M.Wolston «voulurent-ils profiter d'un jour de répit afin de remonter jusqu'au cap de l'Espoir-Trompé.

Les craintes n'étaient que trop justifiées. Les deux métairies avaient déjà souffert, .et elles exigeraient des travaux confortât ifs qui ne pouvaient être entrepris à cette époque, et lurent remis à la fin de la mauvaise saison.

C était dans la salle de la bibliothèque que les familles passaient d'ordinaire leurs soirées. On sait que les livres n'y manquaient pas, ni ceux qui provenaient du L&ndlord, ni les ouvrages plus modernes offerts par le lieutenant Littlestone, récits de voyages, ouvrages d'histoire naturelle, zoologie et botanique, lus et relus par Ernest, ni enfin ceux qui appartenaient à M. Wolston, manuels de mécanique, de météorologie, de physique, de chimie. Il y avait jusqu'à des histoires de chasse aux Indes et en Afrique, qui donnaient à Jack une irrésistible lenvie de partir pour ces pays-là!

Tandis que la tempête mugissait au dehors, la lecture se faisait à haute voix. On causait, itantôt en anglais, tantôt en allemand, — deux langues que les uns et les autres parlaient à iprésent d'une manière courante, non sans que

SKCONDK P A TRI F.

les dictionnaires fussent quelquefois feuilletés 11 y avait des soirées où Ton employait uniquement soit le langage de la ( irande-IJre'tagne soit celui de la Suisse allemande, et aussi, mai: avec moins de facilité, celui de la Suisse fran caise. Ernest et Annah avaient fait seuls de grands progrès dans l'étude de cotte belle langue, si nette, si précise, si souple, si propice à l'inspiration des poètes, et qui s'approprie avec tant de justesse à tout ce qui concerne le: sciences et les arts. C'était même un plaisfc d'entendre parler le français au jeune homme et à la jeune fille, bien qu'on ne les comprit pa toujours.

11 a été dit que le mois de juillet était le plu éprouvé en cette partie de l'océan Indien Lorsque les tourmentes se modéraient, surve naient d'épais brouillards qui enveloppaien l'île entière. Un navire, passant à quelques en enblures seulemenl . n'aurait pu apercevoir ni le hauteurs du centre ni les caps du littoral. Ce brumes devaient s'étendre bien au delà en direc tioji de l'est. Aussi pouvait-un craindre ququelque bâtiment vint se perdre au milieu d ces parages, comme le LamUord et la Dov cas?.,. L'avenir imposerait certainement au nouveaux colons la nécessité d'éclairer les ceite de la Nouvelle- Suisse, dont ratterrissenien serait très facilite' 1 , au moins par le nord.

« Et pourquoi ne construirions-nous pas u:

phare?... dit Jack. Voyons... un phare sur 1

SECONDK PATRIE

■ap de l'Espoir- Trompé, par exemple, et un tutre sur le cap de l'Est?... Avec le feu de l'îlot lu Requin, les navires rallieraient sans pein^ a baie du Salut....

— Cela se fera, mon cher enfant, répondit tf. Zermatt, car tout se fait avec le temps. Par DOnheur, le lieutenant Littlestone n'a besoin ni le phares pour reconnaître notre île, ni de feux pour venir mouiller en face do Felsenheim.

— Enfin, reprit Jack, nous serions bien capables, j'imagine, d'éclairer le littoral...

— Décidément, il ne doute de rien, notre ami Faek!... ne put s'empêcher de dire M. Woliton.

— Et pourquoi douterais-je, monsieur Wol- 4on, après tout ce que nous avons fait jusqu'ici et tout ce que nous pourrions faire encore sous votre direction?...

— Vous entendez le compliment, mon cher imi?... dit M. Zermatt.

— Et je n'oublie ni M" IU Wolston, ajouta Jack , ni m ém e An n ah . . .

— Dans tous les cas, répondit la jeune lillc, i défaut de savoir, je ne pécherais pas par manque de bonne volonté...

— Et avec de la bonne volonté,., continua Ernest.

; — On élève des phares de deux cents pieds lu-dessus du niveau de l'Océan î... riposta Jack. Aussi je compte bien sur Annah pour poser la première pierre...

SF.CONDK PAT RI F..

— Quand vous voudrez, mon cher Jack î... »

répondit en riant la jeune fille.

Il est opportun de rapporter ici une conversation qui fut tenue dans la matinée du 25 juillet.

M. et M me Zermatt se trouvaient dans leur chambre, lorsque Ernest vint les y rejoindre, l'air plus sérieux encore que d'habitude, et son œil brillant d'un vif éclat.

Il désirait faire part à son père d'une découverte dont, à son avis, l'exploitation pouvait avoir dans l'avenir des résultats de la plus haute importance.

Ernest tenait à la main un objet qu'il remit à M. Zermatt, après l'avoir regardé une dernière fois. 9

C était un ele ces cailloux ramassés dans le ravin, lors de l'excursion entreprise avec le cw not, en compagnie de M. \V ois ton, sur le hau' cours de la rivière Montrosc.

M. Zermatt prit ce caillou, dont la pesanteui l'étonna tout d'abord. Puis il demanda à son lib pour epiel motif il le lui apportait avec tant cît mystère. j

« G est qu'il vaut la peine qu'on ait pour lu ejuelcpies égards, répondit Ernest.

— Et à quel propos?...

— Parce que ce caillou est une pépite...

— Une pépite?... » répliqua M. Zermatt.

Et, s'approchant de la fenêtre, il se mit à h

regarder en meilleur jour.

« Je suis certain de ee que j'avance, alïirmi

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