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Les méthodes de mesure sont nombreuses, ascension dans un tube capillaire, méthode des bulles d’air, méthode du poids des gouttes, méthode osmotique.
Les deux plus employées sont la stalagmométrie et l’arrachement.
Stalagmométrie
C’est un procédé qui mesure la T. S. par le nombre de gouttes contenues dans un volume de liquide
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donné. La loi de Tate indique en effet que le nombre de gouttes s’écoulant à travers un compte-gouttes, dont l’orifiie a un diamètre extérieur rigoureusement calibré, est inversement proportionnel (toutes choses égales d’ailleurs) à la T. S. Plus la T. S. est faible, plus le nombre de gouttes sera grand.
Il s’agit d’une méthode semi-dynamique, dont les résultats seront variables si la chute des gouttes ne s'effectue pas à une vitesse constante. Son grand défaut est de ne pas donner la T. S. statique, ni la vitesse avec laquelle celle-ci est atteinte.
Les stalagmomètres sont nombreux et tous dérivés de la pipette de Traube (compte-gouttes de Duclaux, tonomètre de Kopaczewski, pipette de Clerc, Deschamps, Sterne et Paris).
Les résultats donnés seront corrigés s’il y a lieu par rapport à la température et les plus grandes précautions seront prises pour assurer la propreté absolue de lappareil (nettoyage à l’ammoniaque ou au mélange sulfochromique). Un témoin d’eau distillée sera fait avant chaque mesure.
La T. S. est donnée par la formue classique :
N (nombre de gouttes d’un volume d’eau)
N° (nombre de gouttes du même volume de liquide)
Pour avoir le chiffre exprimé en dynes-centimètres (unité employée habituellement), on multipliera le chiffre obtenu par 73 (T. S. de l’eau pure à 15°).
Procédés d’arrachement
Principe : Ils mesurent la T. S. par la force nécessaire pour arracher de la surface du liquide un corps (anneau, lame de platine) de dimensions connues.
< d(densité du liquide)
Le chiffre obtenu dépend de la taille du corps utilisé et de la T. S. du liquide.
Deux appareils sont surtout employés en France :
— Le tensiomètre de Lecomte du Noüy, dans lequel l’arrachement de l’anneau est commandé par la torsion d’un fil déterminée à la main, ou mieux à l’aide d’un moteur électrique, ce qui élimine le coefficient personnel de l'opérateur.
— La balance de Goïffon, où une petite lame de platine, longue de 1 cm. et très mince, est attachée au bras d’une balance micro-magnétique. L’arrachement est provoqué par l’abaissement manuel du liquide à étudier contenu dans un verre de montre posé sur un support mobilisable. Pendant l’opération on lit, grâce à une lunette, le chiffre correspondant à l’arrachement.
La différence avec le chiffre à vide, divisé par 2 (les deux côtés de la lame), donne la T. $S. en milligrammes-centimètres. Le chiffre en dynes-centimètres sera fourni par le précédent multiplié par 0,981.
Ces deux appareils sont très sensibles. La précision du premier atteint 1/10 de dyne ; celle du second est de 1/4 de dyne. C’est de la balance de Goiffon dont nous nous sommes servi dans toutes nos mesures.
Certaines précautions doivent être toujours prises :
— correction d’après la température (la T. S. baisse quand la température augmente) ;
— et surtout propreté absolue du matériel. La lame de platine doit être lavée, flambée et portée au rouge entre chaque mesure. Les verres de montre (ainsi que toute la verrerie en contact avec le liquide à examiner) doivent être bouillis dans Je mélange sulfo-chromique puis lavés et essuyés. Il
sera bon, au moment de la mesure, de flamber l’intérieur du verre de montre pour assurer une mouillabilité parfaite (Lecomte du Noüy). Bien entendu on s’abstiendra de toucher l’intérieur des verres avec le doigt. Avant d’utiliser un verre de montre on fera avec lui un témoin d’eau pour s'assurer de sa propreté.
La méthode d’arrachement est d’une grande fidélité et d’une grande précision. Elle seule, et c’est là un point essentiel, permet d’étudier la T. S. statique, après repos du liquide dans le verre de montre (nous l'avons mesurée dans tous nos cas au bout de 24 heures, un espace de temps plus court est insuffisant avec certains sangs ; le verre de montre doit être mis sous cloche humide pendant ce temps pour éviter l'opération). Cette méthode est aussi la seule qui permette d'étudier la vitesse de chute de la T. S. en fonction du temps. Il est très important en effet de connaître cette T. S. statique. Son chiffre est fixe, constant pour chaque sang à un moment donné, beaucoup plus indépendant des circonstances extrinsèques que celui de la T. S. dynamique. En outre, il se peut que T. statique et T. dynamique aient chacune un rôle physiologique différent.
La mesure de cette dernière est plus délicate en effet. Il faut agiter le liquide jusqu’au moment de la mesure, ce qui est difficile. En réalité, la véritable T. S. dynamique, qui devrait être presque celle de l’eau, n’est jamais exactement mesurée car, au début, ladsorption des molécules à la surface est extrêmement rapide. Mais pour avoir des résultats compara-
bles, il faudra autant que possible s’astreindre à opérer toujours dans les mêmes conditions. Enfin on devra effectuer la mesure le plus tôt possible après la préparation de la solution, ou la prise de sang, car le liquide laissé au repos puis agité ne fournit plus exactement les mêmes chiffres (Lecomte du Noüùy).
Malheureusement, en clinique, il est difficile de faire la mesure immédiatement après la prise de sang, et dans de nombreux cas nous fûmes obligé de ne pratiquer celle-ci que quelques heures après la récolte du liquide. Mais, là encore, nous nous sommes efforcé de n’opérer que dans des conditions analogues pour avoir des résultats comparables.